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place general catroux paris

5 bonnes raisons de visiter le 17e arrondissement

Au nord-ouest de la capitale, le 17e arrondissement reste encore une terre inexplorée pour bon nombre de parisiens. Un arrondissement qui mérite pourtant d’être découvert pour ses paradoxes (et ils sont nombreux !), mais aussi et surtout pour les petits trésors qu’il abrite, entre cité fleurie, marché typiquement parisien et somptueuse architecture bourgeoise. 

Une architecture d’exception

Une très grande partie de la « Plaine Monceau » (quartier situé au-dessus du parc Monceau) a été construite entre 1860 et 1869, lors des travaux Haussmanniens. C’est d’ailleurs l’un des quartiers de Paris où la concentration d’immeubles Haussmannien est la plus importante. Idéal pour les promeneurs qui pourront observer, notamment aux alentours du triangle Avenue de Wagram / Boulevard Malesherbes / Avenue de Villiers certains des plus beaux immeubles de cette période. 

Hôtel Gaillard

Hôtel Gaillard

La Plaine Monceau abrite également des somptueux immeubles et hôtels particuliers de style néo-Renaissance (1860 – 1914 environ), qui puise son inspiration dans l’architecture de la Renaissance.  Les plus beaux exemples sont l’Hôtel Gaillard, place du général Catroux,  ou l’hôtel particulier du parfumeur Aimé Guerlain, 19, rue Legendre. Enfin, la rue Fortuny, superbe représentation des goûts et styles architecturaux de la fin du 19e siècle, est à ne pas manquer.

Le marché Poncelet 

marche poncelet paris

À quelques pas de la place des Ternes, le marché Poncelet est l’un des plus jolis marchés de Paris. Un peu cher certes, mais la qualité des produits et son atmosphère conviviale en fait l’un des plus réputés de la capitale. 

Les Batignolles

Le 17e arrondissement ne se résume pas uniquement à son atmosphère bourgeoise et ses hôtels particuliers de luxe. À la frontière avec le 18e arrondissement, le quartier des Batignolles est l’un des plus agréables « villages » de Paris. À la fois populaire et décontracté, on y trouve une multitude de bars et restaurants, mais surtout une véritable vie de quartier. Pour une agréable pause nature, vous pouvez aussi vous rendre dans le très joli Square des Batignolles .

La Cité des Fleurs

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Cachée entre les très animées avenue de Clichy et avenue de Saint-Ouen, la Cité des Fleurs est l’une des plus belles rue cachées de Paris. Une voie piétonne interdite à la circulation et isolée de l’agitation de la ville qui est l’un des joyaux (méconnus) du 17e arrondissement !

L’éco-quartier Clichy-Batignolles

Au-dessus des Batignolles, cet éco-quartier construit sur une ancienne friche ferroviaire, dont les travaux devraient s’achever aux alentours de 2020, est un vaste projet qui mêle développement durable et urbanisme contemporain. Végétalisation des bâtiments, toitures photovoltaïques, électricité solaire et vaste parc de 10 hectares (Parc Martin Luther King), l’éco-quartier Clichy-Batignolles permet un aperçu de ce que sera, peut-être, la ville de demain.

Le Parc Monceau est officiellement dans le 8e arrondissement. À ne pas louper bien évidemment, même lors d’une balade dans le 17e arrondissement !
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Espaces verts, pôle culturel et villages cachés : un quartier à l’ambiance très parisienne qui mérite d’être découvert !

palais de chaillot trocadero

5 raisons de visiter le 16e arrondissement

Un quartier qui mérite d’être découvert à la fois pour son patrimoine culturel que pour son étonnante architecture.

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Les répliques les plus surprenantes de la Tour Eiffel dans le monde

Si la Tour Eiffel est le plus connu des monuments parisiens, elle est également sans doute le plus connu des monuments du monde. La preuve avec ces répliques réalisées aux quatre coins du globe. Des imitations construites aussi bien dans de grandes capitales que des petits villages, dont certaines sont aussi surprenantes qu’originales !

La plus ancienne réplique de la Tour Eiffel est la tour de Blackpool, en Angleterre du nord. Construite en 1894, elle mesure 158 m de haut. Une imitation qui sera suivie quelques années plus tard à Londres par la Watkin’s Tower, qui ne verra, elle, jamais le jour…

©Twitter

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La plus grande réplique (165 mètres), qui est aussi la plus connue, est celle de Las Vegas

tour eiffel las vegas

Deux villes américaines du nom de « Paris », au Texas et au Tennessee, ont également leurs répliques de la Dame de fer. Saurez-vous reconnaitre laquelle se trouve dans le Texas ? 

