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Où se trouve le tombeau de Clovis ?

Autant ne pas faire durer le suspens plus longtemps : il n’existe pas de réponse claire et définitive à cette question. Mais il est très probable que le tombeau du souverain fondateur de la nation française soit encore quelque part enfoui sous le goudron de la rue Clovis, dans le 5e arrondissement.

En 501, le premier roi du royaume Franc fait construire sur la montagne Sainte-geneviève une basilique dédiée aux saints apôtres Pierre et Paul. Il est inhumé dans cette basilique à sa mort, en 511, à côté de sa femme Clotilde et de sainte Geneviève, patronne de Paris. C’est ainsi que la basilique sera nommée plus tard par les parisiens Sainte-Geneviève, laquelle deviendra une importante abbaye du royaume, et que son nom sera donné à cette colline de la rive gauche de Paris.

En savoir plus sur l'histoire de l'ancienne basilique Sainte-Geneviève :

L’édifice est ravagé lors des invasions normandes au 9e siècle, puis reconstruit au 11e siècle. Les Vikings auraient-ils saccagé entre-temps la tombe de Clovis ? Hypothèse peu probable.

Les siècles passent, et l’abbaye Sainte-Geneviève se détériore. Laissée à l’abandon à la Révolution, l’ensemble est démoli en 1807 lors du percement de la rue Clovis. Seul le clocher a été conservé, que vous pouvez apercevoir depuis la rue à l’intérieur du lycée Henri-IV.

On découvrit lors des ces travaux 32 cercueils médiévaux, mais, après étude minutieuse, aucun ne fut identifié comme étant celui de Clovis (alors que l’une des tombes de Sainte-Geneviève fut elle retrouvée à cette occasion, visible dans l’église Saint-Étienne-du-Mont). Quant au gisant de Clovis visible à la basilique Saint-Denis, il a été réalisé au 12e siècle par les moines de l’Abbaye de Sainte Geneviève en hommage à leur roi fondateur. Ce n’est donc pas non plus son tombeau !

Mais alors, où est la tombe du roi des Francs ?

Tout simplement, quelque part entre l’église Saint-Étienne-du-Mont et le lycée Henri-IV ! Protégée sous les dalles de la basilique, elle a probablement traversé les époques en étant à l’abri des bouleversements du quartier, sans jamais avoir été retrouvée pour autant.

Si vous avez déjà arpenté la bien-nommée rue Clovis, peut-être avez-vous donc foulé les restes du plus célèbre des Mérovingiens !

 

De nombreuses découvertes existent sur et aux alentours de la rue Clovis, à ne pas louper lors de votre visite du quartier :

Vous pouvez y voir tout d’abord un vestige de l’enceinte Philippe-Auguste, ou encore les dernières reliques de Sainte-geneviève, dans l’église Saint-Étienne-du-Mont . À quelques mètres de là se trouvent également le Panthéon, ou encore les Arènes de Lutèce, vestige de l’époque gallo-romaine. 

Les plus belles églises d’architecture moderne à voir à Paris

Plus connu pour ses vieilles églises, Paris possède aussi un riche patrimoine d’églises modernes, symbole à la fois des recherches architecturales qui ont marqué le pays dès la fin du 19e siècle, et d’une volonté de développement de l’église catholique.

Une période qui s’ouvre en 1894 avec la somptueuse église Saint-Jean de Montmartre, et qui a connu son apogée avec les “chantiers du Cardinal Verdier“, où plus de 100 églises ont été construites dans la région parisienne entre 1931 et 1940. Sélection de ces églises à voir à Paris si vous souhaitez découvrir un patrimoine architectural et religieux méconnu.

Notre-Dame-d’Espérance (Paris 11)

Derrière la Bastille, le quartier de la Roquette est un quartier historiquement ouvrier et populaire. Pour évangéliser ce quartier plus propice aux idéaux révolutionnaires qu’à la ferveur chrétienne, le Père Anizan, pionnier de l’action catholique dans les milieux ouvriers au début du 20e siècle, fit élever une chapelle rue de la Roquette. Construite avec des matériaux de qualité moyenne, elle fut entièrement reconstruite en 1997 pour laisser place à l’église actuelle.

