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maison nicolas flamel

Les plus vieilles maisons de Paris

Les plus vieilles maisons de Paris offrent un véritable voyage dans le temps, où chaque architecture raconte à sa manière un bout d’histoire de la capitale. La plus vieille d’entre elles, qui date du début du  15e siècle, doit aussi sa renommée à son illustre propriétaire, l’alchimiste Nicolas Flamel. Les autres sont un fabuleux témoignage du vieux Paris, dont il ne reste malheureusement que très peu d’exemples encore visibles aujourd’hui.

N° 11 et 13 rue François Miron

Dans le Marais, vous pouvez découvrir deux superbes maisons à pignon typiques du vieux Paris, qui dateraient du 15e siècle. Elles ont été entièrement restaurées en 1967 pour faire réapparaitre les pans de bois, les boutiques de style médiéval ainsi que les pignons.

Avant et après les travaux de 1967

Avant et après les travaux de 1967

Après le gigantesque incendie qui ravagea Londres en 1666, une ordonnance obligea les parisiens à recouvrir leurs façades de plâtre pour limiter la propagation du feu, et les pignons sur rue, qui favorisaient également les incendies, furent interdits. Recouvertes d’enduit, ces façades furent donc cachées aux yeux des parisiens pendant 3 siècles. 

3 rue Volta 

Autre superbe exemple de vieux bâtiment : le 3 rue Volta, dans le quartier des Arts et Métiers. Cette maison date du milieu du 17e siècle.

En 1950 et aujourd'hui

En 1950 et aujourd’hui

Remarquez la margelle, rebord de fenêtre qui séparait la boutique de la rue. À l’origine, la baie où se trouve aujourd’hui le vitrage était fermée la nuit par deux volets horizontaux. Le jour, le volet du haut formait un auvent, celui du bas une table où le commerçant étalait sa marchandise. 

51, rue de Montmorency

Non loin de la rue Volta, la maison du 51 rue de Montmorency est officiellement reconnue comme la plus vieille de Paris. Construite par Nicolas Flamel en 1407, elle est d’autant plus célèbre que son propriétaire, selon la légende, aurait découvert le secret de la pierre philosophale, et transformé du plomb en or. 

maison nicolas flamel

Explication moins fantastique de sa richesse, Nicolas Flamel avait épousé en 1355 Dame Pernelle, qui possédait une importante fortune. À la mort de sa femme, il fit construire la maison de la rue de Montmorency, et offrit gîte et couverts aux ouvriers pauvres, maraichers et laboureurs, qui travaillaient dans les terrains environnants, comme nous le rappelle la gravure visible sur la façade :

« Nous homes et femes laboureurs demourans ou porche de ceste maison qui fut faite en l’an de grâce mil quatre cens et sept somes tenus chascun en droit soy dire tous les jours une paternostre et un ave maria en priant Dieu que sa grâce face pardon aus povres pescheurs trespasses Amen »

impasse rue vignoles

Balade dans le 20e arrondissement (quartier de Charonne)

Quartier populaire réaménagé – avec plus ou moins de succès – tout au long du 20e siècle, Charonne a conservé quelques traces de son passé de faubourg parisien, apprécié pour son exposition à flanc de colline et sa vie champêtre jusqu’à son annexion à Paris en 1860. Hors des sentiers battus, cette balade vous propose de partir à la découverte des charmes méconnus de ce joli quartier (balade à faire par exemple avant ou après la visite du cimetière du Père-Lachaise).

- Départ métro Alexandre Dumas (ligne 2). Descendre le boulevard de Charonne et tourner à gauche rue Alexandre Dumas.

Au 79 Rue Alexandre Dumas se trouve l’église Saint-Jean-Bosco, l’une des plus belles églises du 20e siècle à Paris.

eglise saint jean bosco paris

Construite dans les années 30, elle propose une magnifique décoration faite de mosaïques, fresques, vitraux et ferronneries. Témoignage des recherches artistiques et architecturales de l’art déco dans l’entre-deux-guerres, c’est un lieu sacré original et méconnu.

