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place de la bastille 1878

La place de la Bastille à travers les siècles (vidéo)

La place de la Bastille a connu de nombreuses métamorphoses à travers les siècles. Simple porte de l’enceinte construite par le roi Charles V en 1365, elle deviendra une forteresse destinée à défendre l’Est de la capitale, puis une prison d’État. Un symbole de la puissance royale qui sera pris d’assaut le 14 juillet 1789, puis détruit pierre par pierre. La place connaitra par la suite de nombreux projets d’aménagement, toujours en lien avec les révolutions des 18e et 19e siècles. 

De l’ancienne citadelle médiévale à sa conception moderne, découvrez les évolutions et métamorphoses de cette place à travers les siècles, l’une des plus symboliques dans l’histoire de France.

Voir aussi l’histoire et les anecdotes insolites de la Colonne de Juillet, ou encore 8 choses que vous ignoriez sur la Bastille.

champs elysees

Les Champs-Élysées, histoire d’une avenue pas comme les autres

Mondialement connue, la « plus belle avenue du monde » n’a plus grand chose à voir avec ce qu’elle était à l’époque de sa création, au 17e siècle. Ancienne terre marécageuse devenue sous Louis XIV voie royale, c’est aujourd’hui l’une des avenues les plus emblématiques de Paris, où paradent au milieu des enseignes prestigieuses les touristes venus du monde entier. Découvrez l’histoire d’une avenue pas comme les autres…

À partir de 1666, Louis XIV charge André Le Nôtre, jardinier du Roi, de transformer intégralement le jardin des Tuileries, et d’ouvrir un chemin pour faciliter la route jusqu’à Versailles. Dans l’axe du Palais, aujourd’hui disparu, Le Nôtre prolonge l’allée centrale du jardin par une large voie bordée d’une double rangée d’ormes. Une voie aménagée dans une région marécageuse et broussailleuse située hors des limites de Paris, qui se terminait au niveau de l’actuel rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault. 

le notre champs elysees

En 1710, ce Grand-Cours - appelé aussi les Champs-Élysées (en référence au lieu dans lequel séjournaient les héros de la mythologie grecque, probablement pour se moquer des origines marécageuses de l’avenue) – est prolongé jusqu’en haut de la butte où s’élève maintenant l’Arc de Triomphe. Tout au long du 18e siècle, l’avenue sera élargie, embellie, et de nouvelles voies, comme l’avenue Montaigne, l’avenue Matignon ou encore l’avenue de Marigny, seront créées. 

Malgré tous ces aménagements, l’avenue restait mal-aimée des parisiens. Mal fréquentée la journée, obscure la nuit, elle enjambait le cours de l’ancien Grand-Égout de Paris, qui prenait sa source à la colline de Ménilmontant et se déversait dans la Seine entre le Pont de l’Alma et le Trocadéro. Autant d’éléments qui ne donnaient pas particulièrement envie à la population de flâner le long de cette avenue…

On décida alors de recouvrir le Grand-Égout et, en 1777, un poste de garde Suisses est installé sur l’avenue. Les Champs-Élysées commencent alors à connaitre une certaine animation, notamment grâce aux beaux hôtels particuliers qui se construisent dans la rue du Faubourg Saint-Honoré. S’installent également des jeux de paumes et de boules, des restaurateurs et des limonadiers.

Mais ce ne fut qu’à partir de 1828 que l’avenue des Champs-Élysées commença à connaitre de véritables embellissements : trottoirs, contre-allées asphaltées, éclairage avec la mise en place de 1.200 candélabres au gaz, installation d’établissements publics, cafés, restaurants, salles de concert et de théâtre… Le développement se continuera jusqu’au Second Empire, qui donnera à l’avenue toute son élégance. Si la majorité des somptueux hôtels particuliers construits à cette époque ont disparu pour laisser place à des immeubles – plus rentables – les Champs-Élysées n’ont depuis cessé d’être l’épicentre du luxe parisien. 

champs elysees 19e siecle

C’est également au cours du 19e siècle que de grandes enseignes s’installent sur les Champs-Élysées. Et pas n’importe lesquelles… Située sur la route du Bois de Boulogne, lieu préféré de la haute société pour les promenades mondaines, l’avenue est un lieu stratégique pour l’industrie hippomobile. Les grandes maisons s’installent avenue des Champs-Élysées, où la clientèle peut découvrir les nouveaux modèles de véhicules. Puis, lorsque la traction mécanique remplace la traction hippomobile, les concessionnaires auto apparaissent : Mercédès en 1902, Peugeot et Renault en 1908… En 1909 plus de 22 maisons ont leur vitrine sur l’avenue des Champs-Élysées.