À découvrir pa exemple lors d’une balade dans les cours et passages de la rue du Faubourg Saint-Antoine.

Notre-Dame-du-Travail (Paris 14)

Sans doute l’une des églises du 20e siècle les plus originales de Paris, Notre-Dame-du-Travail cache derrière une façade assez commune un intérieur exceptionnel.

Construite au début du 20e siècle pour accueillir la masse d’ouvriers nouvellement installés dans le 14e arrondissement, sa décoration intérieure, et notamment l’utilisation de poutres métalliques, a été pensée  pour offrir aux ouvriers un cadre familier, proche de leur quotidien laborieux. Tout ici rend hommage au travail, du nom de l’église aux chapelles latérales ornées de toiles célébrant les métiers ouvriers.

Plus d’informations sur l’église Notre-Dame-du-Travail.

Saint-Antoine-de-Padoue (Paris 15)

Construite de 1933 à 1935, cette église fait partie des constructions de l’Œuvre des Chantiers du Cardinal. À l’extérieur, un clocher de 46 mètres de haut et une architecture en béton armé recouverte de briques. À l’intérieur, un style simple mais moderne, orné de vitraux, statues, et fresques sculptées.

À découvrir par exemple lors d’une visite du Parc Georges Brassens.

Église du Saint-Esprit (Paris 12)

Autre église des Chantiers du Cardinal, l’église du Saint-Esprit s’inspire dans son plan général de l’ancienne basilique Sainte-Sophie de Constantinople, remontant ainsi aux origines byzantines de l’architecture sacrée. Derrière une façade assez discrète en briques rouge se cache un ensemble monumental, entièrement construit en béton armé.

Une atmosphère sombre, éclairée par la coupole centrale de 22 mètres de diamètre, qui offre un curieux mélange entre modernité et tradition.

Saint-Christophe-de-Javel (Paris 15)

Construite entre 1926 et 1934 à proximité du l’usine Citroën, l’un des plus grands sites industriels de Paris (devenu aujourd’hui le Parc André Citroën), cette église est logiquement dédiée à Saint-Christophe, patron des voyageurs…

Une architecture originale en ciment moulé, première église construite avec cette méthode, qui s’inspire de l’art gothique du 13e siècle.

Église Saint-Jean-Bosco (Paris 20)

Cette église située dans le 20e arrondissement est l’une des plus belles réussites des chantiers du Cardinal. Soixantième édifice de cette vaste opération de promotion du catholicisme, son style résolument contemporain s’inspire de l’Art Déco, mouvement architectural alors très en vogue à l’époque de sa construction, et rappelle également l’église Notre-Dame du Raincy, construite quelques années plus tôt par les frères Perret.

Plus d’informations sur l’église Saint-Jean-Bosco.

Les curiosités de La Madeleine

L’église de la Madeleine est un monument paradoxal. Tous les parisiens la connaissent, mais très peu l’ont visitée. Une église remplie d’anecdotes et de curiosités qui mérite d’être découverte pour son histoire et ses richesses intérieures.

Une construction mouvementée

Commencée sous Louis XV, en 1764, l’église de la Madeleine devait remplacer une vieille église, située au niveau du 8 boulevard Malesherbes actuel, et qui ne pouvait plus accueillir la population grandissante du quartier.

En 1777, à la mort de l’architecte chargé du chantier, son élève imagina un nouveau projet et entreprit d’importantes modifications, jusqu’à ce que la Révolution française stoppe les travaux.

En 1806, Napoléon décida de créer à Paris un temple à la gloire des soldats de la Grande Armée sur l’emplacement de la Madeleine. La précédente construction fut à nouveau rasée. Mais les travaux, encore une fois, avancèrent lentement, et le projet de temple dédié aux armées fut abandonné au profit de l’Arc de Triomphe. Le monument fut finalement rendu au culte catholique en 1816, et les travaux ne furent achevés qu’en… 1842.

Il aura fallu au final 78 ans pour construire cette église !

