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Les vestiges des enceintes et fortifications construites autour de Paris

Tout au long de son histoire, depuis l’époque gallo-romaine jusqu’au début du 20e siècle, Paris a été entouré par des enceintes et fortifications. Des murs qui se sont agrandis au fur et à mesure que la ville – et sa population – se développaient, dont de nombreuses traces sont encore visibles. Découvrez l’histoire de ces enceintes et les vestiges à découvrir lors de vos balades.

L’enceinte gallo-romaine

Pendant l’occupation romaine, Lutèce était habité à la fois sur l’île de la Cité et sur la rive gauche (la rive droite était inhabitable du fait de ses vastes marais). Vers 285, pour fuir les invasions barbares, les habitants de la rive gauche rejoignirent l’île de la Cité, qui offrait, grâce à la Seine, une protection naturelle. Ils doublèrent cette protection par un rempart de pierres, dont une trace est visible sur le sol pavé de la rue des Colombes. 

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L’enceinte Philippe-Auguste

Avant de partir en croisade, Philippe-Auguste décida de protéger Paris et ses 190.000 habitants – déjà ! – des invasions extérieures. L’enceinte fut commencée en 1190 sur la rive droite, prolongée sur la rive gauche vers 1200, et achevée en 1213. Utilisée pendant plus d’un siècle et demi, elle ne fut pas démolie (sauf ses portes), mais simplement abandonnée. C’est pourquoi il reste autant de vestiges de cette fortification, visibles sur les deux rives de Paris. 

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Promenade sur les traces de l’enceinte Philippe Auguste (fin 12e siècle), dont il reste de nombreux vestiges.

La plus impressionnante – et la plus longue – est celle que vous trouverez rue des Jardins-Saint-Paul, dans le Marais. Des fondations sont également visibles au musée du Louvre, qui était à l’origine une forteresse de cette enceinte.

Rive droite, un imposant vestige se trouve rue Clovis, à quelques pas du Panthéon.

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L’enceinte Charles V & Louis XIII

Pendant la Guerre de Cent-Ans, craignant l’invasion des Anglais, le Prévôt des Marchands Étienne Marcel fit réparer l’enceinte Philippe-Auguste, puis décida de construire sur la rive droite un nouveau mur, prolongé par Charles V et terminé en 1383. La Bastille était à l’origine l’une des portes de ce rempart. 

Louis XIII prolongea cette enceinte vers l’ouest, incluant dans Paris les Tuileries et le faubourg Saint-Honoré. Louis XIV, considérant ce rempart inutile, décida de le raser et de le remplacer par une vaste promenade. Ce sont aujourd’hui nos Grands Boulevards !

S’il ne reste aucune trace visible de cette enceinte, le tracé des Grands Boulevards nous en offre néanmoins un plan précis, à découvrir lors d’une balade sur les Grands Boulevards

Mur des fermiers Généraux

Contrairement aux autres fortifications, les mur des fermiers généraux n’a pas été construit pour protéger la ville des invasions extérieures, mais pour la protéger des… fraudes fiscales. Érigé à partir de 1784, il permettait de récolter des taxes à l’entrée de différentes marchandises (vin,  viande, combustibles…) dans Paris via plus de 50 barrières douanières, portes monumentales construites par Claude-Nicolas Ledoux.

Rotonde Stalingrad

Rotonde Stalingrad

Seules quatre de ces barrières ont subsisté à la démolition du mur en 1860 : La rotonde du parc Monceau (à l’entrée du parc), la Rotonde de Stalingrad (place Stalingrad), la barrière du Trône (colonnes près de la place de la Nation, avenue du Trône), et la barrière d’Enfer (près de la place Denfert-Rochereau, n° 3 et 4 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy. L’une de ces barrières est à l’entrée des Catacombes).

Enceinte de Thiers

L’enceinte de Thiers est la dernière fortification construite autour de Paris. Achevée en 1844, elle englobait alors des communes (Montmartre, La Villette, Bercy, Auteuil…) qui ne seront annexées à Paris qu’en 1860. Ce mur fixera d’ailleurs les limites de la ville lors de  l’agrandissement de Paris à cette même date.