- Prendre la rue Planchat et tourner à gauche rue des Vignoles

Ce nom provient d’un vieux chemin bordé de vignobles. En parcourant la rue, vous découvrirez une quinzaine d’impasses construites pour les ouvriers et artisans du quartier. Toutes datent d’après l’annexion en 1860.

impasse rue vignoles

- Arrivé rue des Orteaux, prendre à gauche puis continuer rue de la Réunion.

Juste avant le cimetière du Père-Lachaise se trouve le Jardin Naturel Pierre-Emmanuel.

mare jaridn naturel paris

Jardin de plantes sauvages caractéristiques des milieux naturels d’Île-de-France, cet espace vert respecte les équilibres écologiques et les cycles naturels. Un joli petit jardin idéal pour une petite pause avant de continuer la balade.

- Reprendre la rue de la Réunion et tourner à gauche rue de Bagnolet. Marcher 500 mètres environ jusqu’à la place Saint-Blaise.

Vous vous trouvez devant l’église Saint-Germain de Charonne, dont la construction mélange des architectures du 13e, 15e et 18e siècles. Particularité unique, cette église est la dernière de Paris, avec l’église Saint-Pierre de Montmartre, à avoir conservé son cimetière paroissial. 

photo rue saint blaise paris

Prenez ensuite la rue Saint-Blaise. Le premier tronçon de cette rue a été préservé des bouleversements du quartier, et offre une jolie vision de l’ancien village de Charonne, dont elle était la rue principale.

- Prendre la rue Riblette puis tourner à gauche rue des Balkans jusqu’au Jardin de l’Hospice Debrousse.

La rue Riblette fait partie des plus vieilles rues du village de Charonne.

Arrivé dans le jardin, vous pouvez voir le Pavillon de l’Ermitage, seul vestige encore visible du Château de Bagnolet, superbe propriété acquise par la Duchesse d’Orléans (fille de Louis XIV et de la marquise de Montespan) en 1719. Il propose aujourd’hui des expositions et visites commentées (voir les horaires et périodes d’ouvertures).

pavillon ermitage

 

Fin de la balade. Si vous souhaitez continuer à découvrir le quartier, ne manquez pas la Campagne à Paris (porte de Bagnolet).

place de lestrapade paris

Le passé cruel (et insoupçonné) de la charmante place de l’Estrapade

À quelques pas du Panthéon, la place de l’Estrapade fait partie de ces petites places parisiennes aux charmes simples. Une fontaine entourée de Paulownias offre une halte paisible aux passants, qui peuvent profiter sur un banc de l’agréable atmosphère du quartier. Un cadre qui nous fait oublier le passé barbare de cette place, que nous rappelle pourtant son nom : l’estrapade était en effet jusqu’au 18e siècle l’un des supplices les plus cruels infligés aux condamnés !

Située à l’origine en bordure extérieure de l‘enceinte Philippe-Auguste, la place de l’Estrapade accueillit jusqu’en 1687 ce châtiment. Probablement empruntée à l’Italie, cette torture consistait à hisser un condamné au sommet d’une potence les mains liées dans le dos, et à le faire tomber plusieurs fois de suite violemment à une courte distance du sol. Un supplice qui, quand il ne tuait pas, provoquait de fatales dislocations des membres et déchirures des ligaments… 

estrapade

Bibliothèque Nationale de France

 

Destinée aux soldats déserteurs et aux voleurs, cette torture eut lieu place de l’estrapade jusqu’en 1687, utilisée également contre les protestants lors de la crise religieuse du 16e siècle.

Aujourd’hui, plus rien ne rappelle le cruel souvenir de cette place. Au contraire, c’est l’une des plus jolies du Quartier Latin !

