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Le détail insolite du monument à La Fayette

À la fin du 19e siècle, il n’existait à Paris aucune statue en l’honneur du marquis de La Fayette, héros de l’indépendance américaine et figure historique majeure des révolutions françaises de 1789 et 1830. C’est à l’initiative des américains qu’il fut décidé d’ériger un monument à sa gloire, aujourd’hui visible dans le 8e arrondissement. Une statue qui revêt depuis lors un détail aussi discret qu’insolite…

Pour remercier la France d’avoir offert  aux États-Unis la Statue de la Liberté, un américain du nom de Robert Thompson ouvrit une souscription auprès des écoliers américains pour financer une statue monumentale en hommage au général La Fayette, resté célèbre aux États-Unis pour sa participation à la guerre d’indépendance.

Le projet est validé en 1899, et commande est faite au sculpteur américain Paul Barlett, qui travaille en France, de réaliser l’oeuvre pour l’Exposition Universelle organisée à Paris en 1900. Soit un an seulement pour achever le monument…

Un délai bien trop court ! Le 4 juillet 1900, jour anniversaire de l’Indépendance américaine, la statue est inaugurée au Louvre, au milieu de la Cour Napoléon (à l’emplacement de la Pyramide actuelle). Mais, n’ayant pas eu le temps nécessaire pour mener à bien le projet, Barlett livra pour la cérémonie un modèle en plâtre, en attendant la sculpture définitive.

Insatisfait de son modèle, il retravailla finalement entièrement son oeuvre. Il modifia le costume, retira le chapeau, et représenta La Fayette avec l’épée dégainée, lame en l’air. Un travail qui dura sept longues années. Ce n’est donc qu’en 1908 que la statue définitive, en bronze, remplaça le modèle en plâtre.

En 1984, lors des grands travaux de transformation du Louvre, et notamment la construction de la Pyramide, la statue fut enlevée pour être transférée dans le 8e arrondissement, sur le cours la Reine. C’est alors que l’on découvrit un détail insolite, passé totalement inaperçu. À côté du sabot du postérieur gauche du cheval figure… une petite tortue.

Symbole de lenteur, le sculpteur l’a ajoutée au dernier moment pour se moquer de lui-même, et du temps qu’il a mis pour réaliser son oeuvre.

Cette tortue reste difficile à voir aujourd’hui, notamment lors des saisons de végétation des arbres environnants. Mais en cherchant bien, vous arriverez à l’apercevoir. On appréciera dans tous cas l’auto-dérision du sculpteur et cette petite blague aux pieds du “héros des deux mondes” !

Voir aussi : l'histoire insolite de la statue de Jeanne d'Arc

 

Le monument à La Fayette se trouve à quelques pas du Grand Palais et du Petit Palais. À découvrir par exemple si vous vous rendez dans l’un de ces musées. 

La Fayette est enterré à Paris, au cimetière de Picpus

Château de Versailles

Merveille architecturale classée au patrimoine mondiale de l’humanité, le Château de Versailles est bien plus qu’un simple monument. Symbole du rayonnement artistique de la France au 17e siècle, résidence officielle du pouvoir royal et haut lieu de la Révolution française, la visite du Château de Versailles vous permet de (re)visiter l’histoire de France tout en profitant d’un cadre d’exception. Un incontournable des activités culturelles à Paris.

 

À Savoir - informations pratiques & conseils

Il faut prévoir au minimum une journée entière pour la visite du Château de Versailles, cette visite incluant les jardins ainsi que le Trianon. Si la météo est belle, vous pouvez facilement passer des heures dans les jardins, tandis que le Trianon et le Hameau de la Reine, véritable îlot de campagne au coeur du domaine royal, peuvent également prendre plusieurs heures pour une visite complète.

Il est important de bien prévoir en amont votre parcours de visites. Il est quasiment impossible de tout faire en une seule journée. Si c’est votre première fois à Versailles, visitez en priorité le Château et ses intérieurs, que vous pouvez compléter d’une visite guidée.

Le lien ci-dessous vous permet, via l’un de nos partenaires, de réserver directement en ligne vos billets coupe-file, ce qui vous évitera la queue à l’entrée du Château pour profitez pleinement de votre journée.