Détruite à partir de 1919, elle a été remplacée par une ceinture de logements sociaux construits dans l’entre-deux-guerres, d’équipements sportifs et de parcs. Les boulevards des Maréchaux occupent quant à eux l’ancienne « rue Militaire » qui longeait ce mur, tandis qu’au-delà, une zone non constructible fut peu à peu occupée par des bidonvilles. Des quartiers peuplés d’ouvriers et de classes laborieuses appelés les… « zonards » !

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Quelques vestiges subsistent (poterne des Peupliers, bastion 1 au milieu de l’échangeur de la porte de Bercy…), mais ils ne présentent malheureusement aucun intérêt.

 

Il n’y a plus de mur aujourd’hui autour de Paris. À moins que la ceinture du périphérique en soit une émanation contemporaine…

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Promenade sur les Grands Boulevards

Les Grands Boulevards ont toujours été synonymes d’un certain état d’esprit : celui du plaisir et des divertissements. Lieux de vie typiquement parisiens, ils ont connu leur apogée au 19e siècle, époque où se trouvaient alors les cafés les plus élégants de la capitale et les théâtres les plus réputés. C’est également sur les Grands Boulevards que venaient parader les touristes du monde entier venus assister aux Expositions Universelles, ou encore ici que sont apparus tous les accessoires de la ville moderne tels que les lignes de transport en commun, les kiosques à journaux, les urinoirs ou les colonnes Morris… 

Fabuleux catalogue d’architecture, une promenade sur les Grands Boulevards permet aussi de découvrir différents styles et époques, de Louis XVI  à Louis-Philippe, et certains des monuments les plus emblématiques de Paris, comme l’Opéra Garnier. 

Même si les modes ont changé au 21e siècle, et que les Grands Boulevards ne sont plus le centre des plaisirs qu’ils furent autrefois, de nombreuses traces de ce glorieux passé sont à découvrir lors d’une agréable balade depuis la Madeleine jusqu’à République. 

Un peu d’histoire

Construits sous Louis XIV à l’emplacement d’anciens remparts qui entouraient la rive droite de Paris, les Grands Boulevards furent la première grande promenade de la capitale. Sur plus de 4 kilomètres, les parisiens découvrirent les plaisirs de la flânerie à l’ombre des arbres. Dans la partie ouest, la noblesse et la finance firent construire de magnifiques hôtels particuliers, tandis que dans la partie est – appelée boulevard du Crime – s’installèrent de nombreuses attractions populaires. Une effervescence qui attirera des quantités de cafés, salles de spectacles, magasins et galeries, qui feront des Grands Boulevards le symbole de l’art de vivre parisien au 19e siècle. 

grands boulevards 19e siecle

La balade

Débuter la balade place de la Madeleine

eglise de la madeleine

Commencée en 1764, la construction de l’église de la Madeleine s’est arrêtée lors de la Révolution Française. En 1806, Napoléon décida de raser l’édifice et de le remplacer par un Temple de la Gloire dédié à son armée. Inachevé à la chute de l’Empire, le bâtiment sera réaffecté au culte chrétien tout en gardant son style néo-classique. Inauguré en1842, sa construction aura duré près de 80 ans ! 

  • Prendre le boulevard de la Madeleine.

Au n°2 (angle de la rue Caumartin), se trouve le vestige d’un étonnant hôtel particulier construit en 1779 pour Charles-Marin de La Haye des Fossés, fermier général du roi. Le toit était occupé par une terrasse décorée de colonnes, pyramides et arcs de triomphe qui cachaient les tuyaux de cheminée. De plus, deux petits pont chinois permettaient de traverser un ruisseau qui distribuait l’eau dans les salles à manger les bains de l’hôtel. De quoi vous donner une idée du faste et du luxe qui entouraient les hôtels des Grands Boulevards au 18e siècle…

Dessin de l'Hôtel Marin-Delahaye en 1779

Dessin de l’Hôtel Marin-Delahaye en 1779

L’hôtel a depuis été surélevé, et partiellement modifié. Plus rien malheureusement ne subsiste de ces décorations excentriques. 

  • Continuer tout droit jusqu’à l’Olympia

Cette salle de spectacle mythique, qui a accueilli les plus grands artistes français et internationaux, a été créée en 1888 par Joseph Oller, fondateur d’un autre cabaret mythique : le Moulin Rouge. Il installe tout d’abord une montagne russe, qui sera interdite par le préfet de Paris, remplacée en 1893 par salle de spectacle de 2.000 places. Transformé par la suite en cinéma, occupé par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale, L’Olympia sera racheté en 1954 par Bruno Coquatrix, qui en fera le célèbre music-hall. 