 

Pour continuer votre découverte du quartier, vous pouvez suivre cette balade dans le quartier Mouffetard, visiter l’église Saint-Étienne-du-Mont, où se trouvent les reliques de sainte Geneviève, ou encore découvrir les Arènes de Lutèce, l’un des derniers vestiges gallo-romains à Paris. 

mur des federes

Les traces encore visibles de la Commune de Paris

La Commune de Paris, qui a eu lieu du 18 mars au 27 mai 1871, est un épisode historique majeur de la fin du 19e siècle. Si vous souhaitez vous replonger dans cette longue histoire, quelques lieux à Paris ont gardé le souvenir de cette période, notamment de la « semaine sanglante », dernière semaine de l’insurrection où les combats entre les troupes du gouvernement installé à Versailles et les Communards ont fait plus de 20.000 morts. 

Rue Haxo : la villa des otages

villa des otages rue haxo

Aux derniers jours de la semaine sanglante, les troupes versaillaises avaient enfoncé la plupart des barricades et sévèrement réprimé les rebelles parisiens. Les communards ne tenaient plus que quelques quartiers de l’est de la capitale.

Le 26 mai, 52 otages extraits de la prison de la Roquette, dont 34 gendarmes et 11 prêtres et pères Jésuites, furent conduits au 85 de la rue Haxo (20e arrondissement), dans un ancien café-concert qui servait à la Commune de dernier poste de commandement.  En réponse aux massacres des Versaillais, ils furent tous tués. La plaque « villa des otages » du 85 rue Haxo rappelle cet évènement. Au cimetière de Belleville, tout proche, vous pouvez voir une stèle posée à l’endroit où ces otages furent enterrés.

À quelques pas de la rue Haxo, arrêtez-vous au 51 rue du Borrégo. Vous apercevrez à travers la grille une porte de prison. Après avoir racheté les terrains en 1872,  les Jésuites achetèrent cette porte lors de la démolition de la prison de la Roquette et la posèrent ici en souvenir du massacre. Au 81 rue Haxo, l’église Notre-Dame-des-Otages rappelle également cet épisode de la Commune de Paris.

Cimetière du Père-Lachaise : le mur des Fédérés 

Dans le cimetière du Père-Lachaise, le mur des Fédérés est sans doute l’un des plus importants lieu de mémoire de la Commune de Paris, symbole de lutte pour les libertés.

mur des federes

Après les évènements de la rue Haxo, les Communards durent se retrancher dans le cimetière du Père-Lachaise, dernier bastion de l’insurrection. Le 27 mai, le cimetière fut un gigantesque terrain de combat, où les fédérés (nom donné aux soldats de la Commune), faute de minutions, se battaient à l’arme blanche au milieu des sépultures. La victoire acquise, les Versaillais fusillèrent sur un mur 147 combattants, jetés dans une fosse commune avec les autres morts au combat. Le mur des Fédérés, qui n’a pris ce nom qu’une quinzaine d’années après les évènements, est à l’emplacement de cette exécution. La plaque commémorative fut posée en 1908.

En face du mur, vous pouvez voir la tombe de Jean-Baptiste Clément, élu du 18e arrondissement pendant la Commune de Paris et auteur de la célèbre chanson le Temps des Cerises.

Voir aussi les histoires et anecdotes des tombes du Père-Lachaise.

Église Saint-Paul-Saint-Louis

Dans le Marais, à l’intérieur de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, vous pouvez voir une curieuse inscription sur le deuxième pilier à droite en entrant dans l’édifice : « République française ou la mort »

tag commune de paris saint paul saint louis

On sait peu de choses sur ce message révolutionnaire, si ce n’est qu’il est l’oeuvre d’un Communard qui, ayant entendu que les Versaillais entraient dans Paris, aurait partagé ses convictions républicaines à l’intérieur de l’église.

En savoir plus sur ce message révolutionnaire de l’église Saint-Paul-Saint-Louis.