La visite du Château de Versailles

Composé de 2.300 pièces réparties sur plus de 60.000 m2, tout le château n’est pas ouvert à la visite. Les pièces les plus exceptionnelles, comme la galerie des Glaces, la chambre du roi, les Grands Appartements ou encore la Chapelle Royale, sont elles accessibles au public.

La visite débute par un historique du château en vidéo, depuis le pavillon de chasse transformé en somptueux palais jusqu’à sa reconversion après la Révolution. Un parcours qui donne un aperçu intéressant des travaux gigantesques qu’a subis le monument et son évolution tout au long de l’histoire.

Au premier étage, vous traverserez les apparement du roi, divisés en salons représentés par des divinités, symboles de la splendeur de Louis XIV. Vous découvrirez ensuite la Galerie des glaces, véritable bijou de 73 mètres de long reliant les Grands Appartements du Roi et de la Reine. N’oubliez pas de profiter de la vue imprenable sur les jardins et la perspective créée par le jardinier André Le Nôtre.

Votre visite s’achèvera par la Galerie des Batailles, créée à partir de 1833 par le roi Louis-Philippe lorsqu’il décida de transformer le Château en musée de l’histoire de France. 33 batailles qui ont marqué l’Histoire nationale y sont représentées, depuis la victoire de Clovis à Tolbiac jusqu’à celle de Napoléon à Wagram, en 1809.

Les jardins du Château

43 kilomètres d’allées permettent d’arpenter le gigantesque domaine du Château, où bassins, parterres et bosquets s’enchevêtrent en parfaite harmonie. La mythologie, déjà très présente à l’intérieur du Château, y est encore largement utilisée, comme le célèbre bassin d’Apollon. Une nature dont vous pouvez jouir en totale liberté, selon vos envies du moment.

À noter que ces jardins mènent depuis le Château au grand Trianon. Si le trajet est proposé en petit bus collectif, préférez, si vos jambes en sont toujours capables, une petite balade en plein air avant de continuer vos visites !

Le Trianon

Au-delà des jardins s’étendent donc les châteaux de Trianon et le Domaine de Marie-Antoinette, créés par la Reine pour échapper aux contraintes de la Cour de Versailles. L’ensemble peut prendre une demi-journée pour une visite complète, ou se visiter séparément et en simple complément de visite au Château.

Si le Petit Trianon et son parc sont liés au souvenir de la reine Marie-Antoinette, le Grand Trianon constituait pour sa part la seconde résidence de Louis XIV, habité par les monarques jusqu’au 19e siècle. Un palais dont le mobilier est aujourd’hui un somptueux témoignage de l’époque Premier Empire.

Dépendance du Petit Trianon, le Hameau de la Reine fut quant à lui commandé en 1782 par la reine Marie-Antoinette qui souhaitait s’éloigner des contraintes de la cour, et oublier la lourdeur de sa fonction dans un décor naturel et rustique composé de chaumières, fermes, moulin et petites maisons. Un lieu à part.

La rue de Chazelles (17e arrondissement) et la statue de la Liberté

Difficile d’imagine aujourd’hui, en empruntant la chic et résidentielle rue de Chazelles, qu’un jour en ces lieux s’est élevée la statue de la Liberté, dominant les toits du quartier et visible par les passants depuis le boulevard de Courcelles. Pourtant, c’est bien au numéro 25 de cette rue, dans une ancienne fonderie, que la mythique statue a été fabriquée, avant de traverser l’Atlantique pour rejoindre son socle new-yorkais.

La Liberté éclairant le 17e arrondissement

La maison Gaget Gauthier et Cie était la plus importante fonderie et chaudronnerie de Paris. Située rue de Chazelles, elle s’était notamment fait connaitre en 1873 en restaurant la Colonne Vendôme, détruite pendant la Commune de Paris. Un chantier extraordinaire qui allait être dépassé par une nouvelle commande : une statue offerte par la France aux États-Unis pour célébrer le centenaire de leur indépendance, et ainsi marquer l’amitié entre les deux pays. Une idée que l’on doit à l’homme politique Édouard de Laboulaye.

