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8 histoires et anecdotes sur l’Opéra Garnier

Symbole du Second Empire et des transformations qui ont profondément marqué Paris pendant cette période, celui qui fut appelé “l’Opéra de Paris” jusqu’à la naissance de son petit frère à Bastille en 1989 est aujourd’hui un monument incontournable de la capitale. Un patrimoine riche d’histoires et d’anecdotes, qui contribuent à la renommée de ce haut lieu culturel parisien.

L’attentat contre Napoléon III

Un fait tragique est à l’origine de la naissance de l’opéra. Le 14 janvier 1858, Napoléon III se rend à l’opéra, alors situé rue Le Peletier, dans l’actuel 9e arrondissement. Lorsque son carrosse se gare, plusieurs bombent explosent, atteignant chevaux et cavaliers. Si le couple impérial s’en sortira indemne, malgré quelques égratignures, il y aura huit morts et plusieurs blessés lors de cette attentat perpétré par un révolutionnaire italien, Felice Orsini, et plusieurs complices.

Le lendemain, l’Empereur décide la construction d’un nouvel opéra, d’où il pourrait se rendre facilement, et à moindre risque, depuis sa résidence des Tuileries.

Charles Garnier, l’inconnu

En 1860 est lancé un concours international – anonyme – pour l’édification de l’Académie impériale de musique et de danse. 171 candidats répondent à l’appel, dont l’architecte de la Ville de Paris, Rohault de Fleury, ainsi que Viollet-le-Duc. C’est finalement un jeune homme inconnu de 35 ans, Charles Garnier, qui remporte le concours. Il y consacrera toute son ardeur d’artiste romantique emprunt d’académisme.

L’avenue de l’Opéra

Pour pouvoir se rendre à l’Opéra depuis sa résidence des Tuileries, Napoléon III demande au préfet Haussmann de créer l’avenue de l’Opéra, laquelle ne s’inscrivait pas à l’origine dans les nouveaux plans d’urbanisme.

Charles Garnier, ravi qu’une si belle perspective mette en valeur son monument, ne demande qu’une chose : qu’aucun arbre ne soit planté sur les bordures de l’avenue, pour que rien ne puisse troubler la vue des passants ! C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui encore, vous ne trouvez aucun arbre sur cette avenue.

Le lac sous l’opéra

Si des restrictions financières ralentissent l’aboutissement du projet, ce sont également des contraintes techniques et inattendues qui mettent à mal l’architecte. En effet, pendant les fouilles préalables à la construction est découvert un sol particulièrement impropre et marécageux.

Pour résister à la pression des eaux d’infiltration et mieux repartir les charges du bâtiment, un cuvelage en béton rempli d’eau est réalisé par Charles Garnier. Un “lac” qui alimentera l’imaginaire collectif, notamment celui du célèbre fantôme de l’Opéra, et qui sert aujourd’hui de réservoir pour les pompiers de Paris.

Une oeuvre-d’art bien gardée

La première pierre de l’opéra fut posée en 1862, mais les travaux durèrent plus de 15 ans, à cause de restrictions budgétaires, de la guerre franco-prussienne et de la Commune de Paris.

Pendant la durée des travaux, des échafaudages masquaient la façade de l’opéra pour ne pas trahir le travail des artistes. Un édifice considéré par Garnier comme une véritable oeuvre-d’art, qui souhaitait ainsi susciter la curiosité des parisiens en ne dévoilant la façade que par étapes.

Le scandale de La Danse de Carpeaux

En 1869, les groupes sculptés de la façade de l’opéra sont découverts. L’un d’entre eux, réalisé par Jean-Basptiste Carpeaux, et représentant des femmes tournoyant avec ivresse et gaieté autour du génie de la Danse, fait scandale. Dans la nuit du 26 au 27 août 1869, une bouteille d’encre fut jetée contre ce groupe sculpté.

C’est une copie qui est aujourd’hui visible sur la façade de l’opéra, l’oeuvre d’origine étant exposée depuis 1986 au musée d’Orsay.

Charles Garnier humilié

Le 5 janvier 1875, l’Opéra est inauguré. Napoléon III, exilé en Angleterre et mort en 1873, ne vit jamais l’achèvement de son oeuvre. Le gouvernement présidé par le très conservateur Mac Mahon souhaite effacer toute trace du Second Empire. C’est ainsi que, pour l’inauguration, Charles Garnier ne fut même pas invité, et dût payer lui-même sa place pour participer au spectacle !