©Flickr

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tour eiffel paris tennessee

Bien évidemment, on trouve aussi des copies de la Tour Eiffel en Europe. À Prague par exemple, au sommet de la colline de Petrin. 

tour eiffel prague

Ou en Roumanie, à Slobozia, en pleine campagne…

©Flickr

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Mais l’une des plus surprenantes répliques est celle située dans le village de Parij, au sud du massif de l’Oural, en Russie. C’est en fait une antenne de télécommunication pour les téléphones portables, construite en 2005.  

tour eiffel russieSource

L’Asie aime beaucoup la Tour Eiffel, et compte aussi de multiples répliques. La plus connue, à Tokyo, a été construite en 1958, et mesure 333 mètres, soit 9 de plus que sa cousine parisienne.

tour de tokyo

Les chinois sont très forts en imitation (pour ne pas dire contrefaçon…). Un concept poussé à son paroxysme dans la ville de Hangzhou, à 200 kilomètres au sud-ouest de Shanghai, et plus précisément dans le quartier de Tianducheng, copie conforme d’un quartier haussmannien parisien. La Tour Eiffel fait tout de même 108 mètres de haut !

©Impur

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Si vous allez à Montmartre – pas à Paris mais… au Canada – vous pourrez aussi admirer une réplique version miniature du monument d’origine.  

©Flickr

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Ou au Pakistan, où une parfaite réplique de 80 mètres de haut est l’une des principales attractions de la ville de Lahore, Bahria Town.

@EiffelTowerPakistan

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Ou encore à Gomez Palacio, ville du nord-est de l’État de Durango, au Mexique.

tour eiffel gomez palacio

Ou enfin à Sucre, en Bolivie.

Twitter @vonman88

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Roger Viollet/Getty Images

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eau de source paris

Où boire de l’eau de source à Paris

C’est une chose peu connue, mais il est possible de s’approvisionner en eau de source à Paris. Une eau différente des fontaines publiques que l’on peut trouver un peu partout dans la capitale, qui provient directement du sous-sol parisien selon le principe du puits artésien. Une technique mise en place au 19e siècle pour offrir au parisien une eau potable de qualité dont vous pouvez encore profiter aujourd’hui ! 

Place Paul Verlaine (13e)

puits artesien butte aux cailles paris

Un lieu connu par tous les habitants de la Butte-aux-Cailles, qui viennent s’approvisionner dans ce puits. Le puits d’origine a été achevé en 1872, et l’eau est captée à une profondeur de 582 mètres. 

Square Lamartine (16e)

puits artesien passy square lamartine

Creusé à l’initiative du Baron Haussmann pour alimenter en eau les lacs du Bois de Boulogne, le puits artésien de Passy fut le deuxième de Paris, commencé en 1855. Son eau jaillit aujourd’hui dans les fontaines du petit square Lamartine, très appréciée par les gens du quartier.

Square de la Madone (18e)

puits artesien square de la madone

À cause de la particularité géologique de Montmartre, ce puits creuse jusqu’à 700 mètres de profondeur pour faire jaillir l’eau. À l’origine située Place Hébert pour alimenter le quartier de la chapelle, la fontaine se trouve aujourd’hui dans le square de la Madone.

Qu’est ce qu’un puits artésien ?

Connu depuis le Moyen-Âge et pratiqué d’abord en Artois (d’où ce nom…), le principe du puits artésien consiste à aller chercher de l’eau isolée entre deux couches géologiques étanches. Une eau particulièrement bien protégée des pollutions de surfaces, et donc d’excellente qualité. Contrairement aux puits ordinaires, où il faut aller chercher l’eau, le puis artésien fait jaillir l’eau, qui remonte de la nappe phréatique sous l’effet de la pression.

À noter que ces eaux proviennent de l’Albien, une nappe d’eau souterraine qui s’étend dans une grande partie du bassin parisien à plus de 500 mètres de profondeur. Une eau très riche en fer, dont la quantité est aujourd’hui régulée dans chaque fontaine.

