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jeanne darc statue paris

L’histoire secrète de la statue de Jeanne d’Arc

La statue équestre de Jeanne d’Arc, située place des Pyramides dans le 1er arrondissement, est l’une des plus célèbres de la capitale. Une statue qui depuis sa création au 19e siècle a toujours été un symbole politique, mais dont l’histoire est méconnue. En effet, ce n’est plus la statue d’origine que l’on voit aujourd’hui, remplacée secrètement par son créateur !

En 1870, à la suite de la défaite humiliante de la France contre la Prusse, la Troisième République, nouvellement proclamée, cherche à redonner fierté et espoir au peuple français. Et quel symbole plus fort que celui de Jeanne d’Arc, héroïne nationale et personnification de l’unité nationale ?

La décision est prise de lui élever une statue équestre – privilège réservé en France aux souverains et aux chefs militaires, tous masculins – à quelques mètres de l’endroit où elle fut blessée lors de sa tentative ratée de la prise de Paris en 1429. On fait appel au sculpteur le plus en vogue du moment, Emmanuel Frémiet, pour réaliser la statue, qui est inaugurée place des Pyramides en 1874.

Première statue,1880

Première statue,1880

Mails très vite, la réalisation est critiquée. Le sculpteur, qui travaille à la seconde statue qu’il doit livrer à la ville de Nancy, décide de modifier le cheval pour cette autre version. Et, vexé par les remarques négatives, il réalisa secrètement dans son atelier une nouvelle statue équestre destinée à la place des Pyramides. Mais comment la remplacer sans être vu ?

En 1898, lors des travaux de construction du métro, la statue doit être temporairement enlevée. Une opportunité unique pour Frémiet qui, à ses frais et sans rien dire à personne, remplace l’ancienne sculpture par la nouvelle. Et la recouvre d’une patine dorée pour mieux dissimuler la substitution !

Deuxième statue, remplacée en toute discrétion par Frémiet

Deuxième statue, remplacée en toute discrétion par Frémiet

C’est ainsi que la statue que vous pouvez admirer aujourd’hui n’est pas la même que celle qui a été posée à l’origine au centre de la place…

Artsper, l’art contemporain accessible à tous

Qui n’a jamais eu envie d’acquérir une œuvre d’art contemporain, mais n’a jamais osé pousser la porte d’une galerie ? Réservées à un public d’initiés, les galeries d’art peinent à se démocratiser, alors qu’un public de plus en plus large, qu’il soit amateur d’art ou simple curieux, est à la recherche d’œuvres originales. 

artsper

C’est en partant de ce constat qu’a été créé Artsper, une plateforme en ligne qui vous permet d’acheter peintures, photographies et sculptures sélectionnées parmi plus de 1.000 galeries à travers l’Europe. 

55.000 œuvres à portée de clics

Pousser la porte d’Artsper, c’est découvrir plus de 55.000 créations, et la possibilité d’acheter des œuvres d’artistes confirmés ou de talents en devenir. Si certaines nécessitent une bourse bien remplie, d’autres ne dépassent pas les 200 euros. Planches de Philippe Geluck, tableaux du Street-Artist Jérôme Mesnager ou encore œuvres de Keith Haring, les grands noms de l’art contemporain sont disponibles sur Artsper. 

Mais ce qui distingue Artsper des autres galeries en ligne est la quantité formidable d’œuvres d’étoiles montantes proposées à la vente. L’opportunité pour les novices qui n’ont pas un budget illimité d’investir dans un artiste à un prix raisonnable tout en se faisant plaisir. Et de décorer son appartement avec une œuvre unique et originale. 

Toutes les œuvres bénéficient d’ailleurs d’une double expertise professionnelle : celle de la galerie partenaire et celle d’Artsper. Chaque œuvre dispose d’un maximum d’informations (dimensions, signature, technique, tirage unique ou en plusieurs exemplaires…), et la plupart sont accompagnées d’un certificat d’authenticité attestant de leur originalité. 

