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jardin hopital saint louis

Le jardin de l’hôpital Saint-Louis, une réplique de la Place des Vosges

L’hôpital Saint-Louis est une très vieille institution parisienne. Et c’est face au nouvel hôpital construit à partir de 1981 que se cache son plus beau vestige, édifié sur décision du roi Henri IV : le jardin de l’hôpital Saint-Louis.

À la suite de graves épidémies de peste qui ravagèrent Paris en 1605 et 1606, Henri IV décida de construire en dehors de Paris un hôpital pour accueillir les malades contagieux et les éloigner par la même occasion de la capitale. Celui-ci sera nommé « Saint-Louis » en l’honneur du roi que l’on pensait alors mort de la peste (il serait en fait mort de la dysenterie).

La première pierre fut posée en juillet 1607. Pour éviter tout contact avec la population extérieure, l’hôpital et sa cour carrée furent entourés de jardins et murailles. C’est cette ancienne cour centrale qui est aujourd’hui un agréable jardin public dont on peut profiter librement. 

hopital saint louis monument historique

Les rez-de-chaussée servaient de celliers et de magasins tandis que les malades étaient logés aux étages. Derrière ce carré central, les bâtiments en équerre que vous pouvez voir en faisant le tour extérieur du jardin servaient de logement pour le personnel. Des galeries reliaient ces équerres au bâtiment central pour éviter – encore une fois – tout contact avec l’extérieur.

hopital saint louis jardin

Observez enfin l’architecture et le style des quatre grands bâtiments qui entourent le jardin. Les toits en ardoise et les façades où se mélangent brique rouge et pierre de taille rappellent une autre oeuvre majeure d’Henri IV : la place des Vosges. En effet, l’architecte de l’hôpital Saint-Louis, Claude Vellefaux, avait aussi travaillé à la conception de la place royale !

hopital saint louis place des vosges

La chapelle Saint-Louis, ouverte au public le 25 août 1609, était quant à elle destinée à la population des faubourgs autour de l’hôpital.

C’est aujourd’hui un jardin familial où se retrouvent les habitants du quartier. Encore méconnu du grand public, il propose une agréable halte d’histoire et de verdure en plein coeur du 10e arrondissement. 

 

À quelques centaines de mètres de l’hôpital, vous pouvez découvrir la place du Colonel Fabien, où se trouvait, entre autres, le célèbre gibet de Montfaucon

chalet paris rue de meaux

Un chalet savoyard au coeur du 19e arrondissement

Dans le 19e arrondissement, la rue de Meaux, section d’un vieux chemin du 18e siècle qui conduisait de Paris à Meaux, cache une étonnante bâtisse qui a résisté aux bouleversements qu’a connus le quartier tout au long du 20e siècle. Parmi les résidences modernes se cache en effet un chalet aux allures savoyardes, construit pour l’Exposition Universelle de 1867.

Entièrement en bois, ce chalet offre un paysage anachronique en plein milieu de la rue de Meaux, dans un quartier majoritairement composé de grands immeubles modernes et de logements sociaux. Si son histoire est assez difficile à retracer, une chose est sûre : il a été construit lors de l’Exposition Universelle de 1867, année d’inauguration du parc des Buttes-Chaumont voisin. 

chalet 103 rue de meaux

En 2009, ce chalet a été menacé de destruction à la suite d’un héritage. Un promoteur avait proposé de racheter le terrain pour y construire un immeuble de 18 mètres de haut… Heureusement, le locataire de l’époque et les gens du quartier se sont opposés à cette vente et ont fait protéger le chalet par le Conseil de Paris. Définitivement sauvé de la démolition, son balcon a depuis été rénové et une grande partie de sa structure réparée. 

Une curiosité qui fait dorénavant partie intégrante du patrimoine (insolite) parisien !

visiter 19e arrondissement paris

3 raisons (et bien plus) de visiter le 19e arrondissement

Espaces verts, culture et villages cachés : un quartier à l’ambiance très parisienne qui mérite d’être découvert !