14, boulevard des Capucines, au niveau de l’Hôtel Scribe, un écriteau rappelle qu’ici, le 28 décembre 1895, eut lieu la première séance de cinéma en public. C’est dans les sous-sol de l’ancien Grand Café que les frères Lumière, en toute confidentialité, ont présenté à 33 curieux 10 films animés sur un mur. Ce fut le début du cinéma. 

plaque lumiere 14 rue capucines

  • Avancer jusqu’à l’Opéra Garnier.

Monument symbolique du Paris Haussmannien, l’Opéra Garnier est l’oeuvre de l’architecte Charles Garnier, âgé de 35 ans seulement, qui a remporté un concours lancé par Napoléon III en 1861. 

L’une des oeuvres que vous pouvez voir sur la façade, intitulée « La Danse », fut l’une des oeuvres les plus controversées du 19e siècle. Découvrir son histoire 

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  • Avancer jusqu’au 5, boulevard des Italiens.

À savoir :

En 1828 sont nées à Paris les premières lignes de transport en commun, effectués avec des voitures à cheval. L’une des premières lignes, et des plus connues, fut celle appelée « Madeleine-Bastille », qui traversait les Grands Boulevards.

Au 5, boulevard des Italiens, vous pouvez voir un très joli passage couvert, le dernier construit à l’époque d’Haussmann. Reconstruit à l’identique en 1995, c’est un fabuleux témoin de l’âge d’or des passages couverts parisiens

passage des princes paris

Continuez tout droit, et prendre le Boulevard Montmartre. Avancez jusqu’au 11 Boulevard Montmartre.

Vous vous trouvez devant le passage des Panoramas, l’un des tous premiers passages couverts construits à Paris (1799). L’éclairage public au gaz sera expérimenté pour la première fois dans la capitale dans ce passage, en 1817. En face se trouve le passage Jouffroy (1847), premier passage dont la structure est intégralement conçue en métal et en verre.

  • Avancer tout droit jusqu’au Grand Rex (1 Boulevard Poissonnière).

Cette mythique salle de cinéma, qui a ouvert ses portes en 1932, est l’un des plus beaux exemples de l’architecture Art Déco à Paris.

A.hellmann - CC BY-SA 4.0

A.hellmann – CC BY-SA 4.0

Continuer tout droit jusqu’à l‘Arc de Triomphe de la Porte Saint-Denis (Boulevard Saint-Denis)Cette porte, dédiée aux victoires militaires de Louis XIV, a été construite en 1672 sur l’emplacement de l’ancienne fortification détruite pour créer les Grands Boulevards. 

porte saint denis

Vous trouverez quelques dizaines de mètres plus loin la porte Saint-Martin, également construite en l’honneur de Louis XIV, en 1674. 

 

Fin de la balade. Vous pouvez allez boire un verre sur la place de la République, ou profiter de l’agréable atmosphère le long du Canal Saint-Martin.  

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Pourquoi le quartier du Marais s’appelle le « Marais »

L’étymologie du Marais est souvent rattachée à la terre marécageuse sur laquelle ce quartier se serait développé. La réalité historique de ce nom est en fait bien plus subtile, et provient d’un double-sens lexical ! Découvrez l’histoire qui se cache sous l’appellation de « Marais ».

À l’époque préhistorique – il y a environ entre 30.000 à 40.000 ans – la Seine avait deux bras. Celui que nous connaissons aujourd’hui, et un autre, qui partait du bassin de l’Arsenal et décrivait un arc de cercle en passant par le boulevard Beaumarchais, le boulevard du Temple, les rues du Château-d’Eau, Richer, des Petites-Écuries, de Provence, La Boétie, Marbeuf, et rejoignait le premier bras au niveau du pont de l’Alma

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Avec l’avènement d’un climat plus doux, ce bras disparut, laissant derrière lui une vaste zone marécageuse, entretenue par les inondations régulières du lit principal de la Seine, dont les caprices n’étaient pas encore contenus pas des berges. S’il existait bien un « marais » parisien, celui-ci recouvrait alors toute la zone comprise entre la Seine et son ancien bras abandonné.