En offrant au grand public un accès simplifié à l’art contemporain, Arstper réinvente le plaisir de l’achat d’œuvre d’art. Vous pourrez au choix passer des heures à dénicher la perle rare, faire une folie en achetant une pièce de l’un de vos artistes favoris, ou vous laisser guider par vos coups de cœurs. 

Le plus dur, au final, sera de choisir !

enseigne rue galande

La sculpture de la rue Galande, plus vieille enseigne de Paris

La rue Galande, ancienne voie romaine qui conduisait vers Lyon et Rome, fut longtemps l’une des plus belles rues de la capitale. S’il n’en reste aujourd’hui qu’un court tronçon, on peut encore y voir une petite sculpture du 14e siècle représentant la légende de Saint-Julien l’Hospitalier. C’est la plus vieille enseigne de Paris.

Sur la façade du 42, rue Galande, dans le 5e arrondissement, vous pouvez voir un bas-relief en pierre du 14e siècle encastré dans la façade. Mentionnée en 1380, cette sculpture représente un épisode la vie de Saint Julien, dont l’histoire légendaire était très populaire au Moyen Âge. L’origine de cette enseigne reste un peu floue. On a longtemps pensé qu’elle venait de l’église Saint-Julien-le-Pauvre, à quelques mètres de là, avant de trouver des documents évoquant en 1380 « la maison où au-dessus est l’enseigne de Saint Julien ». Une chose est sûre, elle est aujourd’hui considérée comme la plus vieille de Paris !

bas relief rue galande

La légende de Saint Julien

Julien, jeune homme riche et noble, chassait un cerf lorsque celui-ci s’arrêta et lui dit : « Toi qui me suis, tu tueras ton père et ta mère ». Étonner d’entendre un cerf lui parler, et surtout dérouté par le message, il quitta sa famille et s’exila. Mais ses parents le recherchèrent, et finirent par le retrouver. Ils arrivèrent chez lui un soir où il était absent, et furent accueillis par la nouvelle femme de Julien. Lorsqu’il rentra chez lui, Julien trouva dans le lit conjugal un homme et une femme. Pensant découvrir sa femme et son amant, il les tua tous les deux. Sa femme, par courtoisie, avait en fait offert à ses beaux-parents leur lit pour la nuit. Julien venait de tuer son père et sa mère. La prédiction du cerf s’était réalisée.

Désespéré, il s’exila à nouveau, accompagné de sa femme, et décida d’être le serviteur des malheureux pour gagner le pardon de Dieu. Installés près d’une rivière, ils rencontrèrent un jour un lépreux qui leur demanda l’hospitalité avant d’être transporté de l’autre côté de la rive. Une fois sur la barque , une auréole apparut sur la tête du lépreux, qui était en fait le Christ venu apporter à Julien la rémission de ses péchés. 

C’est cet épisode sur la barque que raconte l’enseigne de la rue Galande. 

enseigne rue galande

Cette légende de Saint-Julien l’Hospitalier a également été rendue célèbre par Flaubert qui a repris cette histoire dans son recueil de nouvelles Trois Contes. C’est aussi à Saint-Julien l’Hospitalier qu’est dédiée la très belle église Saint-Julien-le-Pauvre, l’une des plus vieilles de Paris, que vous pouvez visiter à quelques mètres de la rue Galande. 

rue de la colombe

La légende de la rue de la Colombe

Dans l’Île de la Cité, la rue de la Colombe doit son nom à une histoire d’amour entre deux colombes qui auraient vécu ici au 13e siècle. Une légende que nous rappellent les sculptures et bas-reliefs visibles sur la vieille maison située au n°4 de la rue.

colombe ile de la cite

À l’emplacement du n°4 de la rue de la Colombe se trouvait au 13e siècle une maison où logeait un sculpteur Breton qui travaillait à la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et avait apprivoisé un couple de colombes. Un jour, probablement à la suite d’une inondation de la Seine, la maison s’effondra, et les colombes furent prisonnières des décombres. Seul le mâle réussit à s’échapper.