À découvrir lors de vos balades dans le 19e arrondissementAu bout de la rue de Meaux se trouve également la place du Colonel Fabien, vieille place parisienne à l’histoire étonnante.

eglise notre dame des victoires

Basilique Notre-Dame-des-Victoires

Dans le 2e arrondissement de Paris, la Basilique Notre-Dame-des-Victoires est une église plutôt discrète. Elle possède pourtant un patrimoine – et une histoire – assez extraordinaire. Tapissée de plus de 37.000 ex-voto – plaques gravées en remerciement d’une grâce obtenue – c’est un véritable lieu de pèlerinage. À l’intérieur se trouve également le tombeau de Jean-Baptiste Lully, surintendant de la musique de Louis XIV.

notre dame des victoires ex voto

En 1629, Louis XIII finance la construction de l’église à condition que celle-ci soit nommée Notre-Dame-des-Victoires, en l’honneur de la victoire française lors de la bataille de la Rochelle. Le bâtiment ne sera achevé qu’en 1740. Sous la Révolution Française, Notre-Dame-des-Victoires fut transformée en siège de la Loterie Nationale, puis en Bourse des valeurs sous le Directoire.

Mozart venait fréquemment prier dans cette église, et le compositeur Jean-Baptiste Lully, qui habitait au 45 rue des Petits-Champs, y fut inhumé. Vous pouvez encore aujourd’hui découvrir son monument funéraire (pillé et saccagé pendant la Commune de Paris, il ne contient plus le corps de Lully). Enfin, parmi les autres éléments remarquables, le chœur présente sept tableaux de Carl Van Loo, peintre de Louis XV.

Mais ce qui donne tout son caractère et son originalité à ce monument, devenu Basilique en 1927, sont les quelques 37.000 ex-voto qui recouvrent l’intérieur. La notoriété de cette basilique comme lieu de pèlerinage en remerciement des grâces vient de sainte Thérèse de Lisieux, l’une des plus grandes saintes du 19e siècle, qui aurait miraculeusement guérie d’une très grave maladie en 1883 après une messe et des prières effectuées dans cette église.

 

À quelques pas de cette église, découvrez la Place des Victoires, l’une des cinq places royales de Paris. 

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Dans l’intimité de la Sorbonne

Née au 13e siècle pour héberger les étudiants venus étudier la théologie, le droit, la médecine et les arts enseignés dans l’Université de Paris, la Sorbonne jouit aujourd’hui encore d’un prestige international. Reconstruite à la fin du 19e siècle, ses principaux amphithéâtres sont le reflet de sa longue et riche histoire. Un fabuleux temple du savoir que le photographe parisien Ludwig Favre a eu le privilège de découvrir lors des vacances scolaires, sans aucun étudiant.

Des amphithéâtres les plus prestigieux à la bibliothèque, un voyage intime au coeur de la Sorbonne qui donne envie de reprendre ses études ! 

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mort pierre curie

6 morts insolites à Paris

Les grands hommes n’ont pas toujours eu une mort digne de leur rang. C’est le cas malheureux de Jean-Baptiste Lully, surintendant de la musique de Louis XIV, ou encore du prix Nobel de physique Pierre Curie. Et bien d’autres, morts à Paris de manière complément insolite.

Jean-Baptiste Lully

lully notre dame des victoires

Jean-Baptiste Lully, surintendant de la musique de Louis XIV, dirigeait en 1687 la répétition du Te Deum pour la guérison du roi. Mécontent de ses musiciens, il s’emporta et frappa énergiquement le sol avec son bâton de direction, lourde tige de fer qui servait à battre la mesure. Il se frappa alors accidentellement l’orteil, et sa jambe s’infecta. Lully mourut de la gangrène dans son domicile parisien (rue des Petits-Champs) le 22 mars 1687.