Une église, ou un temple ?

C’est en raison du projet Napoléonien d’en faire un temple à la gloire des Armées françaises inspiré par l’architecture gréco-romaine,  que cette église n’a pas grand chose… d’une église. Vous ne verrez ni croix ni clocher à l’extérieur, ni transept ni bas-côtés à l’intérieur.

Seul l’imposant fronton, représentant le Jugement dernier, nous rappelle finalement de l’extérieur la vocation religieuse de ce monument…

La Madeleine et l’Assemblée Nationale

Les marches de l’église offrent l’une des perspectives les plus célèbres de Paris : la rue Royale, la place de la Concorde, et le Palais Bourbon, siège de l’Assemblée Nationale.

C’est d’ailleurs Napoléon qui décida, en 1806, de doter le Palais Bourbon d’un péristyle, colonnade composée de douze colonnes, pour créer un effet de symétrie avec la Madeleine. Celle-ci fut achevée en 1810, alors que l’église, elle, était toujours en construction !

La fresque de Ziegler

Dans la demi-coupole au-dessus de l’autel est visible une vaste fresque, réalisée par Jules Ziegler entre 1835 et 1837. Nommée (sobrement…) Histoire du Christianisme, elle rassemble autour du christ des grands personnages qui ont marqué le christianisme d’Orient (à sa droite), et d’Occident (à sa gauche). À noter qu’au milieu de la fresque apparait Napoléon en grand manteau parsemé d’abeilles d’or, à qui l’évêque de Gênes remet le texte du Concordat. La Madeleine est la seule église parisienne où apparaît sur une fresque la figure de Napoléon.

Pour la petite anecdote, le projet initial de fresque avait été donné à un autre artiste, Paul Delaroche, qui partit étudier la peinture à Rome pour la bonne exécution de son oeuvre. Mais son absence dura un peu trop longtemps, et pendant qu’il étudiait en Italie, une nouvelle commande fut faite par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Adolphe Thiers, au jeune artiste Jules Ziegler.

Mémoire de la Commune de Paris

Vous pouvez voir sur la droite à l’intérieur de l’église une plaque à la mémoire de l’abbé Deguerry, “curé de la Madeleine mort pour la foi et la justice“. Plus prosaïquement, celui-ci a été fusillé à la prison de la Roquette le 24 mai 1871, aux derniers jours de la Commune de Paris.

Des enterrements prestigieux

Récemment médiatisée lors du très populaire enterrement de Johnny Halliday, l’église de la Madeleine a accueilli au 19e siècle les funérailles d’une autre star musicale : Frédéric Chopin. Un autre style, certes…

Le 30 octobre 1849, 3.000 personnes, principalement des artistes et hommes de lettres , assistèrent à la cérémonie durant laquelle furent interprétés le Requiem de Mozart, et la Marche Funèbre. Après quoi le cortège, accompagné de milliers de parisiens, transporta la tombe du compositeur et pianiste jusqu’au cimetière du Père-Lachaise, où il repose encore aujourd’hui.

Le long voyage de la statue de Napoléon aux Invalides

Installée dans la cour d’honneur des Invalides depuis 1911, la célèbre statue de Napoléon a connu, avant d’y arriver, un voyage pour le moins mouvementé. Destinée à l’origine à la colonne Vendôme, elle fut déplacée à plusieurs reprises, au gré des changements politiques ou des guerres. Au point d’en perdre la tête…

Ce portrait, qui est l’oeuvre du sculpteur Emile Seurre, est l’une des images les plus célèbres de Napoléon Bonaparte. La main sur le ventre, vêtu de sa redingote et portant sur la tête le fameux bicorne, cette représentation de “petit Caporal” fut beaucoup utilisée pour symboliser Napoléon en héros militaire.

Commandée par le roi Louis-Philippe, cette sculpture fut inaugurée en 1833 place Vendôme pour remplacer une statue de Napoléon habillé en empereur romain. 30 ans plus tard, Napoléon III, qui souhaitait rétablir l’image impériale de son oncle, la retira. Elle fut par la suite installée à l’extrémité de l’axe historique de Paris, au niveau du rond-point de Courbevoie.