Aujourd’hui encore, les grands concessionnaires automobiles sont présents sur les Champs-Élysées, suivis au 20e siècle par l’industrie du luxe puis par des enseignes grand public.

Les Champs-Élysées, haut-lieu historique

 Derrière le faste de l’avenue se cache également un passé étroitement lié aux grands évènements de l’histoire de France.

Le 5 octobre 1785, c’est en empruntant cette avenue que plus de 7.000 femmes se sont rendues à Versailles pour réclamer au roi du pain. Le lendemain, le cortège traversera les Champs-Élysées dans le sens inverse, accompagné par la famille royale, contrainte de s’installer au coeur de Paris, dans le Palais des Tuileries.

Au retour de la fuite manquée de Varennes, c’est aussi par les Champs-Élysées que la famille royale est ramenée dans Paris le 25 juin 1791. Alors que deux haies de gardes nationaux rendaient les honneurs la crosse en l’air, des pancartes indiquaient : « celui qui applaudira le Roi sera bâtonné, celui qui l’insultera sera pendu ».

En 1814, à l’entrée des forces européennes alliées dans Paris, des milliers de cosaques campèrent sur les Champs-Élysées. Ils y resteront tout le printemps, et laisseront derrière eux des expressions encore utilisées aujourd’hui

gallica.bnf.fr

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Enfin, le 26 août 1944, c’est encore les Champs-Élysées que le Général de Gaulle descendra pour fêter la libération de Paris devant plus de deux millions d’âmes.

de gaulle champs elysees

Voir aussi : Petite(s) histoire(s) du Palais de l'Élysée
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Les plus beaux immeubles d’architecture Belle Époque à Paris

À la fin du 19e siècle, le Paris Haussmannien, symbolisé par des lignes droites et une homogénéité dans l’architecture, a définitivement remplacé le Paris médiéval. Un modernisme dont la raideur est critiquée par les architectes de l’époque, et l’uniformité remise en cause. 

Le métal est de plus en plus utilisé depuis le milieu du 19e siècle, et le béton armé fait son apparition en 1900. Des matériaux qui offrent de nouvelles possibilités de conception, que les architectes vont utiliser pour créer dans les alignements de façade, trop rigides à leurs goûts, du rythme et des ruptures. Une liberté créative rendue  possible grâce à l’assouplissement des réglementations d’urbanisme après la période Haussmannienne, qui va également s’accompagner d’un changement majeur : l’intérêt des architectes pour les façades d’immeubles, autrefois méprisées au profit de grands édifices publics. À la fin du 19e siècle, celles-ci vont ainsi devenir un espace de liberté des formes, des matériaux et des couleurs. 

Plusieurs mouvements vont naitre durant cette période, dont l’un des plus connus est l’Art Nouveau. Apparaitront aussi des genres plus classiques, offrant à découvrir à Paris un large éventail des différentes tendances qui se sont créées à la Belle Époque. Quelques exemples (parmi les plus beaux), à découvrir lors de vos balades à Paris. 

38 rue de Tocqueville – 17e arrondissement

Élève de l’école gothique, Charles Plumet construit cet immeuble en 1897.

rue tocqueville art nouveau

Peu d’ornementations dans cet ensemble dessiné comme un « paysage », où chaque étage donne son sens à l’ensemble. Appréciez le bow-window, ou encore le balcon couvert au quatrième étage surmonté d’une loggia ouverte. Un immeuble Art Nouveau qui privilégie les courbes sobres et une décoration sans fioritures.

121, rue Réaumur – 2e arrondissement

rue reaumur paris

Dans cet ensemble imposant de la rue Réaumur, tous les éléments semblent en mouvement. L’un des plus beaux immeubles de la rue, avec des vitres bombées qui suivent les courbes de la maçonnerie, une rotonde en forme de trèfle et de superbes colonnes de bow-windows. 

Plus d’informations sur la rue Réaumur, symbole de l’architecture du 20e siècle

7, rue le Tasse – 16e arrondissement

Cet immeuble du 16e arrondissement, construit entre 1904 et 1905, est l’un des plus beaux exemples « d’immeuble hôtel particulier ».