Les fontaines d’eau gazeuse de Paris

Vous trouverez également à Paris des fontaines d’eau gazeuse. Il ne s’agit pas d’eau de source – puisqu’elle est obtenue en ajoutant à de l’eau de Paris du dioxyde de carbone (CO₂) – mais peu importe. Les amateurs d’eau gazeuse ont un accès libre et gratuit à des fontaines d’eau gazeuse dans la capitale !

- Fontaine La pétillante – Jardin de Reuilly

Entrée par l’avenue Daumesnil – Paris 12e

Ouverture : tous les jours aux heures d’ouverture du parc

- Fontaine La pétillante – siège d’Eau de Paris

19 rue Neuve-Tolbiac – Paris 13e

Disponible 24h/24

- Fontaine entrée du Parc André Citroën

Quai André Citroën – Paris 15e

Ouverture : tous les jours aux heures d’ouverture du parc

- Fontaine du Jardin d’Éole

face au 28, rue d’Aubervilliers Paris 18e

Ouverture : tous les jours aux heures d’ouverture du parc

- Fontaine des Berges de Seine

4, quai Anatole France (rive Gauche) Paris 7e

- Fontaine du Parc Martin Luther King

ZAC des Batignolles Paris 17e

Ouverture : tous les jours aux heures d’ouverture du parc

rue marie rose lenine

Le séjour anonyme (et amoureux) de Lénine dans le 14e arrondissement

À quelques pas du carrefour d’Alésia, la petite rue Marie-Rose est aussi discrète que confidentielle. C’est pourtant là que Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, a vécu de 1909 à 1912, oeuvrant à la révolution d’octobre 1917. C’est également dans cette rue qu’il vivra le grand amour de sa vie. Un passé méconnu qui n’est même plus visible depuis la façade de l’immeuble, puisque la plaque commémorative a été enlevée il y a une dizaine d’année…

Lénine et le 14e arrondissement

Après avoir été emprisonné (1895-1896), puis exilé en Sibérie (1897-1900), Lénine séjourne dans plusieurs pays européens, étroitement surveillé par la police tsariste. En 1908, il s’installe à Paris, d’abord dans le quartier du Panthéon, puis dans un appartement bourgeois au 24, rue Beaunier, dans le 14e arrondissement, où il vit avec sa femme Nadejda, sa belle-mère, et sa soeur Maria. Une plaque est d’ailleurs toujours visible sur cet immeuble. 

lenine rue beaunier

En juillet 1909, il déménage pour s’installer non loin de là, au 4 rue Marie-Rose, dans un deux-pièces de 48m2 situé au deuxième étage. Le quartier, discret, lui convient. Encore inconnu, le futur dirigeant bolchévique aime se promener dans le parc Montsouris, et retrouve ses amis russes regroupés entre la Porte d’Orléans et Montparnasse.

Un amour passionnel

Au milieu de ces révolutionnaires russes exilés à Paris, Lénine fait la connaissance de la belle Inès Armand, activiste communiste d’origine française mariée au Russe Alexandre Armand, issu de l’une des familles capitalistes les plus riches de Russie. Inès a 35 ans mais parait en avoir 25. Au contraire, Nadejda, sa femme, qu’il a épousée durant son exil, a 41 ans, mais en parait 10 de plus. Très vite, Lénine et Inés flânent pendant des heures sur les Grands Boulevards, et vivent leur amour dans les cafés de l’avenue d’Orléans (aujourd’hui avenue du Général-Leclerc). Nadejda ferme les yeux. Elle se contente d’être une épouse dévouée.

Lénine installe Inès tout près de lui, au 2, rue Marie-Rose. Elle deviendra pendant son séjour parisien sa plus proche conseillère, assistante, et confidente. Plus que sa maîtresse, elle fut le véritable amour de sa vie.

4 rue mari rose immeuble lenine

Hors de Paris, les amants ne vivront plus qu’une relation essentiellement épistolaire. Un amour passionnel qui fut l’un des secrets les mieux gardés de l’Union Soviétique, pour que rien ne vienne troubler l’image de révolutionnaire idéal et d’époux parfait de Lénine. 

Ce petit appartement fut racheté par le Parti Communiste Français et transformé en Musée. Seul musée français consacré au leader bolchevique, il a fermé ses portes en 2007. La plaque commémorative a elle aussi disparu. 

Morte en 1920 du Choléra, Inés Armand eut droit à des obsèques nationales, et fut enterrée dans la Nécropole du mur du Kremlin.  Lénine la rejoindra quatre ans plus tard. Ils reposent aujourd’hui encore à quelques mètres l’un de l’autre, lui dans le mausolée, elle aux pieds du mur du Kremlin.

