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La Belle Époque, Âge d’Or du bordel parisien

Entre 1880 et 1914, Paris était la capitale mondiale des plaisirs. De tous les plaisirs… Une époque – la Belle Époque ! – qui connaitra son apogée lors de l’Exposition Universelle de 1900, où la capitale française devint un symbole d’art de vivre et de luxe.

Parmi tous ces plaisirs figuraient avant tout ceux qui sont aujourd’hui illicites : la prostitution. À la Belle Époque, on comptait en effet pas moins de 224 bordels à Paris, puis une centaine en 1946, date de l’interdiction officielle de ces maisons aux volets fermés de jour comme de nuit : les maisons closes.

Mais contrairement aux autres villes européennes, où la prostitution était également tolérée, le sexe parisien était réputé plus classe. Plus sain d’abord, avec des filles contrôlées chaque semaine par des médecins, et de meilleure qualité, apprécié pour ses « cocottes » méticuleusement choisies par une clientèle aristocratique et bourgeoise. 

Derrière l’image de ce Paris léger et frivole qui attirait des grands noms du monde entier, dont le plus célèbre fut sans doute le fils de la reine Victoria Édouard VII, se cachait une autre réalité. Celle des quartiers populaires où les hommes faisaient la queue devant les « maisons de tolérances » autorisées par l’État qui attendaient, parfois le ticket numéroté à la main, de goûter aux plaisirs d’une prostituée, laquelle pouvait endurer jusqu’à 60 passes par jour.

Une pratique si répandue qu’elle en était presque banale, et qui contribuait aux charmes singuliers qui faisaient la renommée internationale de Paris.

Carte de visite d’un bordel situé 106, boulevard de la Chapelle

Ces quartiers populaires, qui étaient de hauts-lieux de la prostitution parisienne depuis plusieurs siècles déjà, ont d’ailleurs abrité dans leur histoire des rues aux noms évocateurs.

La rue du Petit Musc par exemple, dans le Marais, s’appelait jusqu’au 18e siècle rue de la Pute-y-Muse (de l’ancien français « Muser », signifiant « flâner »). Ou bien la rue du Pélican, ans le 1er arrondissement, dont l’origine du nom vient en fait de la « rue du poil au con ».

En fait, il faut bien l’admettre. À la Belle Époque, le sexe était tout simplement présent partout à Paris…

Les maisons closes de luxe à la Belle Époque

Parmi les maisons closes les plus huppées qu’a connues Paris à l’âge d’or des bordels, le Chabanais, fondé en 1878 dans le 2e arrondissement (à quelques pas du Palais Royal) était sans aucun doute le plus prestigieux. Proposant des chambres exubérantes et luxueuses, il attirait le gotha international, dont Édouard 7, qui y avait une chambre réservée à l’année.

C’est dans cette maison réputée que les grands de ce monde vinrent par exemple célébrer l’exposition universelle de 1889 le soir de son inauguration. Lors de l’Exposition de 1900, sa chambre japonaise reçut même un prix spécial pour la qualité de sa décoration.

Une chambre du chabanais

Les autres maisons prestigieuses de l’époque se nommaient le One-two-two (122, rue de Provence, 8e), créé par une ancienne « prestataire » du Chabanais), le Sphinx (31 boulevard Edgar Quinet, 14e), ou La Fleur blanche (6 rue des Moulins, 1er).

Toulouse Lautrec, Salon de la rue des Moulins, 1894

Faut-il regretter ce temps ou au contraire se réjouir de son abolition ?

Dans tous les cas, cette Belle Époque disparut à jamais avec l’interdiction des bordels en 1946, définitivement éteinte lors d’une vente aux enchères menée le 30 octobre de cette même année, où tout le mobilier de ces maisons de plaisirs fut dispersé.

L’histoire, elle, reste gravée à jamais.

 

 

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