Ödön von Horváth

Odon Von Horvath plaque

Dramaturge de langue allemande, Ödön von Horváth fut l’auteur de nombreuses pièces et romans, dans lesquels il se moquait notamment de la petite bourgeoisie et du national-socialisme. Qualifié d’auteur dégénéré par le régime nazi, il s’installa à Paris en mai 1938. Le 1er juin, en sortant du théâtre Martigny, où il venait d’assister à une projection de Blanche-Neige de Walt Disney, il est écrasé par la branche d’un marronier arraché par la tempête…

Charles-Valentin Alkan

Un peu tombé dans l’oubli, Charles Valentin Alkan est considéré comme l’un des plus brillants représentants français de l’école de piano romantique, ami de Chopin et de Listz. Alors qu’il était à son domicile de la Daru, dans le 8e arrondissement, il mourut écrasé par sa bibliothèque, qui s’est renversée alors qu’il tentait d’atteindre un volume du Talmud.

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Sa tombe est visible au cimetière de Montmartre (division 3), tout comme celle de la famille Sanson, célèbre famille de bourreaux.

Henri II

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Le 30 juin 1559, pour célébrer la paix avec l’Espagne, des joutes furent organisée par le roi Henri II rue Saint-Antoine. Le roi, de bonne humeur, voulut se mesurer au capitaine de la garde écossaise Gabriel de Montgomery. Au cours du combat, la lance de Montgomery se brisa et plusieurs éclats transpercèrent l’oeil du roi. Henri II mourut à l’hotel des Tournelles – à l’emplacement de l’actuelle place des Vosges – le 10 juillet 1559.

Pierre Curie 

mort pierre curie

Le 19 avril 1906, Pierre Curie, après avoir participé à une réunion de professeurs, se rend chez son éditeur quai des Grands-Augustins. En traversant la rue Dauphine, près du Pont Neuf, et dont le sol était mouillé à cause de la pluie, il se heurta en courant contre le cheval de gauche d’un attelage. Il tomba, et malgré l’effort du conducteur pour arrêter ses bêtes, le prix nobel de physique mourut la tête écrasée par la roue arrière du véhicule…

Franz Reichelt

Le 4 février 1912, l’inventeur Franz Reichelt décida de tester son prototype de costume d’aviateur convertible en parachute du haut de la Tour Eiffel.  Une poignée d’experts, de photographes et de journalistes sont présents pour assister à son saut de 57 mètres de haut. Il hésita longuement avant de sauter…

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Franz Reichelt mourut sur le coup.

enceinte philippe auguste vestige marais

Les vestiges des enceintes et fortifications construites autour de Paris

Tout au long de son histoire, depuis l’époque gallo-romaine jusqu’au début du 20e siècle, Paris a été entouré par des enceintes et fortifications. Des murs qui se sont agrandis au fur et à mesure que la ville – et sa population – se développaient, dont de nombreuses traces sont encore visibles. Découvrez l’histoire de ces enceintes et les vestiges à découvrir lors de vos balades.

L’enceinte gallo-romaine

Pendant l’occupation romaine, Lutèce était habité à la fois sur l’île de la Cité et sur la rive gauche (la rive droite était inhabitable du fait de ses vastes marais). Vers 285, pour fuir les invasions barbares, les habitants de la rive gauche rejoignirent l’île de la Cité, qui offrait, grâce à la Seine, une protection naturelle. Ils doublèrent cette protection par un rempart de pierres, dont une trace est visible sur le sol pavé de la rue des Colombes. 

enceinte paris rue de la colombe

L’enceinte Philippe-Auguste

Avant de partir en croisade, Philippe-Auguste décida de protéger Paris et ses 190.000 habitants – déjà ! – des invasions extérieures. L’enceinte fut commencée en 1190 sur la rive droite, prolongée sur la rive gauche vers 1200, et achevée en 1213. Utilisée pendant plus d’un siècle et demi, elle ne fut pas démolie (sauf ses portes), mais simplement abandonnée. C’est pourquoi il reste autant de vestiges de cette fortification, visibles sur les deux rives de Paris. 