La guerre Franco-Prussienne éclata en 1870. La population récupéra la statue pour la protéger des combats avant que les allemands n’encerclent définitivement Paris. Mais alors que la statue voyage sur la Seine à bord d’un bateau pour être mise à l’abri, celle-ci tombe à l’eau. Repêchée 4 mois plus tard, elle est retrouvée en deux morceaux. Pendant la chute, la tête s’était séparée du corps !

Installée dans la réserve des Invalides, elle fut réparée, puis définitivement installée dans la cour d’honneur en 1911. On raconte même que la tête visible aujourd’hui ne serait pas l’originale, mais une reconstitution posée sur le corps de l’Empereur.

Un mystère qui s’ajoute à l’histoire légendaire de cette statue…

6 (bonnes) raisons de visiter le 5e arrondissement

Plus vieux quartier de Paris, choisi par les Romains pour y établir leur cité, le 5e arrondissement, composé en grande partie par le quartier Latin, est l’un des plus charmants de la capitale. Grâce notamment à ses rues pittoresques, ses monuments emblématiques, mais également par la diversité des découvertes qu’il propose. Si vous hésitez encore, voici 6 raisons de visiter cet arrondissement.

  1. Sa richesse historique

Paris n’a gardé que peu de traces de l’époque romaine dans la cité gauloise de Lutèce. Les 2 seuls vestiges encore visibles, les Thermes de Cluny et les Arènes de Lutèce, se trouvent dans le 5e arrondissement. Des superbes monuments qui nous racontent chacun à leur manière un bout de l’histoire de Paris !

Symbole de la République – et de la révolution Française – le Panthéon est un immanquable pour tout amateur de l’histoire de France, célèbre pour son dôme majestueux, point de mire architectural de la rive gauche, et les grands personnages qu’il abrite.

2. Rencontrer Sainte-Geneviève

Sainte-Geneviève n’est pas simplement le nom de la petite montagne sur laquelle trône le Panthéon. Patronne de Paris, son histoire est intimement liée au 5e arrondissement. C’est d’ailleurs dans la magnifique église Saint-Étienne-du-Mont que vous pouvez voir les dernières reliques de la Sainte.

3. Ses lieux de culte originaux

Outre le Panthéon et l’église Saint-Étienne-du-Mont, le 5e arrondissement est l’occasion de visiter des monuments religieux originaux. La Mosquée de Paris d’abord, dont le superbe patio et les décors dignes des plus beaux palais d’Orient offrent un véritable voyage exotique.

L’église Saint-Julien-le-Pauvre ensuite, l’une des plus vieilles églises de Paris, dédiée depuis 1889 au culte grec melkite catholique, chrétiens de rite byzantin. Une diversité de styles et d’influences qui font de cette église l’une de plus originales de Paris.

4. Le Théâtre de la Huchette

Les théâtres ne manquent pas à Paris. Et pourtant, le Théâtre de la Huchette est sans doute l’un des plus atypiques. Ce théâtre mythique joue en effet sans interupption depuis 1957 deux pièces d’Eugène Ionesco : La Cantatrice chauve, et La Leçon. Des pièces jouées plus de 17.000 fois qui transmettent toujours avec autant de grâce les dialogues du maitre de l’absurde.

5. Le jardin des plantes

Plus qu’un simple jardin, le jardin des Plantes, l’un des plus vieux de France, fondé au 17e siècle, est un véritable musée scientifique. Jardin botanique, plantes médicinales, jardin alpin, roseraie… Ses 23 hectares de verdure sont une invitation à la découverte de la nature, et sa diversité.

Un lieu particulièrement adapté aux enfants, puisque vous y trouverez également la Grande Galerie de l’Évolution (dédié à l’évolution du monde vivant), ainsi qu’un zoo.

6. La rue Mouffetard

Tracée sur une ancienne voie romaine qui menait en Italie via Lyon, la rue Mouffetard est l’une des plus vieilles rues de Paris. Une adresse certes assez touristique, mais qui a conservé de nombreuses traces du passé et mérite une balade, depuis la jolie place de la Contrescarpe jusqu’à l’église Saint-Médard.