Le sculpteur Auguste Bartholdi, qui était allé à New-York et avait déjà repéré une petite île au large de Manhattan capable d’accueillir le monument, décide d’en réaliser les plans. Une souscription est lancée pour financer la construction de la statue, et, pour accélérer et augmenter les dons, la main de la Liberté tenant la torche est présentée à l’Exposition universelle de Philadelphie de 1876, la tête à celle de Paris en 1878.

Bartholdi confia la conception de l’armature, dont les dimensions spectaculaires et son emplacement sur un îlot exposé aux vents posaient de nombreux problèmes techniques, à Eugène Viollet-le-Duc. Mort avant d’avoir pu achever son travail, il fut remplacé par Gustave Eiffel, qui repensa le projet et réalisa une structure intérieure entièrement métallique.

Une entreprise colossale, que découvre jour après jour le voisinage de la rue Chazelles, voyant la Liberté sortir de terre, et son corps émerger au-dessus de la plaine Monceau. En 1883, la découverte de la statue était d’ailleurs l’une des plus grandes curiosités de la capitale, et les journaux invitaient la population à une promenade aux abords de la rue Chazelles.

Achevée en 1884, restait à la faire voyager, ce qui n’était pas une mince affaire vue ses dimensions ! 46 mètres de haut, dont 5 mètres pour sa seule main, une masse de 225 tonnes, et une tête assez grosse pour accueillir 40 personnes.

La statue fut démontée en 350 éléments répartis dans 210 caisses, dont 36 pour les rivets et boulons, puis acheminée par train depuis la gare Saint-Lazare jusqu’à Rouen. Le tout fut chargé sur l’Isère, une frégate française, l’État français ayant pris à sa charge le coût de la traversée de l’Atlantique, seule contribution financière du gouvernement dans cette coopération franco-américaine.

Arrivée à New-York le 17 juin 1885, la statue de la Liberté fut remontée en quatre mois, et inaugurée le 28 octobre 1886. Dix ans de retard, mais un symbole éternel de Liberté tourné vers l’Est, c’est-à-dire vers la France… et la rue de Chazelles !

 

À savoir : des miniatures de la statue furent réalisées dans les ateliers de Gaget et Gauthier, notamment pour participer au financement du projet. Des pièces vendues jusqu’aux États-Unis, qui, selon certains, auraient donné le mot… “gadget”!

 

Découvrir aussi la statue de la Liberté parisienne, située sur l’Île aux Cygnes.

Le destin tragique de l’ancienne rue de la Mortellerie (aujourd’hui rue de l’Hôtel de Ville)

Au coeur du centre historique de Paris, la rue de l’Hôtel-de-Ville est une petite voie parisienne pleine de charme. Appelée autrefois rue de la Mortellerie, son existence est très ancienne, puisqu’on retrouve des traces de cette rue depuis le 12e siècle. Une rue qui a connu, à son insu, une histoire tragique au 19e siècle, ce qui l’a obligée par la suite à changer de nom !

À partir du 13e siècle s’installèrent dans cette rue des morteliers, ouvriers qui préparaient le mortier pour les maçons. Un métier qui nécessitait beaucoup d’eau et de sable, ce qu’offrait en abondance la Seine, à quelques mètres de là. Au n°95 de la rue de l’Hôtel-de-Ville est d’ailleurs visible, gravé dans la façade d’un immeuble, le témoin de ce passé.

Des siècles plus tard, en 1832, Paris fut touchée par une très importante épidémie de choléra, qui tua plus de 19.000 personnes dans la capitale en quelques mois. Le quartier de l’Hôtel de Ville, qui avait encore à cette époque son caractère médiéval et insalubre, fut l’un des plus touchés. Et, à l’intérieur de ce quartier, la rue de la Mortellerie subit une véritable hécatombe : plus de 300 morts rien que dans cette rue !

Voyant un lien entre ces morts tragiques et son nom, également probablement pour oublier cet évènement, les habitants demandèrent que le nom de Mortellerie soit modifié. Un nom qui, à l’origine, n’avait pourtant aucune connotation “mortelle”…

C’est ainsi que cette rue devint officiellement rue de l’Hôtel-de-Ville en 1835.