Plusieurs fois par jour, celui-ci allait chercher des graines dans Paris pour nourrir sa compagne, et lui faisait boire de l’eau de la Seine à l’aide d’un brin de paille. Ce spectacle émut les habitants du quartier, qui s’unirent pour libérer la femelle.

Le jour de leurs retrouvailles, les oiseaux s’élevèrent dans le ciel et exécutèrent une danse pour remercier ceux qui les avaient sauvés.  

legende rue de la colombe paris

Légende ou réalité ? Cette histoire s’est transmise au Moyen-Âge de générations en générations, et, jusqu’au 16e siècle, de jeunes mariés parisiens venaient se jurer fidélité dans cette rue. Une pratique qui fut par la suite interdite par l’église Notre-Dame, qui y voyait du paganisme.

À voir également rue de la Colombe

Le commerce situé au rez-de-chaussée de l’immeuble, qui est aujourd’hui un bar à vin, fut l’un des plus célèbres cabarets de Paris dans les années 50. C’est ici que le cabaretier Michel Valette fit débuter,  de 1954 à 1964, plus de 200 artistes et comédiens dont Guy Béart, Pierre Perret, Jean Ferrat, Anne Sylvestre, ou encore Georges Moustaki.

Au n°6 de la rue, vous pouvez également voir sur la chaussée le tracé de la première enceinte de Paris, élevée en 276 lors de la grande invasion des Barbares. 

enceinte philippe auguste ile de la cite 

Découvrez toutes les légendes de l’Île de la Cité lors d’une visite guidée.

maison nicolas flamel

Les plus vieilles maisons de Paris

Les plus vieilles maisons de Paris offrent un véritable voyage dans le temps, où chaque architecture raconte à sa manière un bout d’histoire de la capitale. La plus vieille d’entre elles, qui date du début du  15e siècle, doit aussi sa renommée à son illustre propriétaire, l’alchimiste Nicolas Flamel. Les autres sont un fabuleux témoignage du vieux Paris, dont il ne reste malheureusement que très peu d’exemples encore visibles aujourd’hui.

N° 11 et 13 rue François Miron

Dans le Marais, vous pouvez découvrir deux superbes maisons à pignon typiques du vieux Paris, qui dateraient du 15e siècle. Elles ont été entièrement restaurées en 1967 pour faire réapparaitre les pans de bois, les boutiques de style médiéval ainsi que les pignons.

Avant et après les travaux de 1967

Avant et après les travaux de 1967

Après le gigantesque incendie qui ravagea Londres en 1666, une ordonnance obligea les parisiens à recouvrir leurs façades de plâtre pour limiter la propagation du feu, et les pignons sur rue, qui favorisaient également les incendies, furent interdits. Recouvertes d’enduit, ces façades furent donc cachées aux yeux des parisiens pendant 3 siècles. 

3 rue Volta 

Autre superbe exemple de vieux bâtiment : le 3 rue Volta, dans le quartier des Arts et Métiers. Cette maison date du milieu du 17e siècle.

En 1950 et aujourd'hui

En 1950 et aujourd’hui

Remarquez la margelle, rebord de fenêtre qui séparait la boutique de la rue. À l’origine, la baie où se trouve aujourd’hui le vitrage était fermée la nuit par deux volets horizontaux. Le jour, le volet du haut formait un auvent, celui du bas une table où le commerçant étalait sa marchandise. 

51, rue de Montmorency

Non loin de la rue Volta, la maison du 51 rue de Montmorency est officiellement reconnue comme la plus vieille de Paris. Construite par Nicolas Flamel en 1407, elle est d’autant plus célèbre que son propriétaire, selon la légende, aurait découvert le secret de la pierre philosophale, et transformé du plomb en or. 

maison nicolas flamel

Explication moins fantastique de sa richesse, Nicolas Flamel avait épousé en 1355 Dame Pernelle, qui possédait une importante fortune. À la mort de sa femme, il fit construire la maison de la rue de Montmorency, et offrit gîte et couverts aux ouvriers pauvres, maraichers et laboureurs, qui travaillaient dans les terrains environnants, comme nous le rappelle la gravure visible sur la façade :