Basilique du Sacré-Coeur

Le 18 mars 1871, l’armée fut envoyée par le gouvernement d’Adolphe Thiers pour récupérer des canons entreposés au sommet de la butte Montmartre. Les parisiens, se sentant humiliés par les préliminaires de paix signées avec les allemands quelques semaines plus tôt, refusèrent d’être privés de leurs canons, payés par le peuple à la suite d’une souscription populaire pendant la guerre franco-allemande et le siège de la ville. Une émeute éclata, considérée comme le point de départ de la Commune de Paris. 

champ des polonais commune de paris

À l’emplacement de ce soulèvement fut construite la basilique du Sacré-Cœur, décision votée en 1873 par une Assemblée Nationale à majorité conservatrice et royaliste pour instaurer un nouvel « ordre moral » après la Commune de Paris. 

visite guidee montmartre construction sacre coeur

affiche jeux olympqies paris 1924

Les Jeux Olympiques de Paris en 1924

En 1924, Paris organisa la 8e Olympiade de l’ère moderne. Une compétition étalée sur 84 jours (du 4 mai au 27 juillet 1924) qui donnèrent aux Jeux olympiques une nouvelle ampleur. 

Ces jeux furent les derniers de Pierre de Courbertin comme président du Comité International Olympique, qui avait largement contribué à ce que la capitale française, malgré quelques réticences, soit choisie. En effet, les derniers Jeux organisés par Paris, en 1900, n’avaient pas été une grande réussite, noyés par le succès populaire de l’Exposition Universelle organisée la même année. Il souhaitait ainsi, avant de se retirer, replacer Paris parmi les grandes villes mondiales du sport.

Pour la première fois, des épreuves furent commentées en direct à la radio, et 1.000 journalistes accrédités relayèrent dans le monde entier les exploits des sportifs. Autre nouveauté, les Jeux de Paris furent les premiers à organiser une cérémonie de clôture. Le succès fut au rendez-vous, faisant entrer les Jeux dans une nouvelle ère, à la fois populaire, commerciale et médiatique.

La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 1924 eut lieu au Stade Olympique de Colombes (actuel stade Yves-du-Manoir) le 5 juillet 1924 (certaines compétitions, notamment le football, le rugby et le polo avaient déjà commencé). 44 nations étaient représentées. L’Allemagne, ennemie de la Première Guerre Mondiale, ne fut pas invitée.  Sur les  3 089  athlètes en compétition, seulement 135 étaient des femmes.

La délégation française lors de la cérémonie d'ouverture. Le Miroir des Sports.

La délégation française lors de la cérémonie d’ouverture. Le Miroir des Sports.

À cette époque déjà se posait la question des équipements, et des coûts liés à la construction de nouveaux sites olympiques. La plupart des compétitions se déroulèrent dans le stade de Colombes, et en banlieue parisienne dans des infrastructures déjà existantes.

À Paris, le stade Bergeyre, à l’emplacement de l’actuelle butte Bergeyre, accueillit des matchs de football; la piscine des Tourelles (actuelle piscine Georges-Vallerey, 20e arrondissement), la natation; et le Vélodrome d’Hiver l’escrime, la boxe, la lutte, le poids et les altères.  

plan olympiades 1924

Le tennis fit sa dernière apparition à Paris avant d’être réintégré lors des Jeux de Séoul en 1988.  

L’équipe de France présentait l’une des meilleures équipes du monde, avec chez les hommes les célèbres « Quatre mousquetaires » et, chez les femmes, Suzanne Lenglen, qui dominait son sport sans partage depuis 1919. Malheureusement, Suzanne Lenglen dut abandonner, et le français Henri Cochet s’inclina en finale contre l’américain Vincent Richards. Les américains raflèrent la totalité des médailles d’or.

COCHET Henri et BRUGNON Jacques / olympic.org

COCHET Henri et BRUGNON Jacques / olympic.org

Parmi les exploits sportifs les plus célèbres de ces Jeux de 1924 figurent ceux de Johnny Weissmuller, futur interprète de Tarzan. Né en 1904 dans l’actuelle Roumanie, il émigra avec sa famille aux États-Unis à l’âge de sept mois. En 1922, il fut le premier nageur à passer en dessous d’une minute au 100 mètres nage libre avec un temps de 58,6 secondes.

