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Les « Grands Boulevards », une création parisienne

C Pissarro

Depuis l’époque Gallo-Romaine jusqu’à l’enceinte Thiers, définitivement détruite en 1929, Paris a toujours été entouré d’enceintes fortifiées, agrandies au gré du développement de la ville et de sa population. Toujours ? Pas vraiment… Entre 1670 et 1785, aucune fortification n’entoura Paris. De cette époque sont nés les Grands Boulevards. 

UN PROJET DU ROI-SOLEIL

Nous sommes sous le règne de Louis XIV (1638-1715) et le Roi-Soleil,  à la suite de victoires militaires importantes, considère que sa capitale n’a plus besoin de défense. Fier, le roi veut prouver au monde entier que Paris reste imprenable, même sans protection !

A la place du mur agrandi par son père Louis XIII, le roi et son ministre Colbert ont en tête le projet de transformer les lieux en de magnifiques promenades. Celles-ci s’étendront sur 4 kilomètres, entre la Madeleine et la Bastille. D’une construction plus dissymétrique qu’aujourd’hui (réaménagée par Hausmann), les Boulevards poseront néanmoins les bases de ce qu’ils sont encore de nos jours : un large espace dédié aux piétons et aux voitures, et un haut-lieu de loisirs et de spectacles.

UN SYMBOLE DU 19e SIECLE

Quant au terme de « boulevard », Louis XIV n’ira pas le chercher bien loin. Grand amateur de guerre (33 années de conflit pour 54 ans de règne…), ce terme viendrait du flamand Bolwerc, qui dans le langage militaire désigne une « fortification extérieure d’une place forte constituée par un terre-plein en avant des remparts ».

Jusqu’au milieu du 18e siècle, les boulevards constituérent un lieu privilégié de promenade sur la rive droite, délimitant Paris de la campagne. C’est d’ailleurs pourquoi les rues actuelles de Paris changent de nom en franchissant les boulevards, passant de « rue » en « rue du Faubourg » (voir par exemple le faubourg saint-antoine).

Progressivement, la noblesse et la finance se fera construire de magnifiques hôtels particuliers dans la partie ouest, alors qu’à l’est s’implanteront des attractions populaires comme les théâtres (d’où l’appellation de « théâtre de Boulevard » !), les cafés ou les cabarets. Un des plus bel exemple de l’âge d’or des boulevards de l’est parisien fut le boulevard du Temple, renommé un temps Boulevard du Crime.

Le 19e siècle fut l’apogée des Grands boulevards, lieu incontournable de la fête et des plaisirs.  Aux premières promenades succèdent de larges avenues. Les bourgeois viennent s’y encanailler, les femmes y ragoter, les visiteurs venus pour les expositions universelles y parader. C’est  d’ailleurs autour des boulevards que seront créés les passages couverts, offrant une agréable halte à l’abri de la poussière et de la saleté des alentours.

C. Pissarro, » Boulevard Montmartre, Printemps « , 1897 

Un lieu typiquement « rive droite », qui a su conserver aujourd’hui encore sa raison d’être d’autrefois…

Voir aussi : l'évolution de la place de la Bastille à travers les siècles
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