« Nous homes et femes laboureurs demourans ou porche de ceste maison qui fut faite en l’an de grâce mil quatre cens et sept somes tenus chascun en droit soy dire tous les jours une paternostre et un ave maria en priant Dieu que sa grâce face pardon aus povres pescheurs trespasses Amen »

impasse rue vignoles

Balade dans le 20e arrondissement (quartier de Charonne)

Quartier populaire réaménagé – avec plus ou moins de succès – tout au long du 20e siècle, Charonne a conservé quelques traces de son passé de faubourg parisien, apprécié pour son exposition à flanc de colline et sa vie champêtre jusqu’à son annexion à Paris en 1860. Hors des sentiers battus, cette balade vous propose de partir à la découverte des charmes méconnus de ce joli quartier (balade à faire par exemple avant ou après la visite du cimetière du Père-Lachaise).

- Départ métro Alexandre Dumas (ligne 2). Descendre le boulevard de Charonne et tourner à gauche rue Alexandre Dumas.

Au 79 Rue Alexandre Dumas se trouve l’église Saint-Jean-Bosco, l’une des plus belles églises du 20e siècle à Paris.

eglise saint jean bosco paris

Construite dans les années 30, elle propose une magnifique décoration faite de mosaïques, fresques, vitraux et ferronneries. Témoignage des recherches artistiques et architecturales de l’art déco dans l’entre-deux-guerres, c’est un lieu sacré original et méconnu.

- Prendre la rue Planchat et tourner à gauche rue des Vignoles

Ce nom provient d’un vieux chemin bordé de vignobles. En parcourant la rue, vous découvrirez une quinzaine d’impasses construites pour les ouvriers et artisans du quartier. Toutes datent d’après l’annexion en 1860.

impasse rue vignoles

- Arrivé rue des Orteaux, prendre à gauche puis continuer rue de la Réunion.

Juste avant le cimetière du Père-Lachaise se trouve le Jardin Naturel Pierre-Emmanuel.

mare jaridn naturel paris

Jardin de plantes sauvages caractéristiques des milieux naturels d’Île-de-France, cet espace vert respecte les équilibres écologiques et les cycles naturels. Un joli petit jardin idéal pour une petite pause avant de continuer la balade.

- Reprendre la rue de la Réunion et tourner à gauche rue de Bagnolet. Marcher 500 mètres environ jusqu’à la place Saint-Blaise.

Vous vous trouvez devant l’église Saint-Germain de Charonne, dont la construction mélange des architectures du 13e, 15e et 18e siècles. Particularité unique, cette église est la dernière de Paris, avec l’église Saint-Pierre de Montmartre, à avoir conservé son cimetière paroissial. 

photo rue saint blaise paris

Prenez ensuite la rue Saint-Blaise. Le premier tronçon de cette rue a été préservé des bouleversements du quartier, et offre une jolie vision de l’ancien village de Charonne, dont elle était la rue principale.

- Prendre la rue Riblette puis tourner à gauche rue des Balkans jusqu’au Jardin de l’Hospice Debrousse.

La rue Riblette fait partie des plus vieilles rues du village de Charonne.

Arrivé dans le jardin, vous pouvez voir le Pavillon de l’Ermitage, seul vestige encore visible du Château de Bagnolet, superbe propriété acquise par la Duchesse d’Orléans (fille de Louis XIV et de la marquise de Montespan) en 1719. Il propose aujourd’hui des expositions et visites commentées (voir les horaires et périodes d’ouvertures).

pavillon ermitage

 

Fin de la balade. Si vous souhaitez continuer à découvrir le quartier, ne manquez pas la Campagne à Paris (porte de Bagnolet).

place de lestrapade paris

Le passé cruel (et insoupçonné) de la charmante place de l’Estrapade

À quelques pas du Panthéon, la place de l’Estrapade fait partie de ces petites places parisiennes aux charmes simples. Une fontaine entourée de Paulownias offre une halte paisible aux passants, qui peuvent profiter sur un banc de l’agréable atmosphère du quartier. Un cadre qui nous fait oublier le passé barbare de cette place, que nous rappelle pourtant son nom : l’estrapade était en effet jusqu’au 18e siècle l’un des supplices les plus cruels infligés aux condamnés !