L’accident mortel

Le 20 mai 1896, 2000 personnes assistent à une représentation de « Faust » lorsque l’un des contrepoids qui soutenaient l’énorme lustre se détacha et perça le plafond avant d’écraser une spectatrice qui occupait la quatrième galerie… Un épisode qui inspira – encore – Gaston Leroux dans l’un des plus célèbres épisodes du Fantôme de l’Opéra.

Le portail du 17e siècle abandonné au coeur du Marais

Autant le dire tout de suite, ce portail ne mérite pas que vous traversiez tout Paris pour le découvrir. Néanmoins, ce vestige, devenu avec le temps une véritable curiosité, est à voir si vous vous promenez dans le Marais.

La rue Beautreillis, dans le 4e arrondissement, est une de ces petites rues charmantes que l’on croise un peu partout dans le Marais. Étroite, calme, bordée de petits commerces et d’immeubles élégants, elle conserve depuis 1965 une curiosité, qui attire l’oeil de tous les passants : un portail abandonné d’un hôtel particulier du 17e siècle.

Seul indice donné aux passants, l’inscription “Hôtel de Jean-Louis Raoul” que l’on peut difficilement déchiffrer sur le fronton. Industriel fabricant de limes, Jean-Louis Raoul acheta en effet cet hôtel particulier, construit au début du 17e siècle pour Paul Ardier, conseiller du roi Henri IV après avoir servi son prédécesseur Henri III, en 1810.

Modifié à plusieurs reprises, cet hôtel particulier ne résista pas aux grandes transformations que connut le Marais au 19e siècle.

En 1959, un permis de construire est déposé, prévoyant la construction de 78 logements à la place de l’Hôtel Raoul. Une partie de celui-ci est détruite, mais le portail subsiste. Entre-temps, Albert Laprade, architecte des bâtiments de France et chargé de l’aménagement du Marais, demande la protection du portail. Le projet immobilier, achevé en 1965, conserve en bordure du trottoir ce vestige.

Mais, bien qu’il ait échappé à la démolition, il ne fut pas protégé au titre des monuments historiques, et resta donc propriété des descendants de Monsieur Raoul. Il est depuis cette date sujet à de multiples tensions, qui témoignent d’ailleurs de la difficile question de la préservation du patrimoine…

En effet, les héritiers ne souhaitent pas prendre en charge les travaux de rénovation que nécessite ce proche, et ont proposé de le vendre pour 1€ symbolique à la copropriété du 6, rue Beautreillis, laquelle a refusé… à cause des coûts d’entretien ! La Mairie de Paris ne souhaite pas non plus l’acquérir, arguant, une fois encore, que le coût de sa remise en état et les frais de fonctionnement pour l’entretien du portail sont trop importants.

Pour résumer, personne, ni la mairie, ni la famille, ne souhaite entretenir ce vestige… Reste à savoir, dans ces conditions, combien de temps encore pourra-t-on voir cette curiosité au coeur du Marais ?

À noter enfin qu’à gauche du portail, vous pouvez apercevoir une horloge, démontée lors de la démolition de l’hôtel et replacée sur la façade de l’immeuble. Elle aussi aurait grand besoin d’une restauration !

La magnifique façade “Sgraffito” de la rue Mouffetard

La rue Mouffetard est l’une des plus charmantes rues historiques de Paris. Outre ses agréables commerces, elle cache en effet quelques petits trésors, dont la magnifique façade “Sgraffito” située au 134 de la rue. 

Pour une découverte complète du quartier, voir notre balade dans le quartier Mouffetard

Si l’immeuble date du début du 17e siècle, la fresque est quant à elle plus récente. Réalisée entre 1929 et 1931 par un maçon italien, Adigheri, pour décorer la façade d’un charcutier-traiteur, la technique utilisée est celle du sgraffito. Une technique très employée pendant la période Renaissance, qui consiste à appliquer plusieurs couches de plâtres qui sont ensuite “grattées” à différents endroits pour faire apparaitre volumes, couleurs, et contrastes, que l’Art Nouveau a remis au goût du jour au début du 20e siècle,.

Un art décoratif que l’on retrouve dans certaines villes européennes influencées par l’Art Nouveau comme Bruxelles ou Prague, mais pas à Paris, et encore moins en France. C’est d’ailleurs la rareté de l’emploi de cette technique qui fut à l’origine de la protection de la façade en 1993, aujourd’hui monument historique.

Que représente ce somptueux sgraffito ? Des animaux bien sûr, et comestibles ! N’oubliez pas qu’elle était destinée à l’origine à un charcutier-traiteur.