Sélectionné par les États-Unis pour participer aux Jeux mais n’ayant pas la nationalité américaine, il falsifia ses papiers en se faisant passer pour son frère, né sur le sol américain. Il remporta 3 médailles d’or (100m, 400m et 4x200m) et une médaille de bronze avec l’équipe de water-polo.

Avant de rejoindre Hollywood pour incarner Tarzan, Johnny Weissmuller n’a jamais perdu une course en compétition.

CHARLTON Andrew, WEISSMÜLLER John, et BORG Arne / olympic.org

CHARLTON Andrew, WEISSMÜLLER John, et BORG Arne / olympic.org

Le rugby à XV fut pour la dernière fois inscrit au programme des Jeux olympiques. Victime d’un désintérêt général, notamment de la part des nations britanniques, seuls participèrent les États-Unis, la France et la Roumanie.

Lors de la finale qui opposa la France aux États-Unis, les spectateurs du stade de Colombes ne supportèrent pas la défaite de la France 17 à 3. Criant à la triche et à la corruption, l’hymne américain fut sifflé, les vainqueurs sortirent du stade sous la protection de 250 policiers, et le cameraman qui tentait de capter ces images reçut des cailloux de la part du public. Le rugby à XV a depuis disparu des Olympiades.

france etats unis rugby 1924

Les finlandais dominèrent quant à eux l’athlétisme avec 10 médailles d’or. L’exploit le plus mémorable fut celui de l’athlète Paavo Nurmi qui remporta le 1.500 et le 5.000 mètres à deux heures d’intervalle, et en battant à chaque fois le record olympique !

Paavo Nurmi

Paavo Nurmi

En athlétisme toujours, le britannique Eric Liddell, grand favori du 100 mètres, mais aussi Protestant, et fervent croyant, refusa de participer à la finale organisée un dimanche, jour du Seigneur… C’est son compatriote Harold Abrahams qui s’imposa au 100 mètres.  Il remporta néanmoins le 400 mètres, qui n’était pas sa spécialité, mais dont la finale eut lieu… un jeudi !

Cette histoire a inspiré le film « Les chariots de feu », qui a remporté quatre Oscars en 1982. 

Eric Liddell

Eric Liddell

La France finit 3ème avec 13 médailles d’or et un total de 38 médailles, derrière les États-Unis et la Finlande.

Tableau des médailles Paris 1924 / lequipe.fr

Tableau des médailles Paris 1924 / lequipe.fr

Des jeux remplis d’exploits, d’anecdotes sportives, de désillusions et de surprises, comme seul sait en offrir le sport. En espérant qu’il en soit de même pour ceux de 2024 !

plus vieille pharmacie de paris

La plus vieille pharmacie de Paris

La rue Saint-Honoré, bâtie à partir du 12e siècle lors de la construction des Halles, est devenue l’une des plus importantes artères de Paris pendant la révolution Française. Proche du jardin des Tuileries où siégea l’Assemblée Nationale à partir de 1789, elle fut choisie comme lieu de résidence par de nombreux députés et hommes politiques. Elle fut également l’itinéraire suivi par les charrettes révolutionnaires qui transportaient les condamnés à la guillotine depuis la Conciergerie jusqu’à la place de la Concorde…

Une rue remplie d’histoire donc, où vous pouvez également voir, au numéro 115, la plus vieille pharmacie de Paris, inscrite aux monuments historiques depuis 1962. 

Une lignée de prestigieux pharmaciens

Si quelques doutes subsistent sur l’origine de cette pharmacie, on sait qu’elle existait déjà en 1715. Elle va connaitre une grande renommée lorsque Louis Claude Cadet de Gassicourt, chimiste réputé et membre de l’Académie des Sciences, s’y installe en 1762. Il s’associe quelques années plus tard avec son cousin François Derosne, qui deviendra propriétaire de la pharmacie en 1786. Il continuera à l’exploiter sous le nom de « Cadet-Derosne », en raison de la haute réputation de Cadet. 