Située à l’origine en bordure extérieure de l‘enceinte Philippe-Auguste, la place de l’Estrapade accueillit jusqu’en 1687 ce châtiment. Probablement empruntée à l’Italie, cette torture consistait à hisser un condamné au sommet d’une potence les mains liées dans le dos, et à le faire tomber plusieurs fois de suite violemment à une courte distance du sol. Un supplice qui, quand il ne tuait pas, provoquait de fatales dislocations des membres et déchirures des ligaments… 

estrapade

Bibliothèque Nationale de France

 

Destinée aux soldats déserteurs et aux voleurs, cette torture eut lieu place de l’estrapade jusqu’en 1687, utilisée également contre les protestants lors de la crise religieuse du 16e siècle.

Aujourd’hui, plus rien ne rappelle le cruel souvenir de cette place. Au contraire, c’est l’une des plus jolies du Quartier Latin !

 

Pour continuer votre découverte du quartier, vous pouvez suivre cette balade dans le quartier Mouffetard, visiter l’église Saint-Étienne-du-Mont, où se trouvent les reliques de sainte Geneviève, ou encore découvrir les Arènes de Lutèce, l’un des derniers vestiges gallo-romains à Paris. 

mur des federes

Les traces encore visibles de la Commune de Paris

La Commune de Paris, qui a eu lieu du 18 mars au 27 mai 1871, est un épisode historique majeur de la fin du 19e siècle. Si vous souhaitez vous replonger dans cette longue histoire, quelques lieux à Paris ont gardé le souvenir de cette période, notamment de la « semaine sanglante », dernière semaine de l’insurrection où les combats entre les troupes du gouvernement installé à Versailles et les Communards ont fait plus de 20.000 morts. 

Rue Haxo : la villa des otages

villa des otages rue haxo

Aux derniers jours de la semaine sanglante, les troupes versaillaises avaient enfoncé la plupart des barricades et sévèrement réprimé les rebelles parisiens. Les communards ne tenaient plus que quelques quartiers de l’est de la capitale.

Le 26 mai, 52 otages extraits de la prison de la Roquette, dont 34 gendarmes et 11 prêtres et pères Jésuites, furent conduits au 85 de la rue Haxo (20e arrondissement), dans un ancien café-concert qui servait à la Commune de dernier poste de commandement.  En réponse aux massacres des Versaillais, ils furent tous tués. La plaque « villa des otages » du 85 rue Haxo rappelle cet évènement. Au cimetière de Belleville, tout proche, vous pouvez voir une stèle posée à l’endroit où ces otages furent enterrés.

À quelques pas de la rue Haxo, arrêtez-vous au 51 rue du Borrégo. Vous apercevrez à travers la grille une porte de prison. Après avoir racheté les terrains en 1872,  les Jésuites achetèrent cette porte lors de la démolition de la prison de la Roquette et la posèrent ici en souvenir du massacre. Au 81 rue Haxo, l’église Notre-Dame-des-Otages rappelle également cet épisode de la Commune de Paris.

Cimetière du Père-Lachaise : le mur des Fédérés 

Dans le cimetière du Père-Lachaise, le mur des Fédérés est sans doute l’un des plus importants lieu de mémoire de la Commune de Paris, symbole de lutte pour les libertés.

mur des federes

Après les évènements de la rue Haxo, les Communards durent se retrancher dans le cimetière du Père-Lachaise, dernier bastion de l’insurrection. Le 27 mai, le cimetière fut un gigantesque terrain de combat, où les fédérés (nom donné aux soldats de la Commune), faute de minutions, se battaient à l’arme blanche au milieu des sépultures. La victoire acquise, les Versaillais fusillèrent sur un mur 147 combattants, jetés dans une fosse commune avec les autres morts au combat. Le mur des Fédérés, qui n’a pris ce nom qu’une quinzaine d’années après les évènements, est à l’emplacement de cette exécution. La plaque commémorative fut posée en 1908.