La mort roda pourtant encore, en atteste cette peinture, nommée La Barricade, rue de la Mortellerie, juin 1848 (dit aussi Souvenir de guerre civile). Le peintre Ernest Meissonier y représente, avec un étonnant réalisme,  une scène vue dans Paris après la prise d’une barricade par la garde nationale lors des émeutes ouvrières de juin 1848. . Un tableau visible au musée du Louvre.

La Barricade, rue de la Mortellerie, juin 1848, dit aussi Souvenir de guerre civile, Paris, musée du Louvre.

Quel destin que cette Mortellerie !

 

La rue mène à l’Hôtel de Ville de Paris, et à la place Saint Gervais, où vous pouvez voir un Orme, arbre millénaire de la capitale. De l’autre côté, vous pouvez également découvrir le somptueux Hôtel de Sens

Les plus belles architectures médiévales à voir à Paris

Malgré son histoire millénaire, Paris ne conserve que peu de vestiges du Moyen-Âge. La faute aux transformations successives qu’a connues la capitale, et notamment les grands travaux Haussmanniens du 19e siècle, à quelques politiques radicales, et aux différentes troubles liés à l’histoire de France, qui ont systématiquement détruit une partie du patrimoine parisien.

Malgré tout ces évènements, une dizaine de bâtiments et vestiges datant du Moyen-Âge restent encore visibles à Paris, et certains peuvent même se visiter.

Hôtel de Clisson

Vers 1375 – 1380

Intégré à l’Hôtel de Soubise, aujourd’hui siège des Archives Nationales, au début du 18e siècle, le portail visible au 58 de la rue des Archives est l’unique vestiges de l’ancien Hôtel de Clisson, construit au 14e siècle par le connétable Olivier de Clisson. Racheté en 1553 par François de Lorraine, Duc de Guise, cette maison fut le quartier général du parti catholique lors des guerres de Religion.

Salle des Gens d’armes, Conciergerie

1302 – 1313

Du Palais de la Cité médiéval, ancienne résidence des rois de France, subsiste l’immense et somptueuse salle des Gens d’arme. Édifiée sous Philippe le Bel. Elle servait à l’époque de salle de réfectoire pour les quelques 2000 employés du roi. Visible lors de la visite de la Conciergerie.

Plus d’informations sur la Conciergerie. 

Maison de Jacques Coeur

vers 1440

Considérée comme la plus ancienne construction en brique de Paris, cette maison de famille aurait été construite par Geoffroy Coeur, fils de Jacques Coeur, argentier de Charles VII. Bien plus vaste à l’époque, la demeure a été considérablement réduite et modifiée par ses propriétaires successifs. La façade visible au 38-42 de la rue des Archives, devenue aujourd’hui une école maternelle, reste néanmoins un fabuleux témoin de cette ancienne demeure familiale.

Tour Jean-Sans-Peur

1409 – 1411

Dernier vestige de l’ancien palais parisien des ducs de Bourgogne, la tour Jean-Sans-Peur doit son nom à Jean Ier de Bourgogne, qui fit construire ce bâtiment après avoir fait assassiner son cousin Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI. Sublime témoignage d’une demeure princière au Moyen-Âge, c’est également la plus haute tour médiévale civile visible à Paris.

Plus d’informations sur la Tour Jean-Sans-Peur.

Sainte-Chapelle

1245 – 1248

Merveille de l’architecture gothique, la Sainte-Chapelle fut construite à l’intérieur du palais royal de la Cité à la demande de Saint-Louis pour abriter les reliques de la Passion du Christ, achetées à Constantinople. La chapelle haute, noyée de lumière, a gardé en grande partie vitraux et sculptures d’époque.

Plus d’informations et anecdotes sur la Sainte-Chapelle. 

 

Voir aussi sur le même thème :

Où se trouve le tombeau de Clovis ?

Autant ne pas faire durer le suspens plus longtemps : il n’existe pas de réponse claire et définitive à cette question. Mais il est très probable que le tombeau du souverain fondateur de la nation française soit encore quelque part enfoui sous le goudron de la rue Clovis, dans le 5e arrondissement.