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Chaque étage est en effet un seul et même appartement, doté pour l’époque de services innovants. Liaisons téléphoniques internes, système de monte-lettres depuis la loge du concierge, système d’aspiration centralisé… C’est en quelque sorte un immeuble composé d’hôtels particuliers que réinvente l’architecte Louis Sorel. 

À noter également l’élégance chic de la façade, notamment le pan de mur en briques blanches au niveau de la loggia. 

Église Saint-Jean-de-Montmartre, rue des Abbesses – 18e arrondissement

Impossible de parler de l’architecture Belle Époque sans évoquer l’église Saint-Jean-de-Montmartre, chef-d’oeuvre de l’architecte Anatole de Baudot, inaugurée en 1904.

saint jean de montmartre

L’un des édifices les plus audacieux dans son modernisme, à la fois dans sa structure en ciment armé – technique nouvelle pour l’époque – et dans sa décoration faite de céramique (Alexandre Bigot), ferronnerie (Émile Robert), et sculptures Art Nouveau (Pierre Roche). Faute de moyen, l’intérieur ne sera décoré que 10 ans plus tard, à partir de 1913. 

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L’Espace Dali

Au coeur de Montmartre, célèbre village d’artistes, l’Espace Dali est la plus grande collection en France d’oeuvres de Salvador Dali. Un musée qui propose à la fois une collection permanente dédiée au malaire du Surréalisme, et organise tout au long de l’année de nombreuses expositions temporaires

Que vous soyez un inconditionnel de l’artiste espagnol ou que son oeuvre vous soit méconnue, ce musée s’adresse à tous les public grâce à sa large collection et sa présentation éclectique du travail de Dali. Sculpture monumentales, peintures, mobilier ou encore dessins, c’est l’univers fantasmagorique, onirique et rempli de références littéraires et religieuses que présente la collection de l’Espace Dali à travers un parcours totalement repensé en 2016. 

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Plus de 300 oeuvres sont exposées, vous proposant une véritable immersion dans l’univers créatif unique de Salvador Dali. Les thèmes récurrents de l’artiste comme l’immortalité et la maîtrise du temps sont représentés dans des oeuvres tels que La Noblesse du Temps ou les célèbres Montres Molles, et vous redécouvrirez son intérêt pour les textes universels et mythologiques dans des oeuvres comme Alice au Pays des Merveilles ou Roméo et Juliette. 

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Pour résumer, l’Espace Dali est à la fois un voyage dans le monde surréaliste et fantastique de Dali, et une occasion, après votre visite, d’une agréable balade dans Montmartre. À ne pas louper. 

metropolitain paris

Alma-Marceau, Barbès-Rochechouart… Qui se cache derrière les stations de métro aux noms composés ?

Les stations de métro portent le plus souvent le nom de rues ou de quartiers qu’elles desservent.  Une pratique qui peut parfois porter à confusion, notamment lorsque ces noms, regroupés, n’ont aucun rapport entre eux. Car non, le Cardinal de Richelieu-Drouot n’existe pas… 

Redécouvrons alors qui se cache derrière les stations de métro aux noms composés.

Station Alma-Marceau (ligne 9)

L’Alma, petit fleuve côtier de Crimée qui a donné son nom à la « bataille de l’Alma », n’a jamais été le théâtre des exploits de Marceau, général français de la révolution.

Station Censier-Daubenton (ligne 7)

Daubenton, naturaliste et collaborateur de Buffon, aurait-il apprécié cette fusion ? Le premier nom de la rue Censier était au moyen-âge rue Sans-Chief, signifiant cul-de-sac. Un nom prononcé « Sans-Chié », transformé par la bienséance en Censier. 

Station Chaussée d’Antin-La Fayette (lignes 7 & 9)

Aucun rapport entre Gilbert du Motier de la Fayette, héros de la guerre d’indépendance des Etats-Unis et personnage important de la révolution française, et la Chaussée d’Antin, quartier créé de toute pièce pour les nouveaux riches parisiens à la fin du 18e siècle…

Strasbourg-Saint-Denis (lignes 4, 8 & 9)

Quel rapport entre la ville de Strasbourg et Saint-Denis, premier évêque de Lutèce (vers 250) puis martyr, mort d’après la légende à l’endroit même où s’élève aujourd’hui la Basilique de Saint-Denis ? Aucun.

Station Faidherbe-Chaligny (ligne 8)

L’un (Faidherbe) fut militaire et gouverneur du Sénégal au 19e siècle, l’autre (Chaligny) rend hommage à une célèbre famille de fondeurs lorrains.