Cette rive droite fut asséchée à partir du 9e siècle, et commença à se développer. Dans ce que l’on appelle aujourd’hui le quartier du Marais s’installèrent de nombreuses communautés religieuses, ainsi que le pouvoir municipal (actuel Hôtel de Ville) en 1357.  

Pour répondre aux besoins de plus en plus importants en produits agricoles, les paysages marécageux furent alors transformés en jardins maraîchers. Ces terres basses et humides étaient propices à tous les types de culture, et on y retrouvait des vignes, des potagers, des jardins et des cultures céréalières.

L’emploi du terme “marais ”, qui désignait donc à l’origine les marécages formés par l’ancien bras mort de la Seine, fut employé à partir du 13e siècle dans son second sens : terrain consacré à la culture maraîchère. Un double-sens lexical qui porte souvent à confusion, évoquant l’idée d’une eau sale et stagnante plutôt que celle de beaux jardins potagers. Pourtant, c’est bien cette dernière version qui a donné son nom au Marais !

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Au jardin du Ranelagh, le premier vol en montgolfière de l’histoire

Dans la partie la plus chic du 16e arrondissement (où se trouvent notamment la plupart des ambassades et consulats de Paris), le jardin du Ranelagh offre une agréable étendue de verdure où se côtoient arbres centenaires, kiosque à musique et vieux manèges pour enfants. Un jardin dont l’une des allées – l’allée Pilâtre-de-Rozier – rappelle qu’à cet endroit s’est déroulé un évènement majeur de l’histoire : le premier vol habité en montgolfière. 

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Un quartier qui mérite d’être découvert à la fois pour son patrimoine culturel que pour son étonnante architecture.

En avril 1783, les frères Montgolfier font une demonstration publique de leur découverte sur la place principale de la ville d’Annonay, en Ardèche. Les deux hommes sont en effet sur le point de réaliser l’un des rêves les plus fous de l’humanité : voler dans les airs. Devant une foule émerveillée, un ballon gonflé à l’air chaud s’élève à 1000 mètres d’altitude et parcourt 3 kilomètres avant de retomber au sol. Une expérience qui arrive jusqu’aux oreilles de l’Académie Royale des Sciences, qui invite les frères Montgolfier à Paris.

C’est dans la capitale qu’ils rencontrent le physicien Pilâtre de Rozier, intendant des cabinets de physique, de chimie et d’histoire naturelle du Comte de Provence, frère du Roi. C’est à lui que sera confiée la tâche de piloter la machine.

En septembre de la même année, une nouvelle démonstration est organisée à Versailles, devant Louis XVI. Le roi ayant interdit à Pilâtre de Rozier de risquer sa vie lors de ce vol, ce sont un coq, un canard et un mouton qui sont placés dans la nacelle du ballon. Essai concluant, puisque les animaux atterriront 3 kilomètres plus loin, dans la forêt de Vaucresson.

Mais les trois hommes ne souhaitaient pas en rester là, et comptaient bien faire la démonstration d’un vol habité. Dans les jardins de la Manufacture Royale des papiers peints, au niveau du 31 rue de Montreuil actuel, eut lieu le premier vol captif. Retenue au sol par des cordes solides, la Montgolfière s’éleva le 17 octobre 1783 à plus de 100 mètres d’altitude, avec à son bord Pilâtre de Rozier. 

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Le 21 novembre, la cour est réunie autour de Louis XVI dans le parc du Château de la Muette, aujourd’hui disparu, remplacé par l’actuel jardin du Ranelagh. À 13h54, Pilâtre de Rozier s’envole, accompagné du Marquis d’Arlandes, qui, grâce à ses relations, réussit à convaincre le Roi d’un vol habité. Pour la première fois, deux hommes s’affranchissent des lois de la pesanteur et s’élèvent dans les airs à plus de 1000 mètres d’altitude !

Jamais personne n’avait vu d’aussi haut les rues, les clochers et les maisons de Paris. Après 25 minutes de voyage, le ballon atterrira sur la Butte-aux-Cailles, dans le 13e arrondissement.

premier voyage montgolfiere

L’allée Pilâtre-de-Rozier, dans le jardin du Ranelagh, nous rappelle qu’ici a commencé la grande aventure de la conquête du ciel !

