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Petite histoire de l’Hôtel-Dieu

Présents dans plusieurs villes françaises, les Hôtels-Dieu, qui étaient à l’origine autant des hospices que des centres de soins, ont pendant longtemps été les seuls hôpitaux des villes. À Paris, cette vieille institution est présente sur l’Île de la Cité depuis 651. Si le bâtiment n’est évidemment plus le même, et qu’il a d’ailleurs changé de place au 19e siècle, son histoire raconte celle de la capitale et de son évolution. 

Lieux d’hébergement généralement créés par des moines au sein de leurs monastères, les Hôtels-Dieu sont parmi les plus vieilles institutions françaises. Son nom, qui évoque à la fois l’hospitalité et la religion, nous rappelle sa vocation médiévale, qui était une « Maison de Dieu » installée le plus souvent sur les grandes routes de pèlerinage pour y accueillir les voyageurs, mais aussi les pauvres, malades et vieillards. Un établissement qui était directement rattaché à l’Église, fondé naturellement à Paris au plus près de la cathédrale Notre-Dame.

Quelques doutes subsistent quant à son fondateur. Si un premier lieu destiné à accueillir les personnes dans le besoin aurait été fondé sur l’Île de la Cité en 651, c’est à Maurice de Sully, également instigateur de la cathédrale, que l’on doit le développement de l’Hôtel-Dieu au sud du parvis de Notre-Dame. Un établissement qui continua à s’agrandir au fil des siècles, jusqu’à s’étendre sur la rive gauche, relié au bâtiment principal par un pont. Il faut dire qu’il y avait besoin de place… Jusqu’à la Renaissance, il fut le seul hôpital parisien, et sa fonction charitable l’obligeait à accepter tous les malades qui se présentaient. Mis à part les lépreux, trop contagieux, qui étaient soignés en dehors de la ville.

Une miséricorde qui n’allait malheureusement pas sans graves problèmes d’hygiènes. La mortalité y touchait plus de 20% des malades (la plus importante du pays), qui étaient le plus souvent entassés à plusieurs dans un même lit. Où cohabitaient souvent morts et vivants…

Placé sous la double protection de l’évêque et du roi, il tirait ses revenus des deux administrations ainsi que de la bienfaisance publique. À l’époque où les ponts qui menaient à l’île de la Cité étaient dotés de péage, celui qui reliait les bâtiments de l’Hôtel-Dieu, ouvert aux riverains au 17e siècle, réservait son droit de passage au bon fonctionnement de l’institution. Un péage double fut même exigé, qui a laissé son nom au Pont-au-Double qui existe encore (reconstruit à la fin du 19e siècle).

Avant la reconstruction de l’hôpital au nord du parvis, il existait au niveau de la Seine des voûtes, reliées à l’hôpital, qui servaient aux livraisons et faisaient office de lavoir. On les appelait les “cagnards”, insolite galerie où les promeneurs flânaient la journée, remplacés la nuit par… des brigands.

L’Hôtel-Dieu subit de nombreux dommages au 18e siècle, notamment à cause d’incendies en 1718, 1737 et 1772. Des voix s’élevèrent pour demander sa destruction et son transfert en d’autres lieux de la capitale. Il continua malgré tout à fonctionner, même pendant la Révolution française. La démolition de l’ancien Hôtel-Dieu fut décidée en 1861 par Napoléon III, reconstruit entre 1867 à 1878 sur le coté nord du parvis Notre-Dame. Son inauguration est célébrée le 11 août 1877.

Construction du nouvel Hôtel-Dieu, 1867

À découvrir lors d’une balade sur l’Île de la Cité

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