C’est à cette époque que le comte Fersen vient acheter dans cette pharmacie de l’encre sympathique (ou encre invisible) pour ses correspondances secrètes avec la reine Marie-Antoinette… On y vendait également de l’eau minérale de Passy, l’une des plus réputées de France, jugée à l’époque ferrugineuse et laxative. 

En 1803, Jean-François Derosne, qui a succédé à son père, isole de l’extrait d’opium un nouveau sel cristallisé qu’il appela « sel essentiel d’opium », découverte qui permettra de grandes avancées sur l’action thérapeutique des plantes. Enfin, son neveu par alliance Bernard Derosne mettra sur le marché une spécialité pharmaceutique à base d’extraits végétaux, ce que nous rappelle l’inscription que vous pouvez encore voir sur la façade. 

pharmacie 115 rue saint honore

La famille Derosne, pharmaciens parisiens de 1779 à 1855, donna à cette pharmacie ses lettres de noblesse. Une tradition qu’essaye de perpétuer la propriétaire actuelle de cette officine, Déborah Marciano.

arc de triomphe carroussel louvre

L’arc de Triomphe du Carrousel

Face aux pyramides du Louvre se dresse un Arc de Triomphe qui parait quelque peu abandonné… Érigé, comme l’Arc de Triomphe de l’Étoile, à la demande de Napoléon, c’est l’un des derniers vestiges du Palais des Tuileries, aujourd’hui disparu

L'Arc de Triomphe et le Palais des Tuileries, 1859,  Gustave Le Gray. Bibliothèque Nationale de Franve.

L’Arc de Triomphe et le Palais des Tuileries, 1859, Gustave Le Gray. Bibliothèque Nationale de Franve.

Au retour d’Austerlitz, en 1806, Napoléon ordonne la construction de deux arcs de triomphe à la gloire de la Grande Armée : l’Arc de Triomphe de l’Étoile pour l’entrée des troupes dans la ville, et l’Arc de Triomphe du Carrousel pour l’entrée d’honneur du Palais des Tuileries, résidence officielle de l’Empereur. 

Les travaux sont dirigés par les architectes de l’Empire, Percier et Fontaine, qui prennent comme modèle l’arc de Septime Sévère, à Rome. Au sommet du monument se trouvait à l’origine un quadrige (char antique à deux roues attelé de quatre chevaux) qui provenait de la Basilique Saint-Marc à Venise, saisi en 1797 par Napoléon lors de la campagne d’Italie. Chevaux qui avaient déjà été pris comme trésor de guerre par les Vénitiens à Constantinople au moment du pillage de la ville par les croisés en 1204 !

Le directeur du Musée du Louvre, à qui avait été confié le projet de cet Arc de Triomphe, commanda au sculpteur François Lemot une statue de Napoléon dirigeant le char en triomphateur. Une initiative qui ne plut pas à l’Empereur, jugeant inconvenant de glorifier sa personne sur un édifice public qu’il a commandé pour célébrer son armée.  Il ordonne donc que sa statue « soit enlevée, et que le char, si l’on a rien de mieux à y mettre, reste vide »

Après avoir été vidé de la statue de Napoléon, le sommet de l’arc fut vidé de ses chevaux, rendus à Venise à la chute de l’empire en 1815. Le décor actuel, réalisé en 1827, est une copie de l’original. C’est aujourd’hui une figure de la paix, allégorie de la Restauration, qui conduit le char (les deux statues dorées sur les côtés sont d’origine, et entouraient déjà les chevaux de Saint-Marc). 

arc de triomphe carrousel

L’ornementation de l’Arc de Triomphe n’a quant à elle pas changé depuis le début du 19e siècle. Les colonnes de granit rose proviennent du vieux château de Meudon, détruit en 1804 et dont on a récupéré quelques éléments. Ces colonnes sont surmontées de statues représentant les soldats de l’Empire, série intéressante pour la précision des uniformes. Enfin, sur les faces du monument sont apposées des bas-reliefs relatifs aux victoires militaires de l’Empereur.

tableau sainte genevieve

Histoire de sainte Geneviève, patronne de Paris

Depuis plus de 1.500 ans, Paris est sous la protection de sainte Geneviève qui, par ses prières et son courage, a sauvé plusieurs fois la capitale de la famine et de la destruction. Retour sur l’histoire de cette grande figure parisienne.