Le jardin est à quelques pas du musée Marmottan-Monet. À découvrir par exemple avant ou après la visite de ce joli musée impressionniste. 

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La Colonnade du Louvre, chef-d’oeuvre de Louis XIV

Sur la place du Louvre, face à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, s’étend une somptueuse façade. Appelée la Colonnade de Perrault, elle a été commandée au 17e siècle par Louis XIV pour fermer la cour carrée et offrir au palais du Louvre une entrée sur la ville. L’un des plus beaux témoignages à Paris du classicisme français sous le règne du Roi-Soleil. 

Après s’être réinstallé au Louvre, Louis XIV décide en 1660 d’achever la cour carrée – dont les travaux avaient été lancés par François 1er – et fait raser tout ce qu’il restait du Louvre médiéval. Sur la partie orientale de la cour, tournée vers la ville, la nouvelle façade deviendrait la porte d’honneur du Palais. Son architecture et sa décoration se devaient donc d’être grandioses. 

Entre 1661 et 1664, des premiers projets sont étudiés, tous rejetés. Le Roi fait alors appel en 1665 au grand architecte italien Bernin, mais, encore une fois, ses plans ne plaisent pas. Pour ne pas offenser cet immense artiste, admiré de toute l’Europe et favori des Papes, la première pierre de la façade qu’il avait imaginée est tout de même posée en 1665… Puis Bernin est gentiment renvoyé chez lui, comblé d’honneurs, et d’argent. Le reste de la façade ne fut jamais érigé !

colonne du louvre

Le projet final, que nous voyons encore aujourd’hui, a été entrepris en 1667. Malgré son nom de « colonnade de Perrault », il pose encore un problème d’attribution, sa conception étant le fruit de multiples influences, dont celles de Louis Le Vau, architecte du Roi, Charles Le Brun, premier peintre du Roi, et Claude Perrault, architecte. Il faut donc la voir comme un mélange  d’inspirations diverses, ce qui est tout à fait logique pour l’époque, puisque les contemporains considéraient qu’aucun homme à lui seul ne pouvait avoir toutes les compétences pour réaliser une façade digne du Roi… 

colonnade du louvre

Louis XIV dirigeait tout lui-même, imposait son goût et discutait les plans. Il aimait les grands espaces lumineux et monumentaux, ainsi que les colonnes inspirées de l’Antiquité. Autant d’éléments que l’on retrouve sur cette colonnade, dont le style fut par la suite très souvent imité. 

Elle marquera ainsi le triomphe du classicisme français, avec l’Hôtel des Invalides, et, bien évidemment, le Château de Versailles. Ces trois monuments participèrent à la gloire de l’art Français en Europe, dépassant par la même occasion l’Italie, dont l’influence artistique régnait sans partage depuis des siècles sur tout le continent. 

place de la bastille 1878

La place de la Bastille à travers les siècles (vidéo)

La place de la Bastille a connu de nombreuses métamorphoses à travers les siècles. Simple porte de l’enceinte construite par le roi Charles V en 1365, elle deviendra une forteresse destinée à défendre l’Est de la capitale, puis une prison d’État. Un symbole de la puissance royale qui sera pris d’assaut le 14 juillet 1789, puis détruit pierre par pierre. La place connaitra par la suite de nombreux projets d’aménagement, toujours en lien avec les révolutions des 18e et 19e siècles. 

De l’ancienne citadelle médiévale à sa conception moderne, découvrez les évolutions et métamorphoses de cette place à travers les siècles, l’une des plus symboliques dans l’histoire de France.