En 501, le premier roi du royaume Franc fait construire sur la montagne Sainte-geneviève une basilique dédiée aux saints apôtres Pierre et Paul. Il est inhumé dans cette basilique à sa mort, en 511, à côté de sa femme Clotilde et de sainte Geneviève, patronne de Paris. C’est ainsi que la basilique sera nommée plus tard par les parisiens Sainte-Geneviève, laquelle deviendra une importante abbaye du royaume, et que son nom sera donné à cette colline de la rive gauche de Paris.

En savoir plus sur l'histoire de l'ancienne basilique Sainte-Geneviève :

L’édifice est ravagé lors des invasions normandes au 9e siècle, puis reconstruit au 11e siècle. Les Vikings auraient-ils saccagé entre-temps la tombe de Clovis ? Hypothèse peu probable.

Les siècles passent, et l’abbaye Sainte-Geneviève se détériore. Laissée à l’abandon à la Révolution, l’ensemble est démoli en 1807 lors du percement de la rue Clovis. Seul le clocher a été conservé, que vous pouvez apercevoir depuis la rue à l’intérieur du lycée Henri-IV.

On découvrit lors des ces travaux 32 cercueils médiévaux, mais, après étude minutieuse, aucun ne fut identifié comme étant celui de Clovis (alors que l’une des tombes de Sainte-Geneviève fut elle retrouvée à cette occasion, visible dans l’église Saint-Étienne-du-Mont). Quant au gisant de Clovis visible à la basilique Saint-Denis, il a été réalisé au 12e siècle par les moines de l’Abbaye de Sainte Geneviève en hommage à leur roi fondateur. Ce n’est donc pas non plus son tombeau !

Mais alors, où est la tombe du roi des Francs ?

Tout simplement, quelque part entre l’église Saint-Étienne-du-Mont et le lycée Henri-IV ! Protégée sous les dalles de la basilique, elle a probablement traversé les époques en étant à l’abri des bouleversements du quartier, sans jamais avoir été retrouvée pour autant.

Si vous avez déjà arpenté la bien-nommée rue Clovis, peut-être avez-vous donc foulé les restes du plus célèbre des Mérovingiens !

 

De nombreuses découvertes existent sur et aux alentours de la rue Clovis, à ne pas louper lors de votre visite du quartier :

Vous pouvez y voir tout d’abord un vestige de l’enceinte Philippe-Auguste, ou encore les dernières reliques de Sainte-geneviève, dans l’église Saint-Étienne-du-Mont . À quelques mètres de là se trouvent également le Panthéon, ou encore les Arènes de Lutèce, vestige de l’époque gallo-romaine. 

Les plus belles églises d’architecture moderne à voir à Paris

Plus connu pour ses vieilles églises, Paris possède aussi un riche patrimoine d’églises modernes, symbole à la fois des recherches architecturales qui ont marqué le pays dès la fin du 19e siècle, et d’une volonté de développement de l’église catholique.

Une période qui s’ouvre en 1894 avec la somptueuse église Saint-Jean de Montmartre, et qui a connu son apogée avec les “chantiers du Cardinal Verdier“, où plus de 100 églises ont été construites dans la région parisienne entre 1931 et 1940. Sélection de ces églises à voir à Paris si vous souhaitez découvrir un patrimoine architectural et religieux méconnu.

Notre-Dame-d’Espérance (Paris 11)

Derrière la Bastille, le quartier de la Roquette est un quartier historiquement ouvrier et populaire. Pour évangéliser ce quartier plus propice aux idéaux révolutionnaires qu’à la ferveur chrétienne, le Père Anizan, pionnier de l’action catholique dans les milieux ouvriers au début du 20e siècle, fit élever une chapelle rue de la Roquette. Construite avec des matériaux de qualité moyenne, elle fut entièrement reconstruite en 1997 pour laisser place à l’église actuelle.

À découvrir pa exemple lors d’une balade dans les cours et passages de la rue du Faubourg Saint-Antoine.

Notre-Dame-du-Travail (Paris 14)

Sans doute l’une des églises du 20e siècle les plus originales de Paris, Notre-Dame-du-Travail cache derrière une façade assez commune un intérieur exceptionnel.