Cochons bien gras, cerfs, chèvres, gibiers et volailles en tout genre, cette façade est une véritable balade champêtre, enrichie de volutes, fleurs et arabesques typiques de l’Art Nouveau.

Une oeuvre des plus originales dans le coeur du Paris historique.

L’origine insolite des noms de quartiers de Paris (Champs-Élysées, Montorgueil, Montparnasse)

Contrairement aux apparences, le parisien est taquin, et sait faire preuve d’auto-dérision. C’est en effet pour se moquer de sa condition, ou plus généralement des défauts de son environnement, qu’il baptisât certains quartiers de Paris. Des quartiers aujourd’hui connus dans le monde entier, dont on ne soupçonne pas l’humour originel…

Les Champs-Élysées

Dans la mythologie grecque, le royaume des morts (les Enfers, à ne pas confondre avec l’enfer chrétien) était divisé en différents jardins où résidaient les âmes en fonction de leur vie terrestre. Les Champs-Élysées, lieu doux et agréable, était réservé aux héros ainsi qu’aux âmes vertueuses.

Créée en 1674 par André le Nôtre pour prolonger le jardin des Tuileries, les Champs-Élysées ont été construits dans une zone marécageuse hors des limites de Paris, qui franchissait notamment le Grand Égout, ruisseau à ciel ouvert qui déversait dans la Seine les eaux usées de la capitale.

C’est donc pour se moquer de cette voie royale aménagée dans une zone peu recommandable que les parisiens utilisèrent le terme de Champs-Élysées, paradis éternel !

Montparnasse

Un autre emprunt à la Grèce, puisque le Mont Parnasse est une montagne mythique grecque, consacrée au dieu Apollon et ses Muses, où se situe le célèbre sanctuaire de Delphes.

Apollon et les Muses, Andrea Appiani, Galerie d’Art Moderne de Milan

Au 17e siècle, les étudiants du quartier latin voisin aimaient se retrouver au sommet d’une petite colline artificielle du sud de la ville, où s’amassaient sable et gravats, pour y réciter des poèmes. La colline prit alors le nom de Mont Parnasse, non sans une certaine ironie, en référence au lieu de séjour d’Apollon et des neuf muses, protecteurs des arts et de la poésie.

Montorgueil

Au Moyen-Âge, la rue Montorgueil, appelée ainsi à partir du 13e siècle, menait à une décharge publique, dont l’amoncellement d’ordures forma avec le temps une colline de 16 mètres de haut ! Son sommet, que l’on situe au niveau de l’actuelle rue de Beauregard (d’où le nom…) était appelé Mont-Orgueilleux (vicus Montis Superbi).

Ironie encore que ce “Mont Orgueil”, l’un de ces 7 péchés capitaux !

 

 

Exposition Bacon en toutes Lettres au Centre Pompidou, l’évènement culturel de la rentrée

À partir du 11 septembre jusqu’au 20 janvier 2020, le Centre Pompidou poursuit sa relecture des artistes majeurs du 20e siècle avec une exposition consacrée à Francis Bacon.

Connu pour ses corps déformés et ses toiles expressives et, parfois, violentes, son art est profondément inspiré par la littérature, de Nietzsche à Georges Bataille en passant par Conrad ou encore Michel Leiris. Des influences que l’exposition met en valeur à travers de nombreux textes puisés dans la bibliothèque de l’artiste, et qui permettent de mieux cerner l’univers poétique qui a toujours animé Francis Bacon.

Une exposition principalement axée, donc, sur la relation entre les gouts littéraires de l’artiste et sa peinture, lesquels ont particulièrement marqué ses oeuvres entre les années 1971 (période charnière où l’exposition au Grand palais le consacre internationalement) et 1992, date de sa mort.

Soixante tableaux issus des plus importantes collections privées et publiques, incluant 12 triptyques et une série de portraits et d’autoportraits, sont présentés dans cette exposition. Indéniablement l’un des principaux évènements culturels de la rentrée à Paris !

L’extraordinaire voyage de l’Obélisque de la Concorde

Impossible d’imaginer aujourd’hui la place de la Concorde sans son obélisque.  Un monument remarquable, fruit d’une histoire passionnante et d’un voyage rocambolesque jusqu’à Paris !