La vie de Sainte-Geneviève

Née à Nanterre en 423, Geneviève a longtemps été présentée comme une simple bergère, légende que l’on retrouve d’ailleurs sur de nombreuses images ou statues qui la représentent accompagnée de moutons. Fille unique d’une famille qui appartenait à l’aristocratie gallo-romaine, ses parents, d’origine franque, étaient au contraire de riches propriétaires terriens qui disposaient de vastes domaines aux alentours de Paris et de Meaux. À leur mort, elle hérita de leurs biens, ainsi que de la charge de magistrat municipal parisien de son père. Elle s’installa à Paris vers 440.

Statue de sainte Genevieve, église Saint-Étienne-du-Mont

Statue de sainte Genevieve, église Saint-Étienne-du-Mont

Très vite, elle fut admise dans le groupe des vierges consacrées, femmes qui vouaient leurs existences à Dieu dans le célibat et la chasteté tout en vivant « dans le monde ».  Ses terres lui apportaient de confortables revenus, qu’elle employait à des fins politiques ou redistribuait aux plus pauvres, revenus d’autant plus importants qu’elle s’imposait à elle-même un régime ascétique et austère. Mais à cause de ses origines franques, Geneviève fut victime du racisme des citoyens romains, qui ne voyaient en elle qu’une parvenue mystique et autoritaire. 

La naissance d’une légende

En 451, les parisiens apprirent que les Huns, redoutables guerriers menés par Attila, se dirigeaient vers Paris. Effrayés, ils décidèrent de quitter la ville avec tous leurs biens. Geneviève, qui avait alors 27 ans, tenta de convaincre les hommes de ne pas fuir. « Votre ville sera conservée, leur dit-elle, tandis que celle où vous voulez vous retirer sera pillée ou saccagée. Ayez confiance en Dieu, implorez son secours, et ne trahissez point par votre fuite la cause du ciel et de la patrie ». Elle réunit en même temps un petit groupe de femmes qui tous les jours jeûnait et priait pour demander à Dieu de les épargner.

Au lieu de rallier à sa cause le peuple parisien, le mysticisme de Geneviève eut l’effet inverse. Accusée de fausse prophétie, certains citoyens voulurent l’écraser avec des pierres, d’autres la jeter dans un gouffre. Mais après avoir pillé Metz et Reims, Attila contourna Paris, descendit vers Orléans d’où il rebroussa chemin et remonta vers Châlons-sur-Marne où il si fit battre aux champs catalauniques. Geneviève avait eu donc raison, et ses prières avaient protégé Paris des cruels barbares. Après des années de mépris – et quelques menaces de mort – la jeune femme devint defensor civitatis, chargée de la protection de la cité. 

En 465, alors que l’Empire romain d’Occident se déchirait autant qu’il se divisait, une guerre civile menaça Paris entre partisans de Rome et ceux des Francs, dont les troupes menées par Childéric gagnaient du terrain en Gaule du Nord. Geneviève négocia avec les Francs que la ville ne soit pas envahie. Une diplomatie qui lui permit de ne pas prendre officiellement partie pour un camp, alors que son coeur penchait clairement pour les Francs. Outre ses origines, elle voyait dans ce peuple païen l’opportunité de sauver la chrétienté, alors que l’Empire romain d’Occident était voué à la disparition et que les autres peuples barbares (Vandales, Wisigoths, Burgondes) avaient embrassé l’arianisme.