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Promenade sur les traces de l’enceinte Philippe Auguste (fin 12e siècle), dont il reste de nombreux vestiges.

La plus impressionnante – et la plus longue – est celle que vous trouverez rue des Jardins-Saint-Paul, dans le Marais. Des fondations sont également visibles au musée du Louvre, qui était à l’origine une forteresse de cette enceinte.

Rive droite, un imposant vestige se trouve rue Clovis, à quelques pas du Panthéon.

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L’enceinte Charles V & Louis XIII

Pendant la Guerre de Cent-Ans, craignant l’invasion des Anglais, le Prévôt des Marchands Étienne Marcel fit réparer l’enceinte Philippe-Auguste, puis décida de construire sur la rive droite un nouveau mur, prolongé par Charles V et terminé en 1383. La Bastille était à l’origine l’une des portes de ce rempart. 

Louis XIII prolongea cette enceinte vers l’ouest, incluant dans Paris les Tuileries et le faubourg Saint-Honoré. Louis XIV, considérant ce rempart inutile, décida de le raser et de le remplacer par une vaste promenade. Ce sont aujourd’hui nos Grands Boulevards !

S’il ne reste aucune trace visible de cette enceinte, le tracé des Grands Boulevards nous en offre néanmoins un plan précis, à découvrir lors d’une balade sur les Grands Boulevards

Mur des fermiers Généraux

Contrairement aux autres fortifications, les mur des fermiers généraux n’a pas été construit pour protéger la ville des invasions extérieures, mais pour la protéger des… fraudes fiscales. Érigé à partir de 1784, il permettait de récolter des taxes à l’entrée de différentes marchandises (vin,  viande, combustibles…) dans Paris via plus de 50 barrières douanières, portes monumentales construites par Claude-Nicolas Ledoux.

Rotonde Stalingrad

Rotonde Stalingrad

Seules quatre de ces barrières ont subsisté à la démolition du mur en 1860 : La rotonde du parc Monceau (à l’entrée du parc), la Rotonde de Stalingrad (place Stalingrad), la barrière du Trône (colonnes près de la place de la Nation, avenue du Trône), et la barrière d’Enfer (près de la place Denfert-Rochereau, n° 3 et 4 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy. L’une de ces barrières est à l’entrée des Catacombes).

Enceinte de Thiers

L’enceinte de Thiers est la dernière fortification construite autour de Paris. Achevée en 1844, elle englobait alors des communes (Montmartre, La Villette, Bercy, Auteuil…) qui ne seront annexées à Paris qu’en 1860. Ce mur fixera d’ailleurs les limites de la ville lors de  l’agrandissement de Paris à cette même date.

Détruite à partir de 1919, elle a été remplacée par une ceinture de logements sociaux construits dans l’entre-deux-guerres, d’équipements sportifs et de parcs. Les boulevards des Maréchaux occupent quant à eux l’ancienne « rue Militaire » qui longeait ce mur, tandis qu’au-delà, une zone non constructible fut peu à peu occupée par des bidonvilles. Des quartiers peuplés d’ouvriers et de classes laborieuses appelés les… « zonards » !

enceinte thiers paris

Quelques vestiges subsistent (poterne des Peupliers, bastion 1 au milieu de l’échangeur de la porte de Bercy…), mais ils ne présentent malheureusement aucun intérêt.

 

Il n’y a plus de mur aujourd’hui autour de Paris. À moins que la ceinture du périphérique en soit une émanation contemporaine…

opera garnier paris

Promenade sur les Grands Boulevards

Les Grands Boulevards ont toujours été synonymes d’un certain état d’esprit : celui du plaisir et des divertissements. Lieux de vie typiquement parisiens, ils ont connu leur apogée au 19e siècle, époque où se trouvaient alors les cafés les plus élégants de la capitale et les théâtres les plus réputés. C’est également sur les Grands Boulevards que venaient parader les touristes du monde entier venus assister aux Expositions Universelles, ou encore ici que sont apparus tous les accessoires de la ville moderne tels que les lignes de transport en commun, les kiosques à journaux, les urinoirs ou les colonnes Morris… 

Fabuleux catalogue d’architecture, une promenade sur les Grands Boulevards permet aussi de découvrir différents styles et époques, de Louis XVI  à Louis-Philippe, et certains des monuments les plus emblématiques de Paris, comme l’Opéra Garnier. 