Station Lamarck-Caulaincourt (ligne 12)

Ces personnages ont tous les deux vécu au 18e siècle. Jean-Baptiste Lamarck était naturaliste, Armand-Augustin-Louis de Caulaincourt général sous la Révolution et l’Empire. Se sont-ils rencontrés ? Rien n’est moins sûr… 

Station Barbès-Rochechouart (stations 2 & 4)

Curieuse association que celle d’Armand Barbès, député de l’Aude et symbole du combat républicain contre la monarchie de Juillet, et Marguerite de Rochechouart de Montpipeau, qui dirigea l’Abbaye de Montmartre de 1717 à 1727.

Station Michel-Ange-Molitor (stations 9 & 10)

Autre association étrange qui mélange les arts et les armes : celle de Michel-Ange, maître de la Renaissance, avec Gabriel Molitor, Général sous Napoléon puis Maréchal de France.

Station Richelieu-Drouot (stations 8 & 9)

Non, le Cardinal et ministre de Louis XIII Richelieu n’a jamais rencontré Antoine Drouot, général de Napoléon.

Station la Motte-Picquet-Grenelle (stations 6, 8 & 10)

Dans ce ménage à trois, Jean Guillaume Toussaint Picquet de La Motte, dit La Motte-Picquet,  est une seule et même personne, à savoir un amiral du 18e siècle. Grenelle est quant à lui le nom d’un ancien village rattaché à Paris en 1860.

Station Trinité-d’Estienne-d’Orves (ligne 12)

Une trinité qui n’en est pas une… Ce nom rend hommage au résistant Henri d’Estienne-d’Orves, dont la place fait face à l’église de la Trinité, dans le 9e arrondissement. 

Station Montparnasse-Bienvenüe (stations  4, 6, 12 & 13)

Arrivé en Gare de Montparnasse, le métro ne vous souhaite pas la bienvenue… Mais rend hommage à Fulgence Bienvenüepère fondateur du métro parisien. Breton de naissance, son nom ne pouvait être associé qu’à ce quartier, « fief » des Bretons à Paris.

Station Richard-Lenoir (ligne 5)

Nous finissons avec l’unique combinaison « logique » : celle de Richard et Lenoir, fondateurs associés d’une manufacture de coton située au 18e siècle rue de Charonne.

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Musée Picasso

Installé dans l’Hôtel Salé, l’un des plus beaux hôtels particuliers du Marais, le Musée Picasso présente plus de 5.000 oeuvres et pièces d’archives. Une collection unique qui permet de découvrir à la fois l’oeuvre de l’artiste ainsi que son processus créatif.

Inauguré en 1985, le musée Picasso rassemble des oeuvres acquises à la suite de différentes dations et donations. Celle des héritiers de Picasso d’abord, puis d’autres effectuées à partir de 1980 par les amis et proches de l’artiste. Une importante politique d’acquisition a par la suite été menée par l’État, plaçant ainsi le musée parmi les plus importants au monde concernant l’oeuvre et la vie de Picasso.

La collection du Musée

Peintures, sculptures, dessins, carnets… Le musée retrace l’histoire artistique de Picasso et les différentes périodes qui ont jalonné son oeuvre. Des grandes peintures de l’époque cubiste aux toiles réalisées à la fin de sa vie, la collection rassemble plus de 200 tableaux.

Mais outre la peinture, ce musée permet de (re)découvrir les centaines de sculptures, céramiques, dessins et estampes réalisées par Picasso tout au long de sa vie. Un artiste total et complet, parfaitement mis en valeur par le somptueux décor de l’hôtel Salé.

visite musee picasso

Au rez-de-chaussée, le musée suit à peu de choses près la chronologie de l’artiste, des périodes bleue et rose aux toiles des dernières années. Le sous-sol est consacré aux ateliers et à la vie de l’artiste. Enfin, le dernier étage expose la collection personnelle de Picasso, offrant à voir à côté de statuaire ibérique et masques africains des toiles de maîtres comme Corot, Cézanne, Gauguin, Matisse, ou le Douanier Rousseau.

L’Hôtel Salé

Construit au 17e siècle par Pierre Aubert, percepteur des gabelles (taxe sur le sel), l’Hôtel Salé (appréciez le jeu de mot qu’a retenu la mémoire collective…) est sans aucun doute l’un des plus beaux hôtels particuliers du Marais.