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Petite histoire de la guillotine

À l’instar du docteur Guillotin, qui, à son insu, a donné son nom à la machine, la France révolutionnaire ne se doutait pas qu’une simple réforme du code pénal allait engendrer l’un des plus redoutables instruments de mort. Une histoire, comme tant d’autres, née à Paris…

Contrairement à une croyance répandue, le docteur Guillotin n’est pas l’inventeur de la guillotine. Député de Paris en 1789, ce médecin de formation participa activement aux débats de l’Assemblée Constituante sur la réforme du code pénal, et demanda notamment que soient révisées les exécutions capitales.

Avant la Révolution, plusieurs modes d’exécution existaient selon la nature du crime, et le statut du condamné . Le noble était décapité au sabre, le bandit roué vif en place publique, le régicide écartelé… Des différences de traitement que souhaitait abolir le docteur Guillotin, pour que, même en matière d’exécution, chaque citoyen soit égal devant la loi. Une manière également d’éviter des tortures inutiles aux condamnés. En effet, il était fréquent que la décapitation échoue à la première tentative, ou qu’il soit nécessaire d’interrompre l’écartèlement pour sectionner quelques nerfs réfractaires… 

À la suite de nombreux débats, l’Assemblée décréta en 1791 (via l’article 3 du Code Pénal) que « tout condamné aura la tête tranchée ».

Joseph-Ignace Guillotin

Joseph-Ignace Guillotin

Un décret dont s’alarma le bourreau de Paris, Charles-Henri Sanson, qui fit part à l’Assemblée des problèmes liés à cette condamnation unique. Décapiter à la chaîne était pour lui source de fatigue, et donc d’erreurs, sans parler du matériel qui se dégraderait plus facilement s’il devait trancher plusieurs têtes dans la même journée… Le député Guillotin avait bien quant à lui prôné lors des débats une exécution par un « simple mécanisme ». Une question à laquelle l’Assemblée n’avait d’abord pas donné suite, et dont le code pénal n’apportait pas de réponse. 

Il fut donc demandé à Joseph-Ignace Guillotin et au secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de chirurgie Antoine Louis, accompagnés dans leurs recherches par le bourreau de Paris, de mettre en place ce « mécanisme ». À la croisée des pensées politiques et philosophiques du docteur Guillotin, des réflexions anatomiques du docteur Louis, et des questions pratiques du bourreau Sanson naîtra la guillotine. 

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Antoine Louis et Joseph Guillotin dessinèrent alors les premiers plans d’une machine placée sur un échafaud. Des plans qui, selon la légende, auraient été montrés en mars 1792 à Louis XVI lors d’une réunion au Palais des Tuileries, soucieux de connaitre le sort réservé à son peuple. Grand passionné de mécanique, c’est lui qui aurait préconisé une lame oblique plutôt qu’en forme de croissant, comme le prévoyaient les dessins initiaux. Ironie de l’histoire (bien que cette légende soit contestée), puisque le Roi subira moins d’un an plus tard les effets de son propre perfectionnement. 

C’est l’artisan Tobias Schmidt, facteur de clavecin dont l’atelier se trouvait dans la Cour du Commerce Saint-André, qui fut choisi pour réaliser le prototype de la machine. En avril 1792, la première expérimentation de la guillotine eut lieu sur des moutons vivants. Essais concluants. Le 17 avril, la machine fut transportée dans la prison de Bicêtre pour décapiter des cadavres de prisonniers. Une simplicité d’utilisation et une efficacité qui stupéfia le cortège de médecins, notables et représentants de l’Assemblée invités à cette démonstration.

Le premier condamné à mort guillotiné fut Nicolas Jacques Pelletier, exécuté en place de Grève le 25 avril 1792. La foule, venue en masse pour assister à ce nouveau spectacle, fut déçue par la rapidité de l’exécution, et hua le bourreau. La mission des docteurs Guillotin et Louis, elle, était remplie. La guillotine allait faire son oeuvre pendant près de deux siècles…

Eugène Weidmann sur la guillotine, dernière exécution publique en France, 1939. POPPERFOTO/GETTY IMAGES

Eugène Weidmann sur la guillotine devant la prison de Versailles, dernière exécution publique en France, 1939.
POPPERFOTO/GETTY IMAGES

La « machine destinée à couper la tête des criminels » n’eut pas tout de suite le nom de guillotine. Elle fut tout d’abord nommée la « Louisette », en l’honneur du docteur Louis, le « Moulin à silence », la « cravate à Capet » (après la chute de la monarchie, Louis XVI porta le nom de Louis Capet), le « Raccourcissement patriotique », le « Rasoir national, et, enfin, la « guillotine ».