Même si les modes ont changé au 21e siècle, et que les Grands Boulevards ne sont plus le centre des plaisirs qu’ils furent autrefois, de nombreuses traces de ce glorieux passé sont à découvrir lors d’une agréable balade depuis la Madeleine jusqu’à République. 

Un peu d’histoire

Construits sous Louis XIV à l’emplacement d’anciens remparts qui entouraient la rive droite de Paris, les Grands Boulevards furent la première grande promenade de la capitale. Sur plus de 4 kilomètres, les parisiens découvrirent les plaisirs de la flânerie à l’ombre des arbres. Dans la partie ouest, la noblesse et la finance firent construire de magnifiques hôtels particuliers, tandis que dans la partie est – appelée boulevard du Crime – s’installèrent de nombreuses attractions populaires. Une effervescence qui attirera des quantités de cafés, salles de spectacles, magasins et galeries, qui feront des Grands Boulevards le symbole de l’art de vivre parisien au 19e siècle. 

grands boulevards 19e siecle

La balade

Débuter la balade place de la Madeleine

eglise de la madeleine

Commencée en 1764, la construction de l’église de la Madeleine s’est arrêtée lors de la Révolution Française. En 1806, Napoléon décida de raser l’édifice et de le remplacer par un Temple de la Gloire dédié à son armée. Inachevé à la chute de l’Empire, le bâtiment sera réaffecté au culte chrétien tout en gardant son style néo-classique. Inauguré en1842, sa construction aura duré près de 80 ans ! 

  • Prendre le boulevard de la Madeleine.

Au n°2 (angle de la rue Caumartin), se trouve le vestige d’un étonnant hôtel particulier construit en 1779 pour Charles-Marin de La Haye des Fossés, fermier général du roi. Le toit était occupé par une terrasse décorée de colonnes, pyramides et arcs de triomphe qui cachaient les tuyaux de cheminée. De plus, deux petits pont chinois permettaient de traverser un ruisseau qui distribuait l’eau dans les salles à manger les bains de l’hôtel. De quoi vous donner une idée du faste et du luxe qui entouraient les hôtels des Grands Boulevards au 18e siècle…

Dessin de l'Hôtel Marin-Delahaye en 1779

Dessin de l’Hôtel Marin-Delahaye en 1779

L’hôtel a depuis été surélevé, et partiellement modifié. Plus rien malheureusement ne subsiste de ces décorations excentriques. 

  • Continuer tout droit jusqu’à l’Olympia

Cette salle de spectacle mythique, qui a accueilli les plus grands artistes français et internationaux, a été créée en 1888 par Joseph Oller, fondateur d’un autre cabaret mythique : le Moulin Rouge. Il installe tout d’abord une montagne russe, qui sera interdite par le préfet de Paris, remplacée en 1893 par salle de spectacle de 2.000 places. Transformé par la suite en cinéma, occupé par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale, L’Olympia sera racheté en 1954 par Bruno Coquatrix, qui en fera le célèbre music-hall. 

14, boulevard des Capucines, au niveau de l’Hôtel Scribe, un écriteau rappelle qu’ici, le 28 décembre 1895, eut lieu la première séance de cinéma en public. C’est dans les sous-sol de l’ancien Grand Café que les frères Lumière, en toute confidentialité, ont présenté à 33 curieux 10 films animés sur un mur. Ce fut le début du cinéma. 

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  • Avancer jusqu’à l’Opéra Garnier.

Monument symbolique du Paris Haussmannien, l’Opéra Garnier est l’oeuvre de l’architecte Charles Garnier, âgé de 35 ans seulement, qui a remporté un concours lancé par Napoléon III en 1861. 