Voir aussi l’histoire et les anecdotes insolites de la Colonne de Juillet, ou encore 8 choses que vous ignoriez sur la Bastille.

champs elysees

Les Champs-Élysées, histoire d’une avenue pas comme les autres

Mondialement connue, la « plus belle avenue du monde » n’a plus grand chose à voir avec ce qu’elle était à l’époque de sa création, au 17e siècle. Ancienne terre marécageuse devenue sous Louis XIV voie royale, c’est aujourd’hui l’une des avenues les plus emblématiques de Paris, où paradent au milieu des enseignes prestigieuses les touristes venus du monde entier. Découvrez l’histoire d’une avenue pas comme les autres…

À partir de 1666, Louis XIV charge André Le Nôtre, jardinier du Roi, de transformer intégralement le jardin des Tuileries, et d’ouvrir un chemin pour faciliter la route jusqu’à Versailles. Dans l’axe du Palais, aujourd’hui disparu, Le Nôtre prolonge l’allée centrale du jardin par une large voie bordée d’une double rangée d’ormes. Une voie aménagée dans une région marécageuse et broussailleuse située hors des limites de Paris, qui se terminait au niveau de l’actuel rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault. 

le notre champs elysees

En 1710, ce Grand-Cours - appelé aussi les Champs-Élysées (en référence au lieu dans lequel séjournaient les héros de la mythologie grecque, probablement pour se moquer des origines marécageuses de l’avenue) – est prolongé jusqu’en haut de la butte où s’élève maintenant l’Arc de Triomphe. Tout au long du 18e siècle, l’avenue sera élargie, embellie, et de nouvelles voies, comme l’avenue Montaigne, l’avenue Matignon ou encore l’avenue de Marigny, seront créées. 

Malgré tous ces aménagements, l’avenue restait mal-aimée des parisiens. Mal fréquentée la journée, obscure la nuit, elle enjambait le cours de l’ancien Grand-Égout de Paris, qui prenait sa source à la colline de Ménilmontant et se déversait dans la Seine entre le Pont de l’Alma et le Trocadéro. Autant d’éléments qui ne donnaient pas particulièrement envie à la population de flâner le long de cette avenue…

On décida alors de recouvrir le Grand-Égout et, en 1777, un poste de garde Suisses est installé sur l’avenue. Les Champs-Élysées commencent alors à connaitre une certaine animation, notamment grâce aux beaux hôtels particuliers qui se construisent dans la rue du Faubourg Saint-Honoré. S’installent également des jeux de paumes et de boules, des restaurateurs et des limonadiers.

Mais ce ne fut qu’à partir de 1828 que l’avenue des Champs-Élysées commença à connaitre de véritables embellissements : trottoirs, contre-allées asphaltées, éclairage avec la mise en place de 1.200 candélabres au gaz, installation d’établissements publics, cafés, restaurants, salles de concert et de théâtre… Le développement se continuera jusqu’au Second Empire, qui donnera à l’avenue toute son élégance. Si la majorité des somptueux hôtels particuliers construits à cette époque ont disparu pour laisser place à des immeubles – plus rentables – les Champs-Élysées n’ont depuis cessé d’être l’épicentre du luxe parisien. 

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C’est également au cours du 19e siècle que de grandes enseignes s’installent sur les Champs-Élysées. Et pas n’importe lesquelles… Située sur la route du Bois de Boulogne, lieu préféré de la haute société pour les promenades mondaines, l’avenue est un lieu stratégique pour l’industrie hippomobile. Les grandes maisons s’installent avenue des Champs-Élysées, où la clientèle peut découvrir les nouveaux modèles de véhicules. Puis, lorsque la traction mécanique remplace la traction hippomobile, les concessionnaires auto apparaissent : Mercédès en 1902, Peugeot et Renault en 1908… En 1909 plus de 22 maisons ont leur vitrine sur l’avenue des Champs-Élysées.

Aujourd’hui encore, les grands concessionnaires automobiles sont présents sur les Champs-Élysées, suivis au 20e siècle par l’industrie du luxe puis par des enseignes grand public.

Les Champs-Élysées, haut-lieu historique

 Derrière le faste de l’avenue se cache également un passé étroitement lié aux grands évènements de l’histoire de France.

Le 5 octobre 1789, c’est en empruntant cette avenue que plus de 7.000 femmes se sont rendues à Versailles pour réclamer au roi du pain. Le lendemain, le cortège traversera les Champs-Élysées dans le sens inverse, accompagné par la famille royale, contrainte de s’installer au coeur de Paris, dans le Palais des Tuileries.

Au retour de la fuite manquée de Varennes, c’est aussi par les Champs-Élysées que la famille royale est ramenée dans Paris le 25 juin 1791. Alors que deux haies de gardes nationaux rendaient les honneurs la crosse en l’air, des pancartes indiquaient : « celui qui applaudira le Roi sera bâtonné, celui qui l’insultera sera pendu ».