Le siège des Francs dura dix ans, pendant lesquels Geneviève força le blocus sur la Seine (probablement sous le regard averti de Childéric) et ravitailla le peuple parisien en blé. Après la victoire de Clovis, fils de Childéric, sur le dernier représentant du pouvoir romain en Gaule, elle s’allia au nouveau roi et lui permit de prendre la ville à la condition qu’il se convertît au christianisme. Après son baptême, celui-ci entra dans Paris et réconcilia les peuples Francs et Gallo-Romains. Paris devint la capitale de son royaume en 508.

Le culte de sainte Geneviève

Geneviève mourut en 512, à l’âge de 89 ans. Elle fut inhumée aux côtés de Clovis (mort en 511) dans une basilique construite au sommet de l’actuelle montagne Sainte-Geneviève. La basilique se transforma rapidement en puissante abbaye, et prit le nom de sainte Geneviève. 

Véritable objet de culte, la châsse de la sainte fut l’objet de plus de 80 processions entre le 9e et le 17e siècles. La première eut lieu lors d’une invasion des Nomands en 885. L’attaque fut si soudaine que les parisiens n’eurent pas le temps de mettre la châsse à l’abri, comme c’était le cas lors des précédents pillages. On la plaça alors comme amulette sur les remparts de la ville. Les Normands ne purent s’emparer de Paris. 

Paris et la France entière reconnurent Geneviève comme leur protectrice, et les parisiens prirent l’habitude, chaque fois qu’une inondation, sécheresse, guerre ou épidémie les menaçaient, de promener la châsse de la sainte. Tout un protocole régissait cette cérémonie ; la veille, les parisiens jeûnaient et le jour venu, les cloches de toutes les églises tintaient. Le cortège, composé des ordres religieux, de l’évêque de Paris, du Parlement, de la cour des comptes et des autres grands corps constitués, marchait depuis la montagne Sainte-Geneviève jusqu’à Notre-Dame de Paris puis,  après une grande messe, la procession faisait le trajet retour. 

Procession de la châsse de sainte Geneviève / Bibliothèque Nationale de France

Procession de la châsse de sainte Geneviève / Bibliothèque Nationale de France

Décorée d’or, d’argent, de diamants et de pierres, la châsse fut fondue sous la révolution française pour récupérer ses matières précieuses, et le contenu brûlé sur la place de Grève et dispersé dans la Seine… Des éléments retrouvés dans la crypte de l’ancienne église Sainte-Geneviève, aujourd’hui disparue, ont été placés en 1803 dans l’église Saint-Étienne-du-Mont. Ces reliques sont les dernières de la sainte visibles à Paris.  

Patronne de la ville de Paris et de Nanterre, son lieu de naissance, elle est également depuis 1962 patronne de la gendarmerie.

mare jaridn naturel paris

Le jardin naturel

D’une superficie de 6.500 m2, le Jardin Naturel, créé en 1996, présente différents milieux naturels d’Île-de-France. Un petit jardin qui laisse volontairement libre cours au développement de la nature.

Si vous vous baladez dans le 20e arrondissement ou que vous visitez le cimetière de Père-Lachaise, le jardin naturel offre une agréable halte de nature. Pelouse calcaire, prairie, mare et friche urbaine, le jardin naturel est entretenu dans le respect des cycles naturels, laissant la végétation et les plantes se développer à l’état sauvage (la prairie n’est fauchée que deux ou trois fois par an). Un écosystème qui laisse apparaitre la nature telle qu’elle était lorsque Paris comptait encore quelques coins de campagne. 

jardin naturel paris

Côté ambiance, le jardin naturel est prisé par les habitants du quartier qui viennent profiter des ses bancs et de son cadre silencieux pour lire sur un banc. Les enfants pourront y découvrir de multiples plantes sauvages et apercevoir dans la mare des animaux aquatiques. Enfin, au fond du jardin, en traversant la rue de Lesseps, vous trouverez deux aires de jeux, dont une réservée aux tout-petits.