C’est ce dernier terme qui restera dans l’histoire. Au grand désespoir du docteur Guillotin…

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Cathédrale Notre-Dame de Paris : 9 anecdotes pour mieux comprendre la richesse de ce monument

Monument mythique, la Cathédrale Notre-Dame de Paris est également l’un des plus visités de la capitale. Un édifice commencé au 12e siècle qui a connu de nombreuses transformations, et fut le théâtre d’évènements majeurs de l’histoire de France. Une histoire parfois oubliée, à (re)découvrir à travers ces 9 anecdotes et choses à savoir sur la Cathédrale Notre-Dame de Paris. 

La « forêt » de Notre-Dame

Les charpentes du choeur et de la nef de Notre-Dame sont parmi les plus anciennes de Paris (fin 12e – début 13e siècle). Elle est appelée « la Forêt » car la totalité de cette charpente représente l’équivalent d’une forêt de chênes de 21 hectares. Chaque poutre provenait d’un arbre différent.

Les Rois décapités

galerie rois notre dame

Au-dessus des portails s’étend la galerie des rois, 28 statues qui représentent les rois de Juda, ancêtres de Marie. Pensant qu’il s’agissait des Rois de France, la Révolution française a fait tomber ces statues et les a décapitées ! Remplacées par des copies lors des travaux de restauration du monument au 19e siècle, les têtes d’origine sont aujourd’hui visible au Musée du Moyen-Âge.

L’histoire de la Bible

Les trois portails de la façade principale (façade ouest) sont décorés de statues et sculptures. Ils racontent l’histoire de la Bible et celle des chrétiens, permettant ainsi aux croyants qui ne savaient pas lire d’apprendre ces histoires.

Exemples sur le portail central (Portail du Jugement) :

portail jugement dernier notre dame

L’archange Michel pèse les âmes des morts qui sont conduits soit vers le Paradis (à la droite du Christ) soit vers l’Enfer. Un petit démon triche pour influencer le verdict.

portail jugement

En-dessous, les morts ressuscitent et sortent de leur tombe.

Vidéo : les légendes des portails de la cathédrale Notre-Dame de Paris

À noter qu’au Moyen-Âge, une très grande partie de la façade et de ces statues était peinte pour mieux mettre en scène ces histoires. 

Les portes diaboliques de Notre-Dame

Les portes de Notre- Dame de Paris sont décorées de pentures (pièces de ferronnerie fixées sur la porte)  d’une exceptionnelle beauté. Un travail réalisé au 13e siècle par le jeune ferronnier Biscornet.

legende biscornet notre dame

Une légende raconte que l’artisan, face à l’ampleur de la tâche et à la complexité du projet, aurait vendu son âme au diable pour achever le travail. Mais le jour de l’inauguration, il fut impossible d’ouvrir les portes, et elles ne s’ouvrirent qu’après avoir été badigeonnées d’eau bénite…

À l’origine, la porte principale, réservée aux cortèges religieux et au Saint-Sacrement, ne possédait pas de décoration. Le diable n’aurait en effet pas osé y toucher !

Le renouveau de Notre-Dame

Très abimée pendant la Révolution française, transformée en entrepôt puis en Temple de la Raison, la Cathédrale a été rendue au culte catholique romain le 18 avril 1802. Menacée de destruction, on doit sa première sauvegarde à Napoléon, qui a choisi Notre-Dame pour la cérémonie de son sacre le 2 décembre 1804. 

Jacques-Louis David, Le Sacre de Napoléon

Jacques-Louis David, Le Sacre de Napoléon

Restée par la suite dans un état de délabrement très important, c’est le roman de Victor Hugo Notre-Dame de Paris, publié en 1831, qui rappellera au parisien la richesse de son patrimoine.

Grâce au succès de ce roman, la restauration générale du monument fut décidée, confiée à partir de 1845 à Viollet-le-Duc.

