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La rue des Immeubles Industriels, modèle unique de cité ouvrière autonome à Paris

Le seconde moitié du 19e siècle a vu émerger à Paris (et dans toute la France…) de nombreux programmes de « cités ouvrières » visant à améliorer les conditions de vie des travailleurs en leur proposant un habitat sain et économique. Outre la Mouzaïa (19e arrondissement) , la rue des Immeubles Industriels (11e arrondissement) est l’un des plus beaux exemples encore visibles à Paris de projet destiné à offrir confort et bien-être aux ouvriers.

Entre la rue du Faubourg Saint-Antoine et le boulevard Voltaire, la rue des Immeubles Industriels se compose de 19 immeubles parfaitement identiques, lesquels comportaient à l’origine des logements à l’étage, des ateliers au rez-de-chaussée et des machines en sous-sol. Initialement appelée rue de l’Industrie Saint-Antoine, elle est devenue en 1877 la rue des Immeubles industriels, lorsque l’architecte Émile Leménil (à qui l’on doit notamment le théâtre des Bouffes du Nord) proposa de réunir dans un même lieu habitat ouvrier et lieu de travail.

Proche du faubourg Saint-Antoine, cette rue a été construite pour les ébénistes et fabricants de meubles, très nombreux dans ce quartier historique des artisans du bois.

Des immeubles qui bénéficiaient d’un grand confort pour l’époque, puisque tous disposaient de gaz et d’eau chaude. Une puissante machine à vapeur construite dans les usines du célèbre industriel Jean-François Cail, installée en sous-sol au milieu de la rue, alimentait en énergie l’ensemble des ateliers, et fournissait du chauffage aux appartements. Une rue en quelque sorte précurseur en matière d’autonomie énergétique !

À noter enfin que dans les années 1930, de nombreux immigrés juifs se sont installés dans cette rue. Au n°1, vous retrouverez une plaque à la mémoire de Marcel Rajman, membre de la résistance communiste fusillé par les allemands en 1944.

 

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