la danse carpeaux

La Danse de Carpeaux (Opéra Garnier), chef-d’oeuvre controversé du 19e siècle

Pavillon de Flore au Louvre, Fontaine de l’Observatoire, portraits de la famille impériale… Jean-Baptiste Carpeaux fut l’un des sculpteurs les plus marquants de la seconde moitié du 19e siècle. Un artiste complet qui, malgré la prédominance de l’art académique sous le Second Empire, imposera sa propre expression artistique, entre exaltation de la vie, naturalisme et style baroque. Et dont le génie s’exprimera à travers l’une des oeuvres les plus scandaleuses de l’histoire de la sculpture au 19e siècle : La Danse.

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En 1863, Charles Garnier, l’architecte du nouvel Opéra de Paris, demande à quatre artistes de réaliser quatre groupes sculptés pour décorer la façade du bâtiment. Pour traiter le thème de la danse, il fait appel à son ami Jean-Baptiste Carpeaux, alors âgé de de 36 ans et qui a intégré la cour de Napoléon III. 

L’artiste multipliera les esquisses et maquettes pendant 3 ans avant de concevoir cette ronde de femmes qui virevolte autour du génie de la danse, lequel orchestre la musique à l’aide d’un tambourin. Un chef-d’oeuvre exprimé par la sensation de mouvement des bacchantes, à la fois naturel et exubérant. Mais cette oeuvre ne sera pas du tout au goût du public, et suscitera polémiques, indignations, et vandalisme !

la danse carpeaux

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 En 1869, La Danse est inaugurée sur la façade du monument, présenté en cours de travaux lors de l’Exposition Universelle de 1867. Le public fut choqué. Comment pouvait-on représenter sur un monument public des femmes nues et si réelles en train de s’amuser ? 

L’opinion publique demanda le retrait de l’œuvre, et Charles Garnier proposa de la déplacer dans le foyer de la danse (salle située à l’arrière de la scène). Mais le corps de ballet de l’Opéra s’y opposa en signant une pétition. Enfin, dans la nuit du 26 au 27 août 1869, une bouteille d’encre fut jetée contre le groupe sculpté.

Une indignation exprimée de manière particulièrement acerbe par Emile Zola, qui voyait dans cette oeuvre les mauvaises moeurs de la cour impériale et des milieux dirigeants :

« Le groupe de M. Carpeaux, c’est l’Empire ; c’est la satire violente de la danse contemporaine, cette danse furieuse des millions, des femmes qui vendent et des hommes vendus. Cette façade bête et prétentieuse du nouvel Opéra, au beau milieu de cette architecture bâtarde, de ce style Napoléon III, honteusement vulgaire éclate le symbole vrai du règne ».

Finalement, c’est la guerre de 1870 puis la mort de l’artiste en 1875 qui mettront fin à la polémique. L’original sera transféré au Louvre en 1964 pour le protéger de la pollution, puis atterrira au Musée d’Orsay en 1986, où il reste encore visible aujourd’hui. Sur la façade de l’Opéra, c’est une copie réalisée par le sculpteur Jean Juge, commanditée par Paul Belmondo, que peut admirer le public.

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Un public qui,  aujourd’hui paisiblement assis sur le marches du monument, est bien loin du choc provoqué au 19e siècle…

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