Chimères

Ne pas confondre gargouilles et chimères. Les gargouilles sont les extrémités de gouttières destinées à rejeter les eaux de pluie. Les chimères, elles, sont de simples décors.

chimeres notre dame viollet le duc

Éléments les plus connus – et parmi les plus symboliques – de la Cathédrale, elles n’existaient pas au Moyen-Âge. Un bestiaire fantastique qui est une pure création de l’architecte Viollet-le-Duc.

Viollet-le-Duc et Saint Thomas

La flèche de la Cathédrale date également de la rénovation du monument par Viollet-le-Duc. Douze apôtres entourent cette flèche, dont Viollet-le-Duc lui-même, qui s’est fait représenter sous les traits de saint Thomas, et contemple son oeuvre. 

Souvenirs de l’Île de la Cité médiévale

Lors de la construction de la Cathédrale au 12e siècle fut décidé un nouveau plan d’urbanisme devant le monument. La rue Neuve-Notre-Dame fut percée dans l’axe du portail central, bordée de maisons et chapelles. Une rue détruite lors des travaux Haussmanniens dont le tracé est visible sur le parvis. Vous pouvez également observer l’emplacement de vieilles enseignes et d’une petite rue qui la rejoignait (rue de Venise).

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Le point Zéro des routes de France

Le point zéro des routes de France, commencement de toutes les routes du pays, est également visible sur le parvis de Notre Dame.

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La Cour du Commerce-Saint-André, la guillotine et l’Ami du Peuple

Au coeur de Saint-Germain-des-Près, la très jolie Cour du Commerce-Saint-André offre tout ce que le vieux Paris a de plus charmant. Une voie piétonne, des pavés irréguliers, de vieilles anciennes de magasins… Une rue qui regorge également de souvenirs peu connus du grand public, et dont l’histoire a été très fortement marquée par la Révolution française. 

La Cour du Commerce-Saint-André et la guillotine

Au n°9 de la Cour du Commerce-Saint-André se trouvait l’atelier de l’artisan Tobias Schmidt, fabricant de clavecins et de pianos. C’est ici qu’à été fabriquée et pour la première fois expérimentée la guillotine, en 1792.

Pour éviter des tortures inutiles aux condamnés et rendre chaque citoyen égal en matière d’exécution capitale, l’Assemblée adopta en 1791 la décapitation comme seule peine de mort. Restait à trouver avec quel instrument, dont la conception fut confiée à Joseph-Ignace Guillotin, député de Paris, et le médecin du Roi Antoine Louis.

Après avoir dessiné différents plans, ils feront réaliser un prototype par l’artisan Tobias Schmidt, dont l’atelier se trouvait au n°9 de la Cour du Commerce-Saint-André. C’est ici qu’eut lieu en avril 1792 la première expérimentation de la guillotine, d’abord sur des mottes de paille puis… sur des moutons vivants. Une première expérience (fructueuse) qui permettra d’apporter quelques retouches à l’instrument, et, après un dernier test sur des cadavres à la prison de Bicêtre, la première exécution à la guillotine eut lieu place de Grève le 25 avril 1792.

L’imprimerie de L’Ami du Peuple

Juste à côté, au n°8 de la Cour du Commerce-Saint-André, se trouvait l’une des imprimeries (il y en a eu plusieurs entre 1789 et 1792) du journal politique le plus influent de la Révolution française : l’Ami du Peuple, créé et publié par Jean-Paul Marat. 

8 cour du commerce saint andre

Les autres éléments remarquables de la Cour du Commerce-Saint-André

D’autres lieux remarquables sont à découvrir. Le premier est le restaurant situé au n°4, à l’intérieur duquel vous pouvez voir le vestige d’une tour de l’enceinte Philippe-Auguste. Côté rue Saint-André-des-Arts, une partie de la Cour est surmontée d’une verrière, construite en 1823 sur le modèle des passages couverts.

photo cour commerce saint andre

Se trouve également dans cette rue le mythique café Procope, fondé en 1684, fréquenté par les Encyclopédistes des Lumières tels que Voltaire, Rousseau, d’Alembert et Montesquieu, et où se réunissaient pendant la Révolution française les grandes figures politiques comme Robespierre, Danton et Marat.

À noter enfin qu’en 1875, une partie de la Cour du Commerce-Saint-André fut détruite lors du prolongement du boulevard Saint-Germain. Des travaux qui ont emporté la maison située au n°20, où habitait Danton. La statue que vous pouvez observer à la sortie de la Cour (place Henri Mondor) occupe l’emplacement exact de cette ancienne maison. 

Un lieu rempli d’histoire(s) !