Construite au début du 20e siècle pour accueillir la masse d’ouvriers nouvellement installés dans le 14e arrondissement, sa décoration intérieure, et notamment l’utilisation de poutres métalliques, a été pensée  pour offrir aux ouvriers un cadre familier, proche de leur quotidien laborieux. Tout ici rend hommage au travail, du nom de l’église aux chapelles latérales ornées de toiles célébrant les métiers ouvriers.

Plus d’informations sur l’église Notre-Dame-du-Travail.

Saint-Antoine-de-Padoue (Paris 15)

Construite de 1933 à 1935, cette église fait partie des constructions de l’Œuvre des Chantiers du Cardinal. À l’extérieur, un clocher de 46 mètres de haut et une architecture en béton armé recouverte de briques. À l’intérieur, un style simple mais moderne, orné de vitraux, statues, et fresques sculptées.

À découvrir par exemple lors d’une visite du Parc Georges Brassens.

Église du Saint-Esprit (Paris 12)

Autre église des Chantiers du Cardinal, l’église du Saint-Esprit s’inspire dans son plan général de l’ancienne basilique Sainte-Sophie de Constantinople, remontant ainsi aux origines byzantines de l’architecture sacrée. Derrière une façade assez discrète en briques rouge se cache un ensemble monumental, entièrement construit en béton armé.

Une atmosphère sombre, éclairée par la coupole centrale de 22 mètres de diamètre, qui offre un curieux mélange entre modernité et tradition.

Saint-Christophe-de-Javel (Paris 15)

Construite entre 1926 et 1934 à proximité du l’usine Citroën, l’un des plus grands sites industriels de Paris (devenu aujourd’hui le Parc André Citroën), cette église est logiquement dédiée à Saint-Christophe, patron des voyageurs…

Une architecture originale en ciment moulé, première église construite avec cette méthode, qui s’inspire de l’art gothique du 13e siècle.

Église Saint-Jean-Bosco (Paris 20)

Cette église située dans le 20e arrondissement est l’une des plus belles réussites des chantiers du Cardinal. Soixantième édifice de cette vaste opération de promotion du catholicisme, son style résolument contemporain s’inspire de l’Art Déco, mouvement architectural alors très en vogue à l’époque de sa construction, et rappelle également l’église Notre-Dame du Raincy, construite quelques années plus tôt par les frères Perret.

Plus d’informations sur l’église Saint-Jean-Bosco.

Les curiosités de La Madeleine

L’église de la Madeleine est un monument paradoxal. Tous les parisiens la connaissent, mais très peu l’ont visitée. Une église remplie d’anecdotes et de curiosités qui mérite d’être découverte pour son histoire et ses richesses intérieures.

Une construction mouvementée

Commencée sous Louis XV, en 1764, l’église de la Madeleine devait remplacer une vieille église, située au niveau du 8 boulevard Malesherbes actuel, et qui ne pouvait plus accueillir la population grandissante du quartier.

En 1777, à la mort de l’architecte chargé du chantier, son élève imagina un nouveau projet et entreprit d’importantes modifications, jusqu’à ce que la Révolution française stoppe les travaux.

En 1806, Napoléon décida de créer à Paris un temple à la gloire des soldats de la Grande Armée sur l’emplacement de la Madeleine. La précédente construction fut à nouveau rasée. Mais les travaux, encore une fois, avancèrent lentement, et le projet de temple dédié aux armées fut abandonné au profit de l’Arc de Triomphe. Le monument fut finalement rendu au culte catholique en 1816, et les travaux ne furent achevés qu’en… 1842.

Il aura fallu au final 78 ans pour construire cette église !

Une église, ou un temple ?

C’est en raison du projet Napoléonien d’en faire un temple à la gloire des Armées françaises inspiré par l’architecture gréco-romaine,  que cette église n’a pas grand chose… d’une église. Vous ne verrez ni croix ni clocher à l’extérieur, ni transept ni bas-côtés à l’intérieur.

Seul l’imposant fronton, représentant le Jugement dernier, nous rappelle finalement de l’extérieur la vocation religieuse de ce monument…

La Madeleine et l’Assemblée Nationale

Les marches de l’église offrent l’une des perspectives les plus célèbres de Paris : la rue Royale, la place de la Concorde, et le Palais Bourbon, siège de l’Assemblée Nationale.