La Place de la Concorde, à l’origine, n’était pas destinée à mettre en valeur ce somptueux obélisque. Érigée au 18e siècle, cette place royale rendait hommage à Louis XV. La Révolution française remplaça la statue du roi par la guillotine, et Louis XVI, Marie-Antoinette, Charlotte Corday, Danton, Robespierre, et bien d’autres,  y furent exécutés. Ce n’est que depuis le 25 octobre 1836 que la place accueille l’obélisque.

En 1829, le vice-roi d’Égypte, Méhémet Ali, offre à la France les deux obélisques que le pharaon Ramsès II avait élevés au 13e siècle avant notre ère devant le temple du dieu Amon, à Louxor. C’est Champollion, premier déchiffreur des hiéroglyphes et conservateur des collections égyptiennes au musée du Louvre, qui joue le rôle de médiateur entre les deux pays. La Révolution de 1830 qui éclate quelques mois plus tard, et voit Charles X être remplacé par son cousin, Louis-Philippe d’Orléans, ne remet pas en cause le projet.

Face aux multiples contraintes, il est décidé de ne ramener dans un premier temps qu’un seul des deux obélisques offerts, celui situé à droite de l’entrée (en regardant le temple). Pour transporter ce colosse de 230 tonnes, un bateau fut spécialement conçu, pensé pour être capable à la fois de naviguer dans l’Atlantique et sur la Méditerranée, remonter la Seine et le Nil, et passer sous les ponts de Paris. Un voyage qui dura sept longues années !

Arrivé à Louxor le 14 août 1831, les premières difficultés apparaissent. Après avoir emballé et abattu le monolithe de granit rose, il fallut le trainer sur 400 mètres pour rejoindre le Nil et le hisser à bord du bateau. Prêt en décembre, l’équipage dut attendre jusqu’au mois d’août 1832, et la crue du fleuve, pour repartir. Arrivé à Toulon dans la nuit du 10 au 11 mai 1833, l’obélisque atteint Paris le 23 décembre de la même année, après avoir été remorqué sur la Méditerranée, contourné l’Espagne, et remonté la Seine depuis Rouen.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là !

Une fois sur place, un nouveau problème apparait : un groupe sculpté sur le socle de l’obélisque représente des babouins qui se lèvent et dressent les pattes, laissant ainsi apparaitre leur sexe. Une exhibition qui choque la pudeur de l’époque. Impossible, donc, de poser en l’état l’obélisque. Le socle est envoyé au Louvre (toujours visible aujourd’hui) et un nouveau bloc de granit est commandé en Bretagne. Un voyage qui retarde, encore, l’installation définitive du monument…

Voir aussi : Le scandale de La Danse de Carpeaux (Opéra Garnier), chef-d'oeuvre du 19e siècle.

L’inauguration a finalement lieu le 25 octobre 1836. 200.000 personnes sont présentes place de la Concorde pour assister au spectacle. Champollion, lui, est mort en 1832. Il n’aura jamais la chance de voir l’achèvement de son oeuvre. À 11h30 commence le travail de levage, grâce à un système de contrepoids élaboré par l’ingénieur Apollinaire Lebas. Tandis que 350 artilleurs actionnent la levée à la force de leurs bras, l’ingénieur reste volontairement sous l’obélisque. Il ne pourrait survivre à une faille de son sytème. Question d’honneur.

Quelques heures plus tard, la longue masse s’immobilise à la verticale. La famille royale, réunie sur le balcon de l’Hôtel de la Marine, applaudit, suivie par la foule. Au terme d’un périple de 9000 kilomètres, et qui aura duré pas moins 7 ans, l’obélisque du Louxor devient l’obélisque de la Concorde ! Daté du 13e siècle avant notre ère, il est depuis lors le plus vieux monument de Paris.

À noter enfin que, pour remercier l’Égypte, Louis-Philippe offrit en 1845 une horloge qui orne aujourd’hui la citadelle du Caire. Laquelle, au dire des Cairotes, n’aurait jamais fonctionné correctement ! Quant au second obélisque, il ne fut jamais rapatrié en France, rendu officiellement à l’Égypte par le Président François Mitterrand le 26 septembre 1981.

10 anecdotes archéologiques sur Paris

Les sous-sols parisiens renferment aussi bien des trésors, et nous racontent, grâce au travail des archéologues, l’histoire de la ville, de son développement, et de sa population. Une histoire très riche, puisque Paris est occupée par les hommes depuis des millénaires, mais plutôt méconnue par le grand public. Pour diffuser ces connaissances, une carte interactive présentant plus de 2000 découvertes archéologiques réalisées à Paris à été mise en ligne par le Département d’histoire de l’architecture et d’archéologie de Paris (DHAAP).