L’une des oeuvres que vous pouvez voir sur la façade, intitulée « La Danse », fut l’une des oeuvres les plus controversées du 19e siècle. Découvrir son histoire 

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  • Avancer jusqu’au 5, boulevard des Italiens.

À savoir :

En 1828 sont nées à Paris les premières lignes de transport en commun, effectués avec des voitures à cheval. L’une des premières lignes, et des plus connues, fut celle appelée « Madeleine-Bastille », qui traversait les Grands Boulevards.

Au 5, boulevard des Italiens, vous pouvez voir un très joli passage couvert, le dernier construit à l’époque d’Haussmann. Reconstruit à l’identique en 1995, c’est un fabuleux témoin de l’âge d’or des passages couverts parisiens

passage des princes paris

Continuez tout droit, et prendre le Boulevard Montmartre. Avancez jusqu’au 11 Boulevard Montmartre.

Vous vous trouvez devant le passage des Panoramas, l’un des tous premiers passages couverts construits à Paris (1799). L’éclairage public au gaz sera expérimenté pour la première fois dans la capitale dans ce passage, en 1817. En face se trouve le passage Jouffroy (1847), premier passage dont la structure est intégralement conçue en métal et en verre.

  • Avancer tout droit jusqu’au Grand Rex (1 Boulevard Poissonnière).

Cette mythique salle de cinéma, qui a ouvert ses portes en 1932, est l’un des plus beaux exemples de l’architecture Art Déco à Paris.

A.hellmann - CC BY-SA 4.0

A.hellmann – CC BY-SA 4.0

Continuer tout droit jusqu’à l‘Arc de Triomphe de la Porte Saint-Denis (Boulevard Saint-Denis)Cette porte, dédiée aux victoires militaires de Louis XIV, a été construite en 1672 sur l’emplacement de l’ancienne fortification détruite pour créer les Grands Boulevards. 

porte saint denis

Vous trouverez quelques dizaines de mètres plus loin la porte Saint-Martin, également construite en l’honneur de Louis XIV, en 1674. 

 

Fin de la balade. Vous pouvez allez boire un verre sur la place de la République, ou profiter de l’agréable atmosphère le long du Canal Saint-Martin.  

place des vosges marais paris

Pourquoi le quartier du Marais s’appelle le « Marais »

L’étymologie du Marais est souvent rattachée à la terre marécageuse sur laquelle ce quartier se serait développé. La réalité historique de ce nom est en fait bien plus subtile, et provient d’un double-sens lexical ! Découvrez l’histoire qui se cache sous l’appellation de « Marais ».

À l’époque préhistorique – il y a environ entre 30.000 à 40.000 ans – la Seine avait deux bras. Celui que nous connaissons aujourd’hui, et un autre, qui partait du bassin de l’Arsenal et décrivait un arc de cercle en passant par le boulevard Beaumarchais, le boulevard du Temple, les rues du Château-d’Eau, Richer, des Petites-Écuries, de Provence, La Boétie, Marbeuf, et rejoignait le premier bras au niveau du pont de l’Alma

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Avec l’avènement d’un climat plus doux, ce bras disparut, laissant derrière lui une vaste zone marécageuse, entretenue par les inondations régulières du lit principal de la Seine, dont les caprices n’étaient pas encore contenus pas des berges. S’il existait bien un « marais » parisien, celui-ci recouvrait alors toute la zone comprise entre la Seine et son ancien bras abandonné.

Cette rive droite fut asséchée à partir du 9e siècle, et commença à se développer. Dans ce que l’on appelle aujourd’hui le quartier du Marais s’installèrent de nombreuses communautés religieuses, ainsi que le pouvoir municipal (actuel Hôtel de Ville) en 1357.  

Pour répondre aux besoins de plus en plus importants en produits agricoles, les paysages marécageux furent alors transformés en jardins maraîchers. Ces terres basses et humides étaient propices à tous les types de culture, et on y retrouvait des vignes, des potagers, des jardins et des cultures céréalières.