C’est d’ailleurs Napoléon qui décida, en 1806, de doter le Palais Bourbon d’un péristyle, colonnade composée de douze colonnes, pour créer un effet de symétrie avec la Madeleine. Celle-ci fut achevée en 1810, alors que l’église, elle, était toujours en construction !

La fresque de Ziegler

Dans la demi-coupole au-dessus de l’autel est visible une vaste fresque, réalisée par Jules Ziegler entre 1835 et 1837. Nommée (sobrement…) Histoire du Christianisme, elle rassemble autour du christ des grands personnages qui ont marqué le christianisme d’Orient (à sa droite), et d’Occident (à sa gauche). À noter qu’au milieu de la fresque apparait Napoléon en grand manteau parsemé d’abeilles d’or, à qui l’évêque de Gênes remet le texte du Concordat. La Madeleine est la seule église parisienne où apparaît sur une fresque la figure de Napoléon.

Pour la petite anecdote, le projet initial de fresque avait été donné à un autre artiste, Paul Delaroche, qui partit étudier la peinture à Rome pour la bonne exécution de son oeuvre. Mais son absence dura un peu trop longtemps, et pendant qu’il étudiait en Italie, une nouvelle commande fut faite par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Adolphe Thiers, au jeune artiste Jules Ziegler.

Mémoire de la Commune de Paris

Vous pouvez voir sur la droite à l’intérieur de l’église une plaque à la mémoire de l’abbé Deguerry, “curé de la Madeleine mort pour la foi et la justice“. Plus prosaïquement, celui-ci a été fusillé à la prison de la Roquette le 24 mai 1871, aux derniers jours de la Commune de Paris.

Des enterrements prestigieux

Récemment médiatisée lors du très populaire enterrement de Johnny Halliday, l’église de la Madeleine a accueilli au 19e siècle les funérailles d’une autre star musicale : Frédéric Chopin. Un autre style, certes…

Le 30 octobre 1849, 3.000 personnes, principalement des artistes et hommes de lettres , assistèrent à la cérémonie durant laquelle furent interprétés le Requiem de Mozart, et la Marche Funèbre. Après quoi le cortège, accompagné de milliers de parisiens, transporta la tombe du compositeur et pianiste jusqu’au cimetière du Père-Lachaise, où il repose encore aujourd’hui.

Le long voyage de la statue de Napoléon aux Invalides

Installée dans la cour d’honneur des Invalides depuis 1911, la célèbre statue de Napoléon a connu, avant d’y arriver, un voyage pour le moins mouvementé. Destinée à l’origine à la colonne Vendôme, elle fut déplacée à plusieurs reprises, au gré des changements politiques ou des guerres. Au point d’en perdre la tête…

Ce portrait, qui est l’oeuvre du sculpteur Emile Seurre, est l’une des images les plus célèbres de Napoléon Bonaparte. La main sur le ventre, vêtu de sa redingote et portant sur la tête le fameux bicorne, cette représentation de “petit Caporal” fut beaucoup utilisée pour symboliser Napoléon en héros militaire.

Commandée par le roi Louis-Philippe, cette sculpture fut inaugurée en 1833 place Vendôme pour remplacer une statue de Napoléon habillé en empereur romain. 30 ans plus tard, Napoléon III, qui souhaitait rétablir l’image impériale de son oncle, la retira. Elle fut par la suite installée à l’extrémité de l’axe historique de Paris, au niveau du rond-point de Courbevoie.

La guerre Franco-Prussienne éclata en 1870. La population récupéra la statue pour la protéger des combats avant que les allemands n’encerclent définitivement Paris. Mais alors que la statue voyage sur la Seine à bord d’un bateau pour être mise à l’abri, celle-ci tombe à l’eau. Repêchée 4 mois plus tard, elle est retrouvée en deux morceaux. Pendant la chute, la tête s’était séparée du corps !

Installée dans la réserve des Invalides, elle fut réparée, puis définitivement installée dans la cour d’honneur en 1911. On raconte même que la tête visible aujourd’hui ne serait pas l’originale, mais une reconstitution posée sur le corps de l’Empereur.

Un mystère qui s’ajoute à l’histoire légendaire de cette statue…