Que nous révèlent ces découvertes ? Une quantité incroyable d’informations, qu’il faut néanmoins savoir trier. Un travail qu’a fait pour vous Un Jour de Plus à Paris, en recensant 10 anecdotes étonnantes, drôles, ou curieuses. Sans autre utilité, ni ambition, que de vous offrir de nouvelles connaissances. Inutiles, donc essentielles !

  • 1 place du Puits de l’Hermite (5e arrondissement)

Une médaille en bronze à l’effigie de Louis XV a été découverte en 1923, lors de la construction de l’Institut musulman et de la Mosquée.

  • 1 rue des Ardennes (19e arrondissement)

Préalablement à un projet immobilier situé à l’angle de la rue des Ardennes et de la rue de Thionville, dans le 19e arrondissement, une série de sondages a été réalisée. Cette zone, située bien au-delà des limites des cités antiques et médiévales, n’avait jusqu’alors fait l’objet  d’aucunes investigations ou observations archéologiques.

Tous les sondages se sont révélés négatifs. Aucune trace d’occupation humaine antérieure à l’époque contemporaine n’a été décelée dans ce secteur.

  • 53 ter quai des Grands-Augustins (6e arrondissement)

Un cercueil anthropomorphe de plomb fut découvert en 1938. Hermétiquement soudé, il contenait le squelette absolument complet d’une petite fille. Il se trouvait à l’emplacement de l’ancien couvent des Grands-Augustins, détruit pendant la Révolution.

  • 47 rue Raynouard (maison de Balzac -16e arrondissement )

Erigée aux alentours de 1730, la maison de Balzac a vraisemblablement été construite sur des habitations troglodytiques utilisées sur la fin du Moyen-Age. Passy était à l’époque un village situé en dehors de la ville. Un cadre rural peuplé de laboureurs, vignerons ou carriers, qui utilisaient probablement ces habitations troglodytes pour dormir.

À noter également que cet endroit est la première cavité souterraine étudiée dans un processus de fouille archéologique à Paris.

  • Île aux Cygnes (15e arrondissement)

Lors des fouilles pour le métropolitain en 1904, au pont de Bir-Hakeim, un phallus gallo-romain fut découvert dans un terrain de sables et graviers.

  • 45 rue du Faubourg Saint-Antoine (11e arrondissement)

Cette zone constitue la première mise à jour d’une installation antique à l’est de Lutèce. Les vestiges, compris entre la fin du 4e et le début du 6e siècles sur une surface de 300 m2, faisaient probablement partie d’un site plus important qui s’étendait vers le sud et l’ouest.

Plusieurs types d’activités ont été découvertes : l’extraction de limon, la conservation des produits agricoles, le tissage, ainsi que la pratique d’activité artisanale comme l’exploitation de matériaux d’origine animale (os, corne et bois de cerf). Enfin, un chat et une patte de bœuf ont été trouvés à l’intérieur d’une sépulture isolée, datée entre 367 et 380.

  • 12 rue de Rome (8e arrondissement)

En 1903, sous quatre mètres de remblais, une couche de terre noire argilo­tourbeuse riche en débris végétaux a été observée sur une épaisseur d’un mètre. La Commission du Vieux Paris interpréta ces données comme un bras de fleuve de l’époque néolithique dont le cours s’est progressivement ralenti à la période gauloise, avant de se combler à la période historique.

Pour plus d’informations à ce sujet, voir l’origine du nom du quartier du Marais

  • 18 rue de la Chaussée d’Antin (9e arrondissement)

En 1977, lors de travaux dans la cour d’un hôtel particulier, près de 400 fragments sculptés appartenant à la façade de Notre-Dame de Paris furent exhumés par hasard, dont les têtes des rois de Juda, détruites pendant la Révolution. Elles sont aujourd’hui exposées au Musée national du Moyen-Age des Thermes de Cluny.

  • 1 rue Pelée (11e arrondissement)

Une partie du piédestal de la première statue statue équestre de Louis XIII, située place des Vosges (17e siècle) et détruite pendant la Révolution française, a été découverte en 1935, au cours de la démolition d’un petit bâtiment.

  • 1 place André-Honnorat (Jardin du Luxembourg, 6e arrondissement)

En 1991, la construction d’un parc de stationnement souterrain a permis la mise au jour d’habitations du Haut-Empire (I – IIe siècles). Le site était situé en périphérie de Lutèce, et correspond soit à un carrefour public soit à une cour d’habitations. Il n’existe aucune trace d’occupations préromaines dans ce secteur.