L’emploi du terme “marais ”, qui désignait donc à l’origine les marécages formés par l’ancien bras mort de la Seine, fut employé à partir du 13e siècle dans son second sens : terrain consacré à la culture maraîchère. Un double-sens lexical qui porte souvent à confusion, évoquant l’idée d’une eau sale et stagnante plutôt que celle de beaux jardins potagers. Pourtant, c’est bien cette dernière version qui a donné son nom au Marais !

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Au jardin du Ranelagh, le premier vol en montgolfière de l’histoire

Dans la partie la plus chic du 16e arrondissement (où se trouvent notamment la plupart des ambassades et consulats de Paris), le jardin du Ranelagh offre une agréable étendue de verdure où se côtoient arbres centenaires, kiosque à musique et vieux manèges pour enfants. Un jardin dont l’une des allées – l’allée Pilâtre-de-Rozier – rappelle qu’à cet endroit s’est déroulé un évènement majeur de l’histoire : le premier vol habité en montgolfière. 

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Un quartier qui mérite d’être découvert à la fois pour son patrimoine culturel que pour son étonnante architecture.

En avril 1783, les frères Montgolfier font une demonstration publique de leur découverte sur la place principale de la ville d’Annonay, en Ardèche. Les deux hommes sont en effet sur le point de réaliser l’un des rêves les plus fous de l’humanité : voler dans les airs. Devant une foule émerveillée, un ballon gonflé à l’air chaud s’élève à 1000 mètres d’altitude et parcourt 3 kilomètres avant de retomber au sol. Une expérience qui arrive jusqu’aux oreilles de l’Académie Royale des Sciences, qui invite les frères Montgolfier à Paris.

C’est dans la capitale qu’ils rencontrent le physicien Pilâtre de Rozier, intendant des cabinets de physique, de chimie et d’histoire naturelle du Comte de Provence, frère du Roi. C’est à lui que sera confiée la tâche de piloter la machine.

En septembre de la même année, une nouvelle démonstration est organisée à Versailles, devant Louis XVI. Le roi ayant interdit à Pilâtre de Rozier de risquer sa vie lors de ce vol, ce sont un coq, un canard et un mouton qui sont placés dans la nacelle du ballon. Essai concluant, puisque les animaux atterriront 3 kilomètres plus loin, dans la forêt de Vaucresson.

Mais les trois hommes ne souhaitaient pas en rester là, et comptaient bien faire la démonstration d’un vol habité. Dans les jardins de la Manufacture Royale des papiers peints, au niveau du 31 rue de Montreuil actuel, eut lieu le premier vol captif. Retenue au sol par des cordes solides, la Montgolfière s’éleva le 17 octobre 1783 à plus de 100 mètres d’altitude, avec à son bord Pilâtre de Rozier. 

ascension pilatre de rozier cour reveillon

Le 21 novembre, la cour est réunie autour de Louis XVI dans le parc du Château de la Muette, aujourd’hui disparu, remplacé par l’actuel jardin du Ranelagh. À 13h54, Pilâtre de Rozier s’envole, accompagné du Marquis d’Arlandes, qui, grâce à ses relations, réussit à convaincre le Roi d’un vol habité. Pour la première fois, deux hommes s’affranchissent des lois de la pesanteur et s’élèvent dans les airs à plus de 1000 mètres d’altitude !

Jamais personne n’avait vu d’aussi haut les rues, les clochers et les maisons de Paris. Après 25 minutes de voyage, le ballon atterrira sur la Butte-aux-Cailles, dans le 13e arrondissement.

premier voyage montgolfiere

L’allée Pilâtre-de-Rozier, dans le jardin du Ranelagh, nous rappelle qu’ici a commencé la grande aventure de la conquête du ciel !

Le jardin est à quelques pas du musée Marmottan-Monet. À découvrir par exemple avant ou après la visite de ce joli musée impressionniste.