 

Un quartier dont vous pouvez  également découvrir la riche histoire lors de nos visites guidées !

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La bizarrerie du Louvre que personne ne remarque

Vieux de plus de huit siècles, le Louvre et son architecture regorge d’histoires et d’anecdotes en tout genre. Il en est une, pourtant, que personne ne remarque. Et que n’avait d’ailleurs pas remarqué en son temps le principal intéressé, Napoléon III. Pour voir ce détail insolite, il faut se diriger vers la place du Carrousel et regarder vers les guichets du Louvre, grandes ouvertures voûtées qui donnent accès à la Seine.

Dirigez-vous vers le pavillon Lesdiguières et levez les yeux. Vous remarquerez à son sommet un lanternon surmonté d’une girouette. Ne voyez-vous rien d’anormal ? Cela ne saute pas aux yeux, mais les “N” qui entourent le lanternon sont tous à l’envers !

Simple erreur ?

La majeure partie de l’architecture que vous pouvez observer tout autour de vous lorsque vous vous trouvez entre la pyramide du Louvre et l’Arc de Triomphe du Carrousel date de Napoléon III. Plus grand bâtisseur (avec Louis XIV) de l’histoire du Louvre, il doubla la surface du Palais, fit reconstruire ou modifier les parties les plus anciennes, et tenta d’achever le projet mené par les rois de France depuis le 16e siècle. Malheureusement pour lui, la Commune de Paris et l’incendie du Palais des Tuileries empêcha la réalisation de ce Grand Dessein…

La démolition d’une partie de la Grande Galerie du Louvre (côté Seine) offre à l’architecte de Napoléon III, Lefuel, l’opportunité de bâtir un passage monumental pour circuler entre le palais et la Seine. Les guichets du Louvre sont construits, et le pavillon Lesdiguières est décoré avec le monogramme de Napoléon III, tout comme le pavillon Rohan, qui lui fait face, et qui donne accès à la rue de Rivoli.

Mais si le “N” du pavillon de Rohan est tout à fait normal, celui de Lesdiguières est, lui, inversé. Une “erreur” passée inaperçue plus d’un siècle, puisque c’est pendant les travaux réalisés sous François Mitterand qu’elle a été découverte !

Simple erreur ou oeuvre d’un artisan anti-napoléonien ? Rien n’est sûr, et la symbolique de ce “N” inversé est sujette à bien des interprétations. Certains y voient la volonté d’un ouvrier républicain de renverser le régime impérial, d’autre la simple expression d’une haine (“N”) envers l’Empereur.

Plus de découvertes insolites du Louvre :

Ne pourrions-nous pas voir au contraire ici une haine inversée, c’est-à-dire… de l’amour ? Et pourquoi pas !

Bateaux-Mouches : les meilleures promenades sur la Seine

Les croisières sur la Seine restent un fabuleux moyen de découvrir Paris, son histoire, et son patrimoine. Pour cela, différentes formules existent. De la simple promenade au dîner romantique, vous trouverez ci-dessous toutes les informations pour bien choisir votre croisière, et la possibilité de réserver vos billets directement en ligne.

Promenades croisières

À bord des célèbres bateaux-mouches et autres vedettes de Paris, les croisières proposent des balades d’un peu plus d’une heure à la découverte des monuments emblématiques de la capitale. Le Louvre, la Tour Eiffel, l’Île de la Cité et la Cathédrale Notre-Dame de Paris, la Concorde, le musée d’Orsay… Les visites commentées offrent un point de vue incomparable sur les plus grands monuments de Paris. L’occasion également d’apprendre quelques anecdotes sur Paris et son histoire, tout en profitant de la magnifique architecture qui borde la Seine.

D’où vient le nom de bateau-mouche ?

Les bateaux mouches ont fait leur apparition à Paris lors de l’exposition universelle de 1867, créés pour transporter les millions de visiteurs qui participaient à l’événement. Les bateaux furent construits dans un atelier du quartier de… la Mouche, au sud de Lyon (aujourd’hui appelé Gerland).