L’abandon du site se situe dans la première partie du IIIe siècle apr. J.-C, occupé à nouveau à partir du 13e siècle par un couvent.

 

Si vous aussi vous voulez vous amuser, découvrez ici la carte archéologique de Paris.

L’histoire tumultueuse de la Joconde

Être l’un des tableaux les plus réputés au monde n’est pas sans péril. Sujet de toutes les attentions depuis sa création au début du 16 siècle, la Joconde a connu une vie aussi mystérieuse que mouvementée, faite de voyages, vol, et convoitises. Mais n’est-ce pas aussi cela qui contribue au succès d’une oeuvre d’art ?

Réalisé par Leonard de Vinci, peintre le plus célèbre de son époque, à partir de 1503, le tableau aurait été commandé par un riche marchand Italien, Francesco del Giocondo, qui souhaitait installer un portrait de son épouse, Lisa, dans leur nouvelle demeure. Mais le doute subsiste aujourd’hui encore sur cette origine…

Le tableau était probablement inachevé lorsque Leonard de Vinci quitta Florence pour Milan en 1506, puis, invité par François 1er dix ans plus tard, il emporta l’oeuvre avec lui en France. Comme son identité, l’histoire de la Joconde et de son voyage jusqu’à Paris demeure très obscure. On ne sait pas si Francesco del Giocondo eut un jour le plaisir de voir le portrait, ni comment celui-ci est entré dans la collection royale.

Lorsque la révolution Française créa le musée du Louvre, le tableau, alors accroché au Château de Versailles, ne fut pas retenu pour être présenté au public. Ce n’est qu’en 1798 qu’il fit son entrée dans le musée. En 1801, la Joconde fit un bref séjour aux Tuileries dans les appartements de Joséphine de Beauharnais, avant de réintégrer le musée. Mais l’histoire ne s’arrête pas là !

Le vol de la Joconde

Après un siècle de relative tranquillité, la Joconde est volée le 21 août 1911.

Salon carré du Louvre en 1909. C’est à cet emplacement (au milieu sous le Véronèse) que le tableau fut volé.

Accrochée dans le Salon Carré du Louvre, elle connaissait déjà un certain succès, protégée par un verre inséré dans le cadre.

Ce jour-là, Vincenzo Perrugia, un vitrier italien, se glisse vers 7h du matin dans le Salon Carré après avoir passé la nuit dans un placard à balais. Il décroche la Joconde, démonte le cadre, puis dissimule l’œuvre sous ses vêtements avant de sortir tranquillement du musée. Des manipulations familières, puisque c’est lui qui avait placé l’oeuvre sous verre quelques années plus tôt !

Le scandale éclate, et le directeur du Louvre est contraint à démissionner. La foule se presse pour voir l’emplacement vide, et les accusations abondent. Pour la petite histoire, Guillaume Appolinaire fera un court séjour en prison, impliqué dans une histoire de recel de statuettes volées au musée et vendues à Picasso.

Alors que les français croient l’oeuvre définitivement perdue, celle-ci n’était en fait qu’à quelques kilomètres du Louvre, cachée sous le lit du voleur, dans un appartement de la rue de l’Hôpital Saint-Louis, dans le 10e arrondissement. Elle y resta 2 ans, jusqu’à ce que Perrugia se décide de retourner à Florence et tente de vendre l’oeuvre à un marchand d’art, lequel avertira la police.

Pendant son procès, il affirma avoir agi par patriotisme, pensant que le tableau avait été volé aux italiens lors des guerres napoléoniennes.

Les voyages de la Joconde

Pendant les deux guerres mondiales, la Joconde fut évacuée par crainte de bombardements et de pillages. Entre le 27 septembre 1938 et le 17 juin 1945, elle voyagea même dix fois, cachée dans une caisse identifiée par le seul matricule «MNLP n° 0», pour “Musée National du Louvre Peintures n° 0”.

Chambord, Louvigny, abbaye de Loc-Dieu, château de Montal… La Joconde déménagea au gré des défaites militaires, invasions et occupations, jusqu’à retrouver sa place au Louvre le 15 juin 1945.

Voir aussi : quand un faux Paris fut créé pendant la Première Guerre Mondiale

Ses derniers voyages furent plus paisibles. Du 14 décembre 1962 au 12 mars 1963 elle fut exposée à Washington et New York, puis en 1974 à Moscou et Tokyo.

Être le tableau le plus célèbre du monde n’est pas de tout repos !