En face du mur, vous pouvez voir la tombe de Jean-Baptiste Clément, élu du 18e arrondissement pendant la Commune de Paris et auteur de la célèbre chanson le Temps des Cerises.

Voir aussi les histoires et anecdotes des tombes du Père-Lachaise.

Église Saint-Paul-Saint-Louis

Dans le Marais, à l’intérieur de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, vous pouvez voir une curieuse inscription sur le deuxième pilier à droite en entrant dans l’édifice : « République française ou la mort »

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On sait peu de choses sur ce message révolutionnaire, si ce n’est qu’il est l’oeuvre d’un Communard qui, ayant entendu que les Versaillais entraient dans Paris, aurait partagé ses convictions républicaines à l’intérieur de l’église.

En savoir plus sur ce message révolutionnaire de l’église Saint-Paul-Saint-Louis.

Basilique du Sacré-Coeur

Le 18 mars 1871, l’armée fut envoyée par le gouvernement d’Adolphe Thiers pour récupérer des canons entreposés au sommet de la butte Montmartre. Les parisiens, se sentant humiliés par les préliminaires de paix signées avec les allemands quelques semaines plus tôt, refusèrent d’être privés de leurs canons, payés par le peuple à la suite d’une souscription populaire pendant la guerre franco-allemande et le siège de la ville. Une émeute éclata, considérée comme le point de départ de la Commune de Paris. 

champ des polonais commune de paris

À l’emplacement de ce soulèvement fut construite la basilique du Sacré-Cœur, décision votée en 1873 par une Assemblée Nationale à majorité conservatrice et royaliste pour instaurer un nouvel « ordre moral » après la Commune de Paris. 

visite guidee montmartre construction sacre coeur

affiche jeux olympqies paris 1924

Les Jeux Olympiques de Paris en 1924

En 1924, Paris organisa la 8e Olympiade de l’ère moderne. Une compétition étalée sur 84 jours (du 4 mai au 27 juillet 1924) qui donnèrent aux Jeux olympiques une nouvelle ampleur. 

Ces jeux furent les derniers de Pierre de Courbertin comme président du Comité International Olympique, qui avait largement contribué à ce que la capitale française, malgré quelques réticences, soit choisie. En effet, les derniers Jeux organisés par Paris, en 1900, n’avaient pas été une grande réussite, noyés par le succès populaire de l’Exposition Universelle organisée la même année. Il souhaitait ainsi, avant de se retirer, replacer Paris parmi les grandes villes mondiales du sport.

Pour la première fois, des épreuves furent commentées en direct à la radio, et 1.000 journalistes accrédités relayèrent dans le monde entier les exploits des sportifs. Autre nouveauté, les Jeux de Paris furent les premiers à organiser une cérémonie de clôture. Le succès fut au rendez-vous, faisant entrer les Jeux dans une nouvelle ère, à la fois populaire, commerciale et médiatique.

La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 1924 eut lieu au Stade Olympique de Colombes (actuel stade Yves-du-Manoir) le 5 juillet 1924 (certaines compétitions, notamment le football, le rugby et le polo avaient déjà commencé). 44 nations étaient représentées. L’Allemagne, ennemie de la Première Guerre Mondiale, ne fut pas invitée.  Sur les  3 089  athlètes en compétition, seulement 135 étaient des femmes.

La délégation française lors de la cérémonie d'ouverture. Le Miroir des Sports.

La délégation française lors de la cérémonie d’ouverture. Le Miroir des Sports.

À cette époque déjà se posait la question des équipements, et des coûts liés à la construction de nouveaux sites olympiques. La plupart des compétitions se déroulèrent dans le stade de Colombes, et en banlieue parisienne dans des infrastructures déjà existantes.