En 1814, à l’entrée des forces européennes alliées dans Paris, des milliers de cosaques campèrent sur les Champs-Élysées. Ils y resteront tout le printemps, et laisseront derrière eux des expressions encore utilisées aujourd’hui

gallica.bnf.fr

gallica.bnf.fr

Enfin, le 26 août 1944, c’est encore les Champs-Élysées que le Général de Gaulle descendra pour fêter la libération de Paris devant plus de deux millions d’âmes.

de gaulle champs elysees

Voir aussi : Petite(s) histoire(s) du Palais de l'Élysée
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Les plus beaux immeubles d’architecture Belle Époque à Paris

À la fin du 19e siècle, le Paris Haussmannien, symbolisé par des lignes droites et une homogénéité dans l’architecture, a définitivement remplacé le Paris médiéval. Un modernisme dont la raideur est critiquée par les architectes de l’époque, et l’uniformité remise en cause. 

Le métal est de plus en plus utilisé depuis le milieu du 19e siècle, et le béton armé fait son apparition en 1900. Des matériaux qui offrent de nouvelles possibilités de conception, que les architectes vont utiliser pour créer dans les alignements de façade, trop rigides à leurs goûts, du rythme et des ruptures. Une liberté créative rendue  possible grâce à l’assouplissement des réglementations d’urbanisme après la période Haussmannienne, qui va également s’accompagner d’un changement majeur : l’intérêt des architectes pour les façades d’immeubles, autrefois méprisées au profit de grands édifices publics. À la fin du 19e siècle, celles-ci vont ainsi devenir un espace de liberté des formes, des matériaux et des couleurs. 

Plusieurs mouvements vont naitre durant cette période, dont l’un des plus connus est l’Art Nouveau. Apparaitront aussi des genres plus classiques, offrant à découvrir à Paris un large éventail des différentes tendances qui se sont créées à la Belle Époque. Quelques exemples (parmi les plus beaux), à découvrir lors de vos balades à Paris. 

38 rue de Tocqueville – 17e arrondissement

Élève de l’école gothique, Charles Plumet construit cet immeuble en 1897.

rue tocqueville art nouveau

Peu d’ornementations dans cet ensemble dessiné comme un « paysage », où chaque étage donne son sens à l’ensemble. Appréciez le bow-window, ou encore le balcon couvert au quatrième étage surmonté d’une loggia ouverte. Un immeuble Art Nouveau qui privilégie les courbes sobres et une décoration sans fioritures.

121, rue Réaumur – 2e arrondissement

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Dans cet ensemble imposant de la rue Réaumur, tous les éléments semblent en mouvement. L’un des plus beaux immeubles de la rue, avec des vitres bombées qui suivent les courbes de la maçonnerie, une rotonde en forme de trèfle et de superbes colonnes de bow-windows. 

Plus d’informations sur la rue Réaumur, symbole de l’architecture du 20e siècle

7, rue le Tasse – 16e arrondissement

Cet immeuble du 16e arrondissement, construit entre 1904 et 1905, est l’un des plus beaux exemples « d’immeuble hôtel particulier ».

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Chaque étage est en effet un seul et même appartement, doté pour l’époque de services innovants. Liaisons téléphoniques internes, système de monte-lettres depuis la loge du concierge, système d’aspiration centralisé… C’est en quelque sorte un immeuble composé d’hôtels particuliers que réinvente l’architecte Louis Sorel. 

À noter également l’élégance chic de la façade, notamment le pan de mur en briques blanches au niveau de la loggia. 

Église Saint-Jean-de-Montmartre, rue des Abbesses – 18e arrondissement

Impossible de parler de l’architecture Belle Époque sans évoquer l’église Saint-Jean-de-Montmartre, chef-d’oeuvre de l’architecte Anatole de Baudot, inaugurée en 1904.

saint jean de montmartre

L’un des édifices les plus audacieux dans son modernisme, à la fois dans sa structure en ciment armé – technique nouvelle pour l’époque – et dans sa décoration faite de céramique (Alexandre Bigot), ferronnerie (Émile Robert), et sculptures Art Nouveau (Pierre Roche). Faute de moyen, l’intérieur ne sera décoré que 10 ans plus tard, à partir de 1913.