La compagnie des Bateaux-Mouches est aujourd’hui une marque déposée. D’autres compagnies, comme les Vedettes de Paris,  proposent également des croisières sur la Seine.

Achetez vos billets directement en ligne. E-tickets valables à la date et à l’heure de votre choix.

Dîner-Croisière

Escapade romantique ou moment convivial entre amis ou en famille, les diners-croisières s’adaptent à toutes les envies. L’opportunité de profiter plus longuement du spectacle des bords de Seine tout en partageant un repas, accompagné par les lumières de la ville lorsque le soleil se couche.

 

Quelle que soit la formule choisie, les promenades sur la Seine sont un moyen de découvrir Paris de manière simple et ludique. Pour des visites historiques plus approfondies, n’hésitez pas à participer à l’une de nos visites guidées !

Le duo le plus improbable du Père-Lachaise

Dans la division 94 du cimetière du Père-Lachaise se côtoient deux personnalités que seule la mort pouvait rapprocher : Édouard Drumont, fondateur de l’antisémitisme français, et Alexandre Stavisky, escroc juif. Un duo improbable.

Juif d’origine Russe né en 1886, naturalisé français en 1910, Alexandre Stavisky découvrit très tôt ses prédispositions pour l’escroquerie. Il déroba notamment dans sa jeunesse le peu d’or que possédait son père, dentiste, et qui lui servait à réaliser des prothèses, pour le revendre. Plus tard, avec son grand-père Abraham, il se présenta comme le programmateur estival du théâtre Marigny et vendit des places… Alors que le théâtre était fermé pendant l’été ! La suite de sa carrière fut une longue succession de recels, faux, abus de confiance, et fraudes en tous genres, faisant de Stavisky l’escroc le plus célèbre du 20e siècle.

En 1934, une affaire dans laquelle il est impliqué va devenir un véritable scandale d’État. Le directeur du Crédit municipal de Bayonne est arrêté, accusé d’avoir mis en circulation de faux bons de caisse pour un montant de 235 millions de francs. L’enquête remonte vite à Stavisky, qui a détourné cet argent avec le soutien du député-maire de Bayonne, Joseph Garat. On découvre alors que l’escroc s’est tissé un vaste réseau de politiques, journalistes et magistrats corrompus, ce qui plonge la IIIe République dans une crise profonde, sous fond de xénophobie. Stavisky fut retrouvé mort dans un chalet à Chamonix, officiellement suicidé. Officieusement, ses amitiés  politiques l’ont certainement aidé à se suicider !

Connue sous le nom de “l’affaire Stavisky“, cette affaire a notamment été popularisée par le film “Stavisky” (1974), dont le rôle du célèbre escroc a été interprété par Jean-Paul Belmondo.

Édouard Drumont, gentiment baptisé “Homme de lettres” par le Père-Lachaise, est quant à lui né à Paris en 1844. Il se lança très tôt dans le journalisme, et publia en 1886 “La France Juive”, qui connut un grand succès et popularisa les bases de la doctrine antisémite en France.  Fort de cette notoriété, il fonde en 1892 le quotidien antisémite “La Libre Parole”, qui défendra certaines thèses nationalistes et anticapitalistes en vogue, à savoir la décadence du pays et la mainmise des juifs sur le capital. Il fut également le premier, lors de l’Affaire Dreyfus, à faire un lien entre les origines juives de l’officier et la complicité supposée de l’État.

Pendant l’occupation allemande, en 1942, il fut inscrit sur sa tombe : “À l’auteur de l’immortel chef d’œuvre, La France juive“. Cette inscription fut enlevée en 2002. Les traces de burin qui l’ont effacée sont encore visibles sur la tombe.

Ironie de l’histoire, ces deux hommes sont aujourd’hui voisins pour l’éternité, se tournant mutuellement le dos, comme si l’affront était tout de même  difficile à supporter. Seul le Père-Lachaise peut raconter, et rassembler, de telles histoires !

 

Pas loin de ce duo improbable, ne loupez pas le mur des Fédérés.