À Paris, le stade Bergeyre, à l’emplacement de l’actuelle butte Bergeyre, accueillit des matchs de football; la piscine des Tourelles (actuelle piscine Georges-Vallerey, 20e arrondissement), la natation; et le Vélodrome d’Hiver l’escrime, la boxe, la lutte, le poids et les altères.  

plan olympiades 1924

Le tennis fit sa dernière apparition à Paris avant d’être réintégré lors des Jeux de Séoul en 1988.  

L’équipe de France présentait l’une des meilleures équipes du monde, avec chez les hommes les célèbres « Quatre mousquetaires » et, chez les femmes, Suzanne Lenglen, qui dominait son sport sans partage depuis 1919. Malheureusement, Suzanne Lenglen dut abandonner, et le français Henri Cochet s’inclina en finale contre l’américain Vincent Richards. Les américains raflèrent la totalité des médailles d’or.

COCHET Henri et BRUGNON Jacques / olympic.org

COCHET Henri et BRUGNON Jacques / olympic.org

Parmi les exploits sportifs les plus célèbres de ces Jeux de 1924 figurent ceux de Johnny Weissmuller, futur interprète de Tarzan. Né en 1904 dans l’actuelle Roumanie, il émigra avec sa famille aux États-Unis à l’âge de sept mois. En 1922, il fut le premier nageur à passer en dessous d’une minute au 100 mètres nage libre avec un temps de 58,6 secondes.

Sélectionné par les États-Unis pour participer aux Jeux mais n’ayant pas la nationalité américaine, il falsifia ses papiers en se faisant passer pour son frère, né sur le sol américain. Il remporta 3 médailles d’or (100m, 400m et 4x200m) et une médaille de bronze avec l’équipe de water-polo.

Avant de rejoindre Hollywood pour incarner Tarzan, Johnny Weissmuller n’a jamais perdu une course en compétition.

CHARLTON Andrew, WEISSMÜLLER John, et BORG Arne / olympic.org

CHARLTON Andrew, WEISSMÜLLER John, et BORG Arne / olympic.org

Le rugby à XV fut pour la dernière fois inscrit au programme des Jeux olympiques. Victime d’un désintérêt général, notamment de la part des nations britanniques, seuls participèrent les États-Unis, la France et la Roumanie.

Lors de la finale qui opposa la France aux États-Unis, les spectateurs du stade de Colombes ne supportèrent pas la défaite de la France 17 à 3. Criant à la triche et à la corruption, l’hymne américain fut sifflé, les vainqueurs sortirent du stade sous la protection de 250 policiers, et le cameraman qui tentait de capter ces images reçut des cailloux de la part du public. Le rugby à XV a depuis disparu des Olympiades.

france etats unis rugby 1924

Les finlandais dominèrent quant à eux l’athlétisme avec 10 médailles d’or. L’exploit le plus mémorable fut celui de l’athlète Paavo Nurmi qui remporta le 1.500 et le 5.000 mètres à deux heures d’intervalle, et en battant à chaque fois le record olympique !

Paavo Nurmi

Paavo Nurmi

En athlétisme toujours, le britannique Eric Liddell, grand favori du 100 mètres, mais aussi Protestant, et fervent croyant, refusa de participer à la finale organisée un dimanche, jour du Seigneur… C’est son compatriote Harold Abrahams qui s’imposa au 100 mètres.  Il remporta néanmoins le 400 mètres, qui n’était pas sa spécialité, mais dont la finale eut lieu… un jeudi !

Cette histoire a inspiré le film « Les chariots de feu », qui a remporté quatre Oscars en 1982. 

Eric Liddell

Eric Liddell

La France finit 3ème avec 13 médailles d’or et un total de 38 médailles, derrière les États-Unis et la Finlande.

Tableau des médailles Paris 1924 / lequipe.fr

Tableau des médailles Paris 1924 / lequipe.fr

Des jeux remplis d’exploits, d’anecdotes sportives, de désillusions et de surprises, comme seul sait en offrir le sport. En espérant qu’il en soit de même pour ceux de 2024 !