Pendant votre visite, vous aurez le plaisir de traverser l’escalier d’honneur et sa somptueuse rampe en fer forgé, ou de découvrir les pièces et chambres de ce bâtiment classé monument historique. Sachez enfin que les éléments des salles d’exposition (lustres, banquettes, chaises, tables…) ont été spécialement créés pour le musée par Diego Giacometti.

hotel sale picasso

Entièrement rénové, l’hôtel a rouvert ses portes en 2014, multipliant par trois sa surface d’exposition pour pouvoir présenter au public la plus large collection au monde d’oeuvres de Pablo Picasso.

centaure cesar

6 oeuvres publiques d’art moderne à voir à Paris

Si l’âge d’or des oeuvres publiques à Paris date du 19e siècle, et plus particulièrement sous le Second Empire, la tradition d’installer de l’art dans l’espace public est réapparue dans la deuxième moitié du 20 siècle. Des oeuvres d’art moderne ou contemporain qui ont fait scandale pour certaines, restent encore méconnues pour d’autres, à découvrir lors de vos balades à Paris. 

Cheval cabré, Camilo Otero – 1980

Place Lucien Herr, 5e arrondissement

Cheval cabre otero paris

Originaire de Saint Jacques de Compostelle, en Espagne, Camilo Otero a vécu une grande partie de sa vie à Paris. Dans les années 60, il s’installera dans un atelier proche de la place Lucien Herr, où s’affirmeront la richesse expressive de ses oeuvres et une approche singulière de la pierre, notamment la taille directe à partir d’un bloc de pierre. Lauréat du prestigieux Prix Bourdelle en 1975, son « Cheval Cabré » trône au milieu de cette élégante petite place du 5e arrondissement depuis 1980.

Vous observerez également sur la place une fontaine composée d’éléments en bronze fixés au mur, réalisée par Bernadette Gourrier en 1982.

Le Bel Costumé, Jean Dubuffet – 1998

Jardin des Tuileries, 1er arrondissement

bel costume tuileries

Ancien domaine royal, le jardin des Tuileries a tout au long de son histoire arboré les plus belles oeuvres de son temps. Une tradition qui perdure, puisque dans les années 2000 a été installé le Bel Costumé de l’artiste français Jean Dubuffet. Conçue à l’origine pour faire partie d’un ensemble monumental destiné à l’entrée d’une aile de la National Gallery of Art de Washington, cette silhouette monumentale de 4 mètres de haut a été exécutée en 1998 d’après une maquette réalisée par l’artiste en 1973.

Vous pourrez voir 11 autres oeuvres d’art moderne et contemporain à l’intérieur du jardin, toutes installées entre 1998 et 2000 dans le cadre d’un programme d’implantation d’oeuvres majeures du 20e siècle.

Les Enfants du Monde, Rachid Khimoune – 2001

Parc de Bercy, 12e arrondissement

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Dans le Parc de Bercy, au niveau de la Passerelle Simone-de-Beauvoir, s’élèvent en rang 21 bronzes monumentaux représentant les enfants de 21 pays. Un chiffre qui n’est pas dû au hasard, symbole du siècle qui a vu naître toutes ces figures.

 Chaque statue a été réalisée à partir d’empreintes d’éléments urbains (pavés, plaques d’égout, grilles d’arbres…) récoltés aux quatre coins du monde. Le Titi Parisien, par exemple, est orné sur son buste d’une plaque d’égout, copie de celle que l’on retrouve devant l’entrée des artistes de l’Opéra Garnier.

Le Centaure, César – 1985

Place Michel degré, 6e arrondissement

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À Saint-Germain des Près, vous pouvez voir une sculpture imposante réalisée par César Baldaccini, dit César, connu en France pour être le créateur du trophée en bronze de la cérémonie des césar du cinéma français. Le modèle original de ce Centaure a été imaginé par l’artiste en 1976 lors d’un projet en hommage à Pablo Picasso. En 1983, le nouveau ministre de la Culture Jack Lang commande 100 oeuvres à 100 artistes, dont César, qui trouve là l’opportunité de réaliser son Centaure monumental. Le visage de créature mi-homme, mi-cheval, a les traits de César, tandis que le masque de Picasso est placé en visière sur son front.

L’oeuvre devait initialement être placée en haut de la rue de Rennes, mais César s’y est opposé, affirmant qu’au pied de la tour Montparnasse, son Centaure aurait eu l’air « d’un petit chien ». C’est donc à l’angle de la rue de Sèvres et de la rue du Cherche Midi que trône la sculpture depuis 1985.

Kiosque des Noctambules, Jean-Michel Othoniel – 2000

Place Colette (métro Palais Royal – Musée du Louvre), 1er arrondissement

kiosque des noctambules place colette

Face au Palais Royal et à la mythique Comédie Française se dresse une étonnante bouche de métro, réalisée à l’occasion des 100 ans du métro parisien. Oeuvre de l’artiste français Jean-Michel Othoniel, elle est constituée de guirlandes de perles en verre de Murano qui s’appuient sur d’étranges piliers en aluminium. Une bouche de métro  qui à l’époque de son inauguration a créé de nombreuses polémiques…. Comme ce fut le cas en 1900 lorsque Hector Guimard a présenté ces édicules Art Nouveau !

À l’intérieur du Palais Royal, vous pouvez contempler une autre oeuvre d’art contemporain qui a fait polémique : les colonnes Buren.

Le Mur des Je t’aime, Frédéric Baron – 2000

Square Jehan Rictus, 18e arrondissement

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Au coeur de Montmartre, dans un petit square qui borde la place des Abbesses, trône depuis 2000 le Mur des Je t’aime, monument à la gloire des amoureux du monde entier. Un mur de 40m2 qui décline 311 « je t’aime » dans 280 langues différentes, dont certains dialectes rares comme le navajo ou l’esperanto. 

Plus d’informations sur le Mur des Je t’aime.

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L’Église Saint-Germain-l’Auxerrois et la Mairie du 1er, des jumeaux qui ont six siècles d’écart

Sur la place du Louvre, face à la somptueuse Colonnade de Perrault, s’élèvent côte à côte l’Église Saint-Germain-l’Auxerrois et la Mairie du 1er arrondissement. Deux architectures qui se ressemblent et se confondent. Pourtant, six siècles d’histoire les séparent.

L’Église Saint-Germain-l’Auxerrois

Les fondations de l’Église Saint-Germain-l’Auxerrois remonteraient à l’époque mérovingienne, mais aucune trace ne subsiste de cette époque. Le bâtiment que l’on peut voir aujourd’hui est le fruit d’agrandissements successifs débutés à partir du 13ᵉ siècle. 

Lorsque les Valois font du Louvre la résidence des rois de France, l’église devient la paroisse attitrée de la famille royale. François 1er y entend souvent la messe, tout comme Catherine de Médicis, avant qu’une curieuse superstition la fasse déménager loin de cette église… Mais Saint-Germain-l’Auxerrois est avant tout connu dans l’histoire de France pour son clocher, qui, dans la nuit du 24 au 25 août 1572, a donné le signal du massacre de la Saint-Barthélemy.  C’est d’ailleurs cet évènement qui la sauvera quelques siècles plus tard de la destruction…

La création de la mairie du 1er arrondissement

Pendant la révolution, l’église Saint-Germain-l’Auxerrois fut pillée, puis transformée en fabrique de salpêtre. Rendue au culte en 1802, elle fut à nouveau saccagée lors d’émeutes républicaines en 1831.

L'Église Saint-Germain-l'Auxerrois en 1856

L’Église Saint-Germain-l’Auxerrois en 1856

Malgré d’importants travaux de rénovation, l’édifice fut menacé de destruction lors des travaux Haussmanniens. Certains urbanistes souhaitaient en effet profiter du nouvel espace offert par la démolition des immeubles vétustes qui entouraient l’église pour réaliser une grande voie allant de la Colonnade du Louvre jusqu’à la Place de la Nation. Mais Haussmann est protestant, et connait la légende liée aux cloches de l’église. De peur que la population y voit une revanche contre la Saint-Barthélemy, il refuse de faire disparaitre le monument.

Au contraire, il décide de construire à côté de l’église un bâtiment qui présente une façade identique : la mairie du 1er arrondissement, bâtie entre 1858 et 1863. Entre les deux, un beffroi de 38 mètres est élevé, donnant l’illusion d’être l’axe de symétrie des deux édifices. Deux « jumeaux » qui ont plus de six siècles d’écart !  

La mairie du 1er arrondissement et l'église Saint-Germain-l'Auxerrois vers 1865. Edouard Baldus

La mairie du 1er arrondissement et l’église Saint-Germain-l’Auxerrois vers 1865. Edouard Baldus

Pour ceux qui se poseraient encore la question, l’église est à droite du beffroi